‹ Histoire de la FrondeChapitre 73 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Travail des magistrats assemblés dans la chambre de Saint-Louis pour la réformation de TÉtat. — Remise du quart des tailles. — Suppression des intendans. — Les impôts votés librement. — Article de la sûreté publique. — La Reine se décide à employer la violence. — Lit de justice. — Le Parlement résiste. — Broussel et Blancménil sont arrêtés. — Les Barricades. — La Reine est contrainte de rendre les prisonniers.

Du 2g juin au 28 août 164b.

Des prédictions deNostradamus, fort accréditées parmi le peuple, annonçaient pour cette année de grandes révolutions dans PEtat» L'une d'elles portait :

Les réglemens jà faits perdront toute puissance , Et les désespérés crieront hautement :

Dieu veuille accompagner la cour du Parlement, Qui travaille en ce temps à refleurir la France !

A cette époque , les réformations politiques préoccupaient tous les esprits. Bien qu'il n'y eût en effet aucun rapport d'intention en-

i86 HISTOIKE DE LA FRONDE.

tre les membres des deux Chambres d''Angleterre et les magistrats des compagnies souveraines de France , bien que ceux-ci regardassent même comme iin sanglant outrage toute comparaison avec les premiers ; à Paris cependant comme à Londres et à La Haie , la raison publique répudiait le despotisme et demandait des lois. « Chaque marchand dans » sa boutique raisonnait des affaires d'Etat. Ils » étaient, dit naïvement madame deMotteville, » injectés de Famour du bien public qu'ils esti- » maient plus que leur avantage particulier. » Tous les yeux se tournèrent donc vers la chambre de Saint-Louis ; la résistance longue, et obstinée ^e la cour à consentir à cette réunion, en avait constaté d'autant mieux l'importance, et ce qui allait s'y passer excitait au plus haut degré l'attente et l'intérêt des peuples.

Les députés des quatre conqiagnies souveraines, assemblés au nombre d'environ soixante , commencèrent leur travail pour la réformation de l'État. Il fut réglé que le Parlement prendrait successivement connaissance des articles délibérés dans la salle de Saint-Louis, et leur donnerait ou leiu* refuserait sa sanc-

Page 1