‹ Histoire de la FrondeChapitre 81 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

beuf ' , de Brissac ' et de Retz, ' raccompagnaient en leur qualité de ducs et pairs , et délibérèrent comme conseillers du Parlement.

Gaston, prenant la parole au nom delaReine, assura la compagnie « que toutes les délibéra- » tions qu'elle avait faites et ferait à Tavenir, » étaient très-agréables à Sa Majesté qui ne )» refuserait d'en approuver aucune. L'arrêt » donné contre les intendans était juste; ces M ministres de l'ancienne tyrannie avaient ap- » porté dans l'État de grands désordres aux- » quels il fallait remédier; mais ce mal n'é- )) tait pas nouveau, il ne pouvait être imputé » à la Reine qui avait trouvé les intendans » établis par le feu Roi depuis i635. En ce

• Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, né en 1696, mort en i65i, avait épousé Catherine Henriette, légitimée de France, fille d'Henri IV et de Gabrielled'Estrées.

' Louis de Cossé , duc de Brissac, né en 1626, mort en 1661 , avait épousé Marguerite de Gondi , sœur de la duchesse de Retz.

' Pierre de Gondi, duc de Retz, né en 1602, mort en 1676 , avait épousé sa cousine Catherine de Gondi. Il ne laissa pas de postérité.

Il était frère du cardinal de Retz.

»j moment où la compagnie travaillait avec » un zèle si louable à la réformation de TÉ- M tat et à établir un bon ordre pour Tavenir, H elle ne devait pas perdre de vue le soin des » affaires présentes. Le plus pressé était de *) trouver de Targent pour les armées; il en » fallait pour celles de M. le Prince et de M. de M Turenne, pour celles de Catalogne et d'I- » lalie. Il en fallait pour payer aux Suédois » un quartier échu de leurs subsides et la » solde des Suisses au comte d"'Erlach. Si ce- )» pendant on changeait brusquement Tordre )• établi depuis douze années pour le recoun vrement des impôts; si au lieu de trente- » ciuq intendans il fallait passer par les mains » de trois mille trésoriers de France et élus ; » n'était-il pas à craindre que le peuple ne » s'autorisât de ce changement et de la remise » du quart des tailles, pour ne plus rien payer M du tout? » Gaston demandait en concluant que les intendans demeurassent en exercice jusqu'à la fin de Tannée, et qu'au moins quatre d'entre eux fussent conservés dans les provinces frontières, afin d'y pourvoir aux besoins de la guerre.

Ces propositions ayant été reçues avec un

Page 1