CHAPITRE IV
Ces deux articles furent reçus avec des transports de joie et de reconnaissance. Ce
Se meut, se conduit et .s'engage ; Quand Je peuple sera pour nous , Sans doute qu'on filera doux.
Quoi qu'il en soit de cette politique du Parlement , on ne peut nier que le poids des tailles ne fût excessif. Les tailles , taillons et subsistances , se montaient à 50,294,000 francs, le marc d'argent à 26 francs; ce qui porte cette somme à ioo,ooo,ooo environ, monnaie de nos jours. Si l'on a égard à la rareté des capitaux et à l'état de l'agriculture en France , en iG48 ; si l'on considère que la taille était payée seulement par les roturiers qui ne possédaient pas plus du tiers du territoire, qui devaient payer en outre la dîme, les droits féodaux, subir les exactions des gens de guerre, des seigneurs, des gouverneurs de province, fournir aux charges locales; enfin, si l'on considère que cet impôt devenait plus oppressif encore en raison de l'injustice. et de l'arbitraire de la répartition , on sera épouvanté de l'immensité du fardeau supporté par le peuple. De nos jours , la France compte plusieurs provinces riches et fertiles de plus que lors de la minorité de Louis XIV ; l'état de l'agriculture et l'abondance des capitaux est hors de toute comparaison avec ce qui existait alors ; l'impôt foncier est supporté également par tous les propriétaires ; le laboureur ne paie ni dîmes, ni droits féodaux, et la contribution foncière, en principal, ne s'élève qu'à cent cinquante millions.
n'était pas la coutume en France que des entreprises commencées sans couleur du bien public, aboutissent à demander la diminution des impôts : des intérêts de cette nature ne touchaient guère ceux qui le plus souvent formaient des partis contre Tautorité royale. Un gentilhomme contemporain remarque avec surprise dans ses Mémoires que «« les compa- » gnies souveraines en vinrent jusqu''à s'occu- » per du menu peuple , et diminuèrent le » quart des tailles '. »
LMlégement des charges publiques n'était pas le seul bienfait que Ton dût attendre de la réformation à laquelle travaillaient les magistrats. Les articles suivans donnèrent à leur entreprise un caractère plus élevé.