‹ Histoire de la FrondeChapitre 92 sur 155 · CHAPITRE IV. 1648. 2îi · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 1648. 2îi

Les sieurs Boucherai ' et Broussel, Pun maître des comptes , l'autre conseiller aux requêtes du Palais, tous deux neveux de Pierre Broussel, portèrent plainte de la violence exercée sur la personne de leur oncle. Après avoir fait la relation de la manière dont il avait été arrêté, ils se retirèrent « demandant » justice à la Cour et s'en remettant à sa pru- » dence d'y pourvoir. » Mathieu Mole manda les gens du Roi , les requit de donner leurs conclusions sur la plainte , et recueillit les avis avec autant de calme et de fermeté que s'il se fût agi d'une affaire entre particuliers.

L'arrêt rendu porta : « Que le sieur de » Comminges serait décrété de prise de » corps , et tous autres qui avaient arrêté )) Messieurs , ou s'étaient présentés en leurs » maisons pour les saisir; qu'il serait informé )) contre ceux qui avaient donné de tels con- » seils à la Reine comme perturbateurs du

' Jean Boucherat , mort doyen de la Chambre des comptes en 1 67 1 . Il était fort savant et savait tout Homère par cœur en grec. Il épousa Catherine de Machault; leur fils Louis Boucherat fut chancelier de France en i685.

Marguerite Boucherat, tante de Jean Boucherat, avait épousé Broussel.

» repos public; qu''en conséquence dePunion )) faite avec les compagnies souveraines, elles » seraient averties de ce qui se passait; que w la Cour irait au Palais-Royal demander à la )» Reine le retour de messieurs les absens , et i» reviendrait ensuite délibérer sur sa réponse, » sans désemparer, jusqu'*à ce que justice eût » été rendue. »

Aussitôt que Ton fut informé dans la ville que les magistrats étaient assemblés pour demander la liberté de leurs confrères , les bourgeois se mirent en défense avec une incroyable rapidité. Les relations du temps rapportent « qu'en moins de trois heures cent mille hom- » mes furent sous les armes, et deux mille bar- » ricades dressées avec tant d'intelligence, » que, de Taveu des gens de guerre, tout le » reste du royaume assemblé n'eût pas été M capable de les forcer. » Ces espèces de citadelles formées de barriques pleines de sable, élevées les unes sur les autres , et jointes entre elles par des chaines de fer, étaient revêtues d'un rang de pierres de taille, et quelques - unes si hautes , qu'il fallait des échelles pour les franchir. Il y en avait de semblables à l'entrée de chaque rue ; des corps

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