CHAPITRE IV. 1648. 20v
bité, considérés du public et des compagnies. Après Penregistrement et la publication des lettres-patentes, pour la suppression des intendans, le troisième article proposé par la chambre de Saint-Louis fut porté à la délibération du Parlement. Il prononçait peine de mort contre toute personne employée à Tassiette ou au recouvrement d'impôts non vérifiés. C'était la conquête la plus considérable faite sur l'autorité absolue. La Reine, contrainte de se résigner pour l'avenir, demandait au moins que les impôts actuellement établis continuassent à être perçus. Il s'en trouvait , pour une forte somme , mis en recouvrement sur des édits vérifiés au sceau , c'est-à-dire visés seulement par le chancelier sans enregistrement des Cours souveraines. Des états produits à l'audience par le conseiller Broussel ' prouvèrent que deux cents millions avaient été levés en cette forme depuis le commencement de la régence , et des abus si considérables indignant la compagnie, un grand nombre d'avis allaient à arrêter les recettes. Broussel vint
' Pierre Broussel , reçu conseiller en 1637 , avait épousé, en i6o3, Marguerite Boucherat. Le fils do Broussel dit M. de la Louvières , lut gouverneur de la Bastille.
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cette fois au secours des ministres ; il s^était acquis un grand crédit en appuyant toujours les partis extrêmes ; il proposa cependant «de )) dresser une pancarte de tous les droits » visés au sceau pour être sur iceux délibéré » par la compagnie, et dVutoriser la conti- » nuation desdits droits jusqu'à décision con- » traire. )» Cet avis passa à la majorité de cent et quelques voix. Quatre-vingts conseillers se montraient plus sévères.
Suivant Tordre du travail adopté par le Parlement, il avait ensuite à délibérer sur Tarticle de la sûreté publique. On désignait ainsi celui qui défendait les arrestations arbitraires, et obligeait les geôliers et capitaines de châteaux à représenter aussitôt devant les juges tout prisonnier remis à leur garde. La Reine était décidée à ne jamais soumettre son pouvoir à de telles entraves; la modération qu"*elle sMmposait depuis quelques semaines , avait d''ailleurs épuisé sa patience. La fière Anne d'Autriche sentait bouillonner dans ses veines le sang de Philippe II. a Je n'y peux plus tenir, » disait-elle, et né saurais souifrir davantage » l'empire de cette troupe de mutins. C'est M toujours à recommencer, je suis lasse de