CHAPITRE IV
de bourgeois en armes se tenaient derrière pour les garder; une ouverture pratiquée dans le milieu , et fermée au besoin de fortes chaînes , ne laissait passer qu'une personne à la fois; et les fenêtres des maisons voisines étaient garnies dépavés et de grès pour assommer les assaillans. Avant que ce travail fût commencé , le chancelier Séguier s'était mis en route pour porter au Palais les ordres de la Reine. Il suivit la rue Saint-Honoré, et parvint en carrosse, bien qu'avec d'extrêmes difficultés, jusqu'à l'entrée du Pont-Neuf. Obligé de mettre pied à terre en ce lieu , il continua sa route en chaise à porteur; mais, plus il avançait, plus il rencontrait des hommes échauffes et intraitables. Il ne put persuader à ceux qui gardaient l'entrée de la place Dauphine et du quai des Orfèvres , de lui livrer passage ; et , ayant voulu tourner par le pont Saint-Michel pour gagner le Palais, la populace , irritée de sa persévérance , l'arracha de sa chaise à porteur, et l'aurait mis en pièces , si , aidé de quelques bourgeois , il ne fût parvenu à se jeter dans l'hôtel de Luynes , où il s'enferma dans une armoir.e'.
' L'hôtel de Luynes était situé à la pointe du quai des Augustins.