‹ Histoire de la FrondeChapitre 83 sur 155 · CHAPITRE IV. ^1648. 20t · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ^1648. 20t

Le Coigneux * répondit « qu^après avoir si soui> vent manqué de parole à tous les gens )) d'honneur du royaume , il s'étonnait qu'on » fît difficulté d'en manquer à cent mille co- )) quins qui avaient volé le Roi et s'étaient en- » richis des dépouilles du peuple. »

Cette fois le cardinal Mazarin fut de l'avis du président Le Coigneux: « Il remercia fort le )) Parlement de venir ainsi au secours du Roi » et des ministres qui n'auraient osé prendre

* Jacques Le Coigneux, seigneur de Morfontaines , avait été chancelier du duc d'Orléans. Son fils aîné après lui, président à mortier , portait le nom de Saint-Envestre, et épousa la veuve de Galland , fameux financier. On trouve des détails curieux sur cette famille dans les Mémoires de Conrard, publiés récemment par M. de Montmerqué. Ils font bien connaître les mœurs du temps.

Le second fils du président Le Coigneux porta le nom de Bachaumont , qu'il a rendu illustre dans la littérature. Il était conseiller au Parlement et dit un jour, en plaisantant , qu'il allait bien fronder l'avis de son père : faisant allusion à la coutume des écoliers qui se battaient avec des frondes dans les fossés de Paris. Telle fut selon les Mémoires du temps l'origine de la dénomination du parti. On sait que dans les temps de troubles les noms et les marques distinctives sont nécessaires aux partis, et que les moindres circonstances suffisent pour en déterminer le choix.

202 HIStoiRF. DE LA FUONDE.

» sur eux de manquer à leurs engagemens , » mais qui le pourraient désormais sans craiiile » puisqu'ils agiraient diaprés le jugement de » la compagnie. »

La Reine aussi trouvait commode de se libérer en ruinant le partie ulier\ «< Tous ces des- )> seins de réformation sont un grand mal, di- ») sait-elle ; cependant ils font revenir plusieurs n millions à Tépargne , et ont ainsi quelque » avantage à Tégard des finances. >» 11 semble que le seul abus qu^Anne d'Autriche aperçût dans rÉtat, c'était l'obligation de payer quelquefois ses dettes.

D'Émery ne pouvait rester contrôleurgénéral quand on manquait à tous les engagemens qu'il avait contractés. Il demanda ou reçut sa démission , et fut remplacé par le maréchal de La Meilleraye , auquel on adjoignit les conseillers d'Etat d'Aligre * et Morangiés , hommes de pro-

• Mémoires de madame de Molleville.

» Etienne d'Aligre ( on écrivait autrefois d'Halligre), né à Chartres en i Sgi , fut nommé chancelier de France en i674,elmouniten 1677 ; il épousa Jeanne l'Huillicr, dont il eut dix-ni'uf enl'ans. 11 était fils d'Ktiennc trihilligre, aussi chancelier de France, mort en i635.

Page 1