‹ Histoire de la Garde nationaleChapitre 17 sur 17 · HI6T0IKE · texte numérisé non relu

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facturière et commerciale. Sa teneur était loin d'accomplir les promesses semées sur la route de Cannes à Paris. La France ne poui^aît plus, comme en t792, prendre pour ralliement des principes imprescriptibles; on lui demandait les dernières gouttes de son sang au nom d'un intérêt dynastique ; on ne lui accordait, pour prix de ses sacrifices, que d'insuffisantes libertés. Aussi, après la bataille de Waterloo (ta juin isiâ), personne ne songea à épuiser, dans un dernier effort, les ressources de la nation. Le rôle de la garde pari- I sienne se réduisit à maintenir le calme dans Paris, et

à assurer la liberté du Corps législatif.

II fallut reprendre ces Bourbons, que Carion-Nisan a si bien caractérisés, en disant qu'ils n'avaient rien ou* W«V, rien appris (l). S. A. R. Monsieur fut réintégré dans ses fonctions de colonel général des gardes nationales; le maréchal Masséna, que les Chambres i avaient un moment investi du commandement de la

I garde parisienne, fut remplacé par le comte DessoUes,

\ qui, lui-même, au mois d'octobre 1815, eut pour suc-

cesseur le maréchal OudÛBot, duc de Beggio.

Soumise au régime des ordonnances (3), privée de chefs qui eussent sa confiance, la garde nationale s'effaça. Le gouvernement, auquel elle faisait ombrage.

(1) Discours au Tribunat, le 12 floréal an XII, Moniteur du Il floréal, p. lois, col. 9.

(3) Ordonnances des 11 janyier 1816, 80 septembre 1818, 21 Juin 1821.

la laissa dans rinaclion. En 1821 , on lui retira tous les postes, excepté ceux des Tuileries, des Chambres pendant les sessions, de Fhôtel de ville, de Tétat-major général, et de la maison d'arrêt de la garde nationale.

Un seul incident rehausse les annales de la gardé nationale, pendant le règne de Louis XVIIÏ. La Chambre des députés venait d'exclure Manuel, pour avoir, dans ses discours, proféré des paroles injurieuses envers la famille des Bourbons (3 mars 1823). Le courageux député protesta : « Je déclare, dit-il, que je ne reconnais ici à personne le droit de m' accuser ni de me juger. Si je cherchais ici des juges, je n'y trouverais que des accusateurs. Ce n'est point un acte de justice que j'attends, c'est à un acte de vengeance que je me résigne. Dans cet état de choses, j'ignore si la soumission est un acte de prudence ; mais je sais que, dès que la résistance est un droit, elle est auàsi un devoir. Arrivé dans cette Chambre par la volonté de ceux qui avaient le droit de m'y envoyer, je ne dois en sortir que par la vMence de ceux qui n'ont pas le droit de m'en exclure ; et si cette résolution de ma part doit appeler sur ma tète de plus graves dangers , je me dis que le champ de la liberté a été quelquefois fécondé par un sang généreux, d

Le lendemain, conformant ses actes à ses paroles, Manuel siégeait au côté gauche; la droite le Contemple avec stupeur ; le président Ravez n'ose ouvrir la séance; enfin» à deux heures, il agite la son-

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lï

560 HISTOine

nette et dit : « J*avais écrit aux questeurs , pour les inviter à donner aux huissiers Tordre de ne pas laisser entrer M. Manuel. Cet ordre a été donné ; mais la consigne a été violée. En vertu de Varticle 91 du régiement, qui m*attribue la police de la Chambre, J*invite M. Manuel à se retirer. — M. le président» répond le député proscrit, J'ai annoncé hier que je ne céderais qu'à la violence, et je viens tenir ma promesse. » Le président propose à la Chambre de suspendre la séance pendant une heure, et de se retirer dans ses bureaux. La droite adopte la motion ; la gauche reste à son poste. Le chef des huissiers entre, à trois heures, s*avance, chapeau bas vers Manuel, et lui signifie un ordre du président, a Monsieur , répond Manuel , j*ai déjà déclaré deux fois que je ne céderais qu*àla violence. Il faut qu'on m'arrache d'ici : allez chercher la force armée. — J'ai ordre de la faire entrer, en cas de refus de votre part. — Exécutez votre ordre.

Quelques minutes après on voit paraître un détachement de vétérans et un autre de la V* compagnie du S"" bataillon de la 4^ légion, conduit par le sergent Mercier, passementier de la rue Aux-fers. Le côté gauche se lève et s'écrie, par un mouvement spontané : « Quoi! la garde nationale! c'est la garde nationale qu'pn choisit pour violer le sanctuaire de la Représentation ! c'est la garde nationale qui attenterait à la personne d'un député de la nation 1 On veut la compromettre, on veut la déshonorer ! » L'ofQcier des vétérans hésite, puis il somme les gardes nationaux

de s'emparer de la personne du député. « Le sergent Mercier et ses camarades témoignent leur refus par des gestes énergiques. Les acclamations, les cris de Vive la garde nationale I éclatent dans les tribunes publiques; mais le vicomte de Foucault, colonel de gendarmerie, se présente à la tête d'une escouade. Il vient, dit-il, prêter main-forte à la garde nationale. « C'est faux, crie-t-on, de toutes parts, la garde nationale a refusé d'être complice de cet attentat. Ne la déshonorez pas! — Laissez-lui toute sa gloire, ajoute La Fayette. — Gendarmes, dit le colonel, empoignezmoi M. Manuel. » Le député est entraîné; la gauche le suit tout entière, accueillie à sa sortie par une multitude immense qui l'applaudit avec transport.

Une protestation fut signée le lendemain par le général Foy, Labbey de Pompierre, Dupont (de l'Eure), d'Argenson, Villemain, La Fayette, Casimir Perrier, Thiars, Sébastiani, Etienne, et cinquante-deux autres députés. Le général Foy dit en l'appuyant : « Est-ce dans les circonstances graves, solennelles, terribles, dont vous êtes entourés, que vous pourriez vous arroger le droit de repousser la minorité par un injuste et calamileux dédain? car ce droit n'existe nulle part; il n'est écrit ni dans la charte, ni dans le règlement, ni dans le cœur des Français, ni dans celui de cette brave garde nationale; oui, messieurs, de cette brave garde nationale,, qui a donné hier un si noble exemple de son respect pour la représentation nationale. Non, tout n'est pas désespéré ; la liberté peut se recouvrer

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encore, puisque la patrie renferme de pareils citoyens.» Mercier fut Tobjet d'une ovation populaire. 11 fut, pendant plusieurs jours, assiégé par la foule des visiteurs. Le général La Fayette lui écrivit pour le complimenter ; un grand nombre de représentants se firent i inscrire chez lui. a J*avoue, dit-il à Tun d'eux, qu'en | me trouvant en face des représentants de la nation, j'ai été saisi d'une émotion profonde. 11 m'aurait été impossible de mettre la main sur un député : je ne crois pas que la garde nationale ait été instituée pour cela. »

Les félicitations adressées au sergent Mercier exaspérèrent les ultra-royalistes. Une ordonnance en date 1 9 mars, le déclara rayé des contrôles de la garde nationale, en punition de l'acte de désobéissance dont il s'était rendu coupable. Les colonels des légions, qui tous devaient leur grade au roi, protestèrent contre toute participation à l'insubordination du sergent. Les journaux ministériels lui prodiguèrent les plus grossières insultes. Nous en citerons un échantillon» pour prouver quelle était, à l'égard de la garde nationale, l'esprit de i

la faction aristocratique*

« La rue Aux-Fers, dit le journal La Foudre (1), i

vient d'être illustrée par l'apparition soudaine d'un pigeon semi-belliqueux. Cet oiseau, qui rentre dans l'es- ' pèce des bizets, était depuis, longtemps perché sur une aune au fond d'une boutique, non loin de la fontaine

(i ) Troisième année, n. 1 36, 25 mars 1 823, p. 394. ]

des Innocents. Son vol tranquille et terre à terre n'an^ nonçait point que Tambition pût entrer dans le cœur de cet animal ; tout semblait prédire qu'il ne s'élèverait jamais bien haut. Mais la renommée libérale, qui se plait à chercher ses favoris dans les lieux les plus obscurs, alla elle-même chercher notre bizet au fond de sa retraite.

a C'était dans le mois de marz ; le nom du mois était heureux. La "pie libérale, surnommée à si juste titre le Manuel des bavards, avait troublé une assemblée par ses cris, et une nouvelle répugnance pour le fromage blanc; ordre fut donné au bizet susdit, qui s'était déguisé en brave, dH empoigner la pie et de la chasser. Le pigeon libéral aussitôt sentit ses pattes défaillir. Son bec pâlit, ses ailes tremblent, il ne peut avancer... O courageux animal I dans cet état, qui le croirait? il a l'audace de reculer. C'en est fait, il a résisté à l'ordre 1 Sa gloire est établie, sa fortune est faite. 11 accepte toutes les récompenses. Quand on prend du galon on n'en saurait trop prendre.

Cet animal, quand il est bien gavé, est un trës^ bon plat. »

On peut croire que dès-lors le parti ultvà médita la ruine de la garde nationale, et qu'il attendit impatieai«« ment une occasion favorable. Elle ne se présenta qu'en 1827.

Le 12 avril, jour anniversaire de l'entrée de Charles X aux Tuileries, la garde nationale, suivant un usage établi par Louis XYIII, devait garder seule le

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monarque; elle ne fut admise à cet honneur que le 1 6. c Ce jour là, raconte un contemporain (1), le roi voulut passer une revue particulière. J'appartenais à Fétatmajor. Je fus commandé pour une des stations du roi. Lorsque Sa Majesté se présenta, je la saluai, et, tenant mon chapeau en évidence, j'élevai la voix en criant : Vive le roiî Personne ne répondit, comme à l'ordinaire, à ce cri d*amour et de fidélité, et le plus grand silence fut observé. Ce silence fut remarqué, et m'affecta particulièrement. Le public était généralement mécontent des mesures proposées par M. de ViUèle.»

Charles X ne parut point s'être aperçu de la froideur avec laquelle on l'accueillait ; il y répondit par des éloges. L'ordre du jour du 17 était en ces termes :

aLagarde nationale a exercé, le 16, l'honorable prérogative qui lui est réservée, de garder seule le roi et la famille royale, le jour anniversaire du 12 avril. Sa Majesté , en uniforme de colonel général de la garde nationale, accompagnée de Monseigneur le dauphin, a inspecté les détachements d'infanterie et de cavalerie de la garde nationale, de service pour relever les divers postes de la maison militaire et de la garde royale, qui étaient en bataille dans la cour des Tuileries.

(1) Mémoires du Yicomre Gauthier de Brécy, doyen des lecteurs de Charles X. Paris, 1834, in-8, p. 390.

cf Le roi, satisfait de sa belle tenue et de la régularité aveclaquelle les divers mouvements furent exécutés ; voulant donner à la garde nationale de Paris un nouveau témoignage de sa constante bienveillance, et prouver combien il apprécie le zèle et le dévouement de ce corps, a chargé le maréchal commandant en chef d'annoncer qu'il en passerait la revue générale le dimanche 29 de ce mois.

c< Le commandant en chef, «c Maréchal duc de Beggio. »

Le même jour, une or.-onnance royale retira le projet de loi sur la police de la presse, projet que M. Peyronnet appelait la loi de justice et d'amour. Cette satisfaction donnée à l'opinion publique avait évidemment pour but de préparer au roi les vivats de la garde nationale. Il fut en effet salué, au Champ de Mars , par de bruyantes et continuelles acclamations. Vingt mille hommes étaient sous les armes; les six premières légions étaient placées sur deux rangs , du côté droit du Champ de Mars; les six autres étaient rangées en face ; et la treizième légion (garde nationale à cheval) était adossée à la Seine. Charles X entra à une heure, par l'avenue de Lamotte-Piquet , accompagné des ducs d'Orléans, du duc de Cha très, et d'un grand nombre d'officiers généraux. Le dauphin, Madame, la duchesse de Berri, Madame et Mademoiselle d'Orléans suivaient le cortège en calèche découverte Deux cent mille spectateurs occupaient les glacis. Ja-

mais les Parisiens ne crièrent aussi cordialement vice le tyjil mais ils y mêlèrent des cris de vive la Charte! vire la liberté de la presse! Ceux de à bas les ministres ! ù bas les jésuites ! furent rares et isolés dans les rangs, comme Tattestent les témoignages que recueillit la commission chargée de Texamen des actes du ministère Villèle (1).

Dans la i^' légion, un garde national qui avait crié Vive la charte! fut expulsé du Champ-de-Mars (2). M. Villot, colonel de la 2«, dépose en ces termes : « La 2« légion s'est formée devant Fhôtel de M. le garde des sceaux ; pendant une heure, elle a gardé le silence le plus profond. Elle a suivi la rue de Rivoli et a passé devant Thôtel de M. le ministre des finances ; elle a gardé le même silence. Le roi, à son pas^ sage, a été accueilli avec le plus grand enthousiasme; je n'en avais pas vu de pareil depuis 1814, et il a fallu plus que de la bonne volonté pour entendre trois ou quatre cris isolés qui sont partîs du milieu de la légion; ils avaient été excités par un groupe d'hommes, tous en uniforme, quelques-uns portant un fusil, les trois quarts seulement un sabre, qui marchaient derrière . aligne et jetaient les cris : A bas les minis^ très! à bas les jésuites! Après le passage du roi, ou plutôt après que Sa Majesté a eu dépassé le front de

(1) Pièces annexées au rapport de M. Girod (de rAin), sur la mise en accusation des ministres, il Juillet f 828.

(2) Déclaration du colonel Lapeyrlère.

la V^ compagnie de grenadiers du 2« bataillon, M. le maréchal Oudinot est venu, accompagné d'un officier supérieur de gendarmerie, pour faire arrêter un grenadier accusé d'avoir crié A bas les ministres ! Le commandant lui fit observer qu'il y avait erreur, quQ ce grenadier était chef de bureau dans une direotioa générale et d'opinion royaliste. Cet éclaircissement satisfit l'officier de gendarmerie, et l'arrestation n'eut pas lieu. La légion est revenue dans le plus grand ordre ; elle s'est rompue sur le boulevard, en face du Théâtre-Italien. Je m'étais aperçu que les têtes avaient été montées; j'avais évité de faire passer ma légion par la rue de Rivoli et la place Vendôme. »

a La 3® légion, » déclare son colonel, le vicomte de Sambucy, » réunie dès neuf heures du matin sur la place des Victoires, était aussi nombreuse que belle. Elle arriva en bon ordre au Ghamp-de-Mars. On resta près de deux heures dans l'inaction ; pendant ce temps, des individus étrangers aux légions circulaient derrière les lignes pour exciter à proférer des cris 7'épréhensibles ; ils s'approchèrent de quelques gardes nationaux qui les obligèrent de s'éloigner aussitôt, des salves d'artillerie annonçant la présence du roi. Sa Majesté paraît devant le front de la 3« légion, elle y est reçue aux acclamations unanimes de Vive le roil Vers le centre du second rang, un cri répréhensible se fait entendre ; de nouvelles acclamations couvrent ce cri, à peine distingué. Tous les rapports des chefs de peloton affirment que les gardes nationaux d^ la

368 HISTOIBE

%• légion n'ont fait entendre que le eri de Vive le roi! Au retour, près la rue de Luxembourg, je n'entendis que deux ou trois cris : A bas les ministres! Les i cris A bas Viilèleî ne partirent d'abord. que des grou-

pes marchant des deux côtés de la colonne, et si les provocations de ces derniers excitèrent un très-petit nombre de gardes nationaux à répéter ces cris, ceux de vive le roi! les couvrirent immédiatement, d

Les rapports des autres colonels sont dans le même gens. La4«, peut-être la/^/us turbulente de toutes, ne se permit que d'ajouter des vive la Charte ! aux vive le rot ( 1 ) / Dans la 8« légion, un garde national sortit des rangs, s'approcba du roi en présentant son arme, et demanda le renvoi des ministres. Charles X répliqua : I <r Je suis venu ici pour recevoir des hommages et non

j des leçons ; » et l'audacieux fut chassé de sa compa-

gnie (2). Un autre séditieux, qui criait A bas les mi- ] nistres! dans les rangs de la 8« légion, fut désigné par

î le roi et mis en état d'arrestation.

! La conduite de la garde nationale n'était donc pas de

! nature à provoquer une mesure de rigueur. Charles X,

.' lui-même, en rentrant aux Tuileries, dit aux maré-

chaux dont il était entouré : « Cela aurait pu mieux se passer, mais au total je suis content. » Le maréchal ! Oudinot demanda l'autorisation de mentionner, dans

•' Tordre du jour la satisfaction du roi. Sa Majesté ré--

(1) Déclaration de M Polissart-Qualremère, colonel. (S) DécUraUon du comte Excelmans, lieutenant général.

pondit qu'elle y consentait, mais qu'elle voulait voir le projet d'ordre du jour. A neuf heures du soir, le maréchal l'apporta au roi, qui l'appuya, et les ordres furent données en conséquence (l).

Mais le ministère offensé ne voulait pas rester sans vengeance ; il projetait d'ailleurs depuis longtemps le licenciement de la garde nationale (2). M. de Corbière pria le roi de vouloir bien rassembler son conseil. Les ministres se réunirent à onze heures du soir; MM. de Villèle, de Corbière, Clermont-Tonnerre, Damas et Peyronnet proposèrent le licenciement. C'était une mesure extrême que Louis XVIII n'avait osé prendre que trois fois contrôles gardes nationales de Sens, du Gard et de Brest, pour refus de service en des jours de trouble (3). L'évêque d'Hermopolis, M. de Chabrol, et le duc Doudeauville la combattirent avec énergie; enfin, vers deux heures du matin, elle fut adoptée à la majorité de deux voix (4) ; et le lendemain un gendarme alla signifîer au maréchal Oudinot cette sèche et brutale ordonnance :

(i) Histoire de la carde nationale, dédiée aux gardes nationaux licenciés, par un de leurs camarades (Eugène de Monglave), Paris, 18t7, ln-32,p. 127.

(2) Histoire de France pendant les années 1 815, i 826 et 1 827, Paris, chez Téditeur, rue de TOdéon, n. 23, 1829, in-8,t. II, p. 81.

(3) Juin 1 81 7, 26 septembre 1 81 8 et 24 août 1 820.

(4) Mémoires d*Alissan de Chazet, Paris, 1837, in-8, t. III, p. 131.

370 UiSTOIRE

a Charles, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, etc.

a Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de Tintérieur , avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

« Art. 1 . La garde nationale de Paris est licenciée.

« Art, 2. Notre ministre secrétaire d'Élat au département de rintérieur est chargé de Texécution de la présente ordonnance.

« Donné à notre château des Tuileries, le 29® jour • du mois d'avril de Tan de grâce 1827, et de notre régne le troisième.

c( Charles.

a Par le roi,

(( Le ministre secrétaire d'État au département de rintérieur ,

l 4 CORBIEBË. D

I Paris fut frappé de stupeur. « Il s'était endormi

; dans l'ivresse de la joie, il se réveilla'dans la douleur.

;! Ces pères de famille toujours dévoués, ces citoyens

fidèles , qui avaient combattu l'anarchie dans leurs murs, l'étranger au dehors, étaient dénoncés au monarque ; les ministres les accusaient de conspirer ! La foudre lancée du haut du trône annonçait à l'univers que Paris n'était plus qu'un amas de rebelles, qu'il n'y avait plus ni citoyens ni cité, et que les acclamations de re-

DE LA GARDE NATIONALE. STf

connaissance et de dévouement étaient des crfa de révolte et de sédition (1).

Les ultra-royalistes se félicitèrent du liœiîeiement de la garde nationale. L'un des plus fougueux^ le marquis de Moustier , ancien ambassadeur à Madrid , dit à Charles X ; « Ah! sire, voilà ce qui s'appelle gouverner I Encore deux ou trois résolutions semblables, et V. M. est roi de France. C'est ainsi que Bonaparte gouvernait ; il ne faut pour cela que des baïonnettes et vouloir. J'ose assurer à V. M. que pas un de ces bourgeois n'osera remuer ; et cependant ils sont blessés dans l'endroit le plus sensible, le bonnet à poil et les guêtres (2). » Les aveugles courtisans de la branche aînée ne s'aperçurent pas qu'en supprimant la garde nationale ils brisaient l'un des arcs-boutants du trône, a Elle était pleine d'amour, de dévouement et de respect pour le roi ; elle en avait donné des preuves éclatantes (3). » En supposant qu'en 1830 ses sentiments eussent été affaiblis par un juste mécontentement, il est douteux qu'elle eût outrepassé les limites constitutionnelles. Elle aurait réclamé le châtiment des ministres , sans faire remonter plus haut sa colère, sans courir les risques d'un bouleversement social. Toute protestation violente et agressive aurait

(1 ) Acte d'accusation contre le ministère, par Labbcy de PompieiTC, député deTAisue, séance du U juin 1828.

(î) Histoire de France pendant les années 1825, 1826 et 1827, t. II, p. 80.

(3) Rapport de M. GIrod (de l'Ain), du 21 juillet 1828.

iié comprimée par les citoyens-soldats, non moins intéressés au maintien de Tordre qu'à Textension des lil)ertés publiques, a Si la garde nationale eût existé , •les royalistes auraient eu un centre commun, et les ifactieux les eussent trouvés en face d'eux ((]. » Mais, >k)rsque les ordonnances du 26 juillet soulevèrent Pa- ^Tis , la seule force capable de régulariser les mouvements populaires avait été imprudemment détruite. Aucun corps intermédiaire ne garantissait la monarchie ^les atteintes du peuple irrité, et la monarchie tomba.

(1) Mémoire pour servir à Vhiëtoire de 1830, par Mazas, se- «créiaire de M. de Pollgoac, Paris, 1$3S, in$, p. 13.

CHâPITBE XV.

La gA^Lle siiUûDKle t,h juillet LS30k — B^goe de Lciai£-Piillipf e> -^ 2A révtief, — Li g^rde nAtLonile depuJa U République*

Les gardes iiatiotiaux repûrurciU au bruit du ca* non, au milieu des barricades du 2S juilJet J830. La Toulc baltit des mains à leur aspect ; ils prirent place dausîes rangs du peuple insurgé, et contribuèrent aux succès de cette grande journée , dont on a dit ingénieusement : « On a beau vanter le 14 juillet, ce ne sera Jamais que la moitié du 2S- u Parmi les premiers qui se muntrèrent eu uniforme, on cile M. Maupetit, rabrieanldeehiiles ^rue de Bondi, n" 20), grenadier de la S"" lésion ; M, Mobler, méeanieion, fourrier des sapeurs de la 6^ ; M\L Pclviloin et Crélu, de Ja 2*, que la garde royale désarma et fit prisonniers, dans la rue de Cboiseul ; M, Boulet, professeur d'escrime, grena-

dier de la 6* ; Genevray , grenadier de la Ite, et le dentiste Miel , qui fut tué rue des Proûvaires. Plusieurs autres gardes nationaux succombèrent; leur costume les signalait aux troupes royales, et les exposait aux balles des tirailleurs. Achille Piquefeu, de la 8« légion, fut mortellement frappé au marché Saint- Jean ; Charles INicol, marchand de papier (rue Montmartre no 15), fut atteint de plusieurs balles, en s'opposant au passage des détachements suisses qui tentaient de gagner les boulevards. Jeannisson, propriétaire des bains Saint-Guillaume, grenadier de la 3e légion , s'embusqua au premier étage du café Minerve, et après avoir riposté pendant plusieurs heures au feu des gardes royaux, il tomba, en criant : Vive la liberté !

C'étaient des gardes nationaux, mais ce n'était point encore la garde nationale. Dès le 28, elle tenta, dans quelques quartiers, de se reformer, et d'agir eu corps. M. Gabillot, lieutenant de grenadiers, l^* légion, 2® bataillon, 3« compagnie, réunit une soixantaine de ses camarades à la mairie du l«' arrondissement, et s'y maintint, malgré les sommations réitérées du général Saint-Hilaire, commandant d'une brigade de la garde royale. Un faible détachement de la 3^ légion , après avoir parlementé avec les soldats de la ligne qui gardaient la Banque, les avait déterminés à laisser la garde nationale participer au service , quand le 5® de ligne déboucha par la rue de la Vrillère, et le 63- par la rue des Bons-Enfants ; et im feu meurtrier , di-

rigé par le duc de Raguse en personne, décima les citoyens-soldats.

Sur la rive gauche, les gardes nationaux de la 12® légion, commandés par Bremer, cuirassier de l'Empire (rue' de la Chaise, n» 18), organisèrent la défense des barricades du Pont-Neuf. Des gardes nationaux de la 1 Oe vinrent prier leur maire, M. Hutteau d'Origny, de se mettre à leur tête. Celui-ci y consentit. La légion, ainsi partiellement reconstituée, se porta d'abord àla prison de T Abbaye,fit rendreles armes . au détachementde ligne qui occupait le poste, délivra les militaires détenus pour cause d'insubordination ; puis elle se divisa en deux colonnes ; Tune alla se placer en face de la Grève ; l'autre sur le quai Malaquais , d'où elle échangea des coups de fusil avec les Suisse^ cantonnés dans la grande galerie du Louvre,

Le 29 au matin, la garde nationale de Montrouge amena au quartier-général de Thôtel de ville le 50e de ligne, avec lequel elle avait fraternisé en buvant le vin des jésuites. Elle était conduite par le maire de la commune, M. Armand LeuUier, et par le gérant du Figaro j, M. Nestor Roqueplan. Dans tous les arron-" dissements de Paris les gardes nationaux isolés la veille se groupèrent et commencèrent à former des compagnies. La 1 0* légion se retrouva sur la place do l'Abbaye, et envoya des pelotons à la caserne de Ba-r. bylone, au Musée d'artillerie, au Louvre et aux Tui-^ leries. Georges Wazelle, ébéniste, caporal delà 8«, di* rigea sur le Louvre environ quinze cents ouvriers du

faubourg Saiot-Antoine, qui Tavaient élu pour chef.

, M. Delaborde se mit à la tête de la 2«, et lui assigna

pour quartier-général le manège de la rue Cadet, où trois compagnies furent formées instantanément, et

I nommèrent leurs officiers. L'une d'el^s, commandée

par le capitaine Servatius, comptait dans ses rangs MM. Perrière -Laffitte, Morlot, l'agent de change Bainières, Eugène et Adrien Laffite, le banquier Larreguy, Ton des collaborateurs du journal du Commerce, Elle prit position à Ventrée du faubourg Montmartre, en attendant des ordres de Thôtel de ville. Deux messages contradictoires arrivèrent. Le capitaine Servatius, après en avoir donné lecture à la compagnie, ajouta : « Vous le voyez, mes camarades, d'un côté on nous ordonne de rester dans notre arrondissement ; de l'autre, on nous demande de diriger un renfort vers le Théâtre-Français ; que comptez-vous faire ? » Le cri unanime : Au feu! partit des rangs de la compagnie.

Dans la journée, au moment où se consommait la victoire, le général La Fayette, appelé à commander la force publique, annonça, par une proclamation, la résurrection de la garde nationale.

a La garde nationale parisienne est rétablie ; messieurs les colonels et officiers sont invités à réorganiser immédiatement le service de la garde nationale ; messieurs les sous-officiers et gardes nationaux devront être prêts à se réunir au premier coup de tambour ; provisoirement ils sont invités à se réunir chez

les officiers et sous-officiers de leurs anciennes compagnies et à se faire inscrire sur les contrôles.

c( Il s'agit de faire régner Tordre, et la commission municipale de la ville de Paris compte sur le zèle ordinaire de la garde nationale pour la liberté et Tordre public,

a Messieurs les colonels, en leur absence, messieurs les chefs de bataillon, sonf. priés de se rendre de suite à Tbùlel de lilte pour y conférer sur les premières mesures à prendre dans Vintérêl du service.

fl Fait à Thôtel d^ ville, le 29 juillet 1830.

« Lapa\ï;tte,

« Pour copie conforme :

« Le colonel^ chfd'ctaÉ-major^

U ZlBlMEK. B

« Le général, commandant en cbef, voulant régulariser le service, prévient M!Vf. les cbefs de légion de la garde ntUionale et tous les autres chefs de corps et d'aditiinistration, qu'à compter de ce moment tous les ordres donnés seront signés par lui, par le colonel Zimmcr, faisant les fonctions de chef d'èfat-mnjnr, et par MM, Georges Lafayette cl le colonel Carboncl, ses aides de camp* Tout autre signature sera regardée comme nulle et non avenue.

il A TlK^tel de ville de Paris, le i-' août 1S30, à dix heures du matin.

ff Lafayettïî. n Si

Le 30 juillet, les posles principaux, les édifices publics étaient occupés par la garde nationale, qui s'efforçait de régulariser le triomphe et de sauver les ^^ vaincus. Plusieurs gardes royaux furent épargnés,

grâce à Fcntreinise de M. Stofel, maître bottier (passage du Saumon. n<> 19), caporal des grenadiers de la 8" légion, 2e bataillon, l*^' compagnie. D'autres gardes nationaux dérobèrent à une mort presque certaine un grand nombre de ces malheureux satellites, dont le seul crime était Tobéissance.

Peu à peu les compagnies se complétèrent. Le

général Lafayetle et la commission municipale y

ajoutèrent une garde nationale mobile, composée de

vingt régiments, et payée à raison de trente sous

par jour (l). Ceux mêmes qui n'avaient ni désiré ni

' servi la révolution, coururent à leurs corps-de-garde

j pour modérer une agitation dont ils n'appréciaient

.| pas les causes, et dont ils redoutaient les effets. Un

.' placard affiché rue Montmartre, au coin de la rue du

' Mail, portait ces mots : « Gardes nationaux, sortez, si

/' vous ne voulez être brûlés dans vos maisons. x>

■ M. Valentin Lapelouse, gérant du Courrier français,

I écrivit aux chasseurs de la compagnie dont il avait

été capitaine : a Réunissez-vous autour de moi; nous

I veillerons ensemble à la conservation de nos familles

et de nos propriétés. » L'idée de l'ordre fit rentrer

dans les cadres les hommes de tous les partis, et hâta

[ (1) Arrêté du 31 juillet 1830, rapporté le 8 aoûu

le rétablissement de la garde nationale. Le 1«' août le général Lafayette, dans un ordre du jour, lui signa-f lait sa mission, et remployait à calmer l'agitation causée par trois jours de combat.

« Le général commandant en chef ipvite messieurs les chefs de légion à prendre toutes les mesures néces^saires pour maintenir la tranquillité publique. A cet effet, ils feront faire de nombreuses patrouilles et renforcer les postes qui ne seraient pas suffisants pour ce service. 11 leur est enjoint d'envoyer sur-le-champ à rhôtel de ville, un sous-officier avec quelques hom-? mes pour y prendre des cartouches. Ils enverront, autant que possible, la désignation des postes et Tétat des hommes qui les composent. Messieurs les chefs de légion qui ont des barrières dans leurs commandements, feront sur-le-champ doubler les barrières principales; ils ordonneront aux divers commandants de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la perception des droits. »

« Lafayette. »

On sait comment quelques députés disposèrent de la couronne en faveur de Louis-Philippe. Il existait dès-lors un parti républicain dont le tort fut d'ignorer r histoire, et de confier ses destinées à Lafayette, qui avait été toute sa vie le plus fervent et le plus invïiriable des constitutionnels. Sous son tout-puissapt patronage, le nouveau roi fut accepté, et la gardç na-

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tionale appuya ce trône, qui devait être entouré d'institutions républicaines. Pour le soutenir elle versa son sang aux émeutes de 1832, 1S34 et 1839, où le rêve de Tavenir échoua contre les réalités du présent. Louis-Philippe gouverna d'ahord avec elle ; la loi du 22 mars 1831 rendit enfin aux citoyens le droit d'élire leurs officiers, à Fexception des colonels et des lieutenants colonels, que le roi choisissait sur une liste de dix candidats, et des majors, adjudants-majors, chirurgiens et aides-majors dont il se réserva la nomination. Les maréchaux Lobau et Gérard furent successivement placés à la tête de la garde nationale parisienne. Le pouvoir prit longtemps soin de ne point heurter F esprit de la force civique, qui lui servait d'appui; mais riramolation constante des intérêts nationaux aux intérêts dynastiques; la corruption électorale effrontément employée; la dissolution d'un grand nombre de gardes nationales des départements; le remplacement du maréchal Gérard par le général Jacqueminot; une résistance opiniâtre à toute espèce de réformes et d'améliorations ; toutes les fautes du gouvernement personnel , refroidirent les plus zélés. Il en vint à craindre la garde nationale, et, menacé par la manifestation du 22 février 1848, ce ne fut pas à elle qu'il eut recours. La commission du banquet réformiste du douzième arrondissement ayant invité les gardes nationaux à se grouper autour des convives, le général Jacqueminot s'efforça de les en détourner par une proclamation. c< On cherche à vous

égarer, disait-il, au nom même de la légalité, dont le maintien est confié à votre dévouement et à votre patriotisme. Peu d'entre nous, sans doute, sont disposés à se laisser entraîner à une démarche coupable ; mais je Tondrais leur épargner ei îa bonté et le regret de compter leur petit nombre, au niilteu des 8->,000 gardes nationaux dont nos légions se composent. C'est donc au nom de la loi nue je vous adjure de ne pas tromper la confiance du pays^ qui a remis à votre ^^arde la défense de la royauté constitutionnelle et de Tonire légal, a

Le 23 février, en présence d'éventualités graves, le ministre se décida louterois à faire battre le rappel* La garde naifonalc y repondît, mais en manifestant rîntention d'appuyer le mouvemeïU populairej et d'éviter l'effusion du sang. Le lieulenant colonel de la 2*^ légion, M. Bàinières, ancien agent de change, alla trouver le duc de Kemcurs, et lui annonça qu'il ne répondait pas de l^espril de la légion, si Topinion publique irétait pas satisfaire par de justes eoncessioiis- La trotsicme, réunie sur la plc^ee d^^s Pctits-Pères, fil entendre les cria de vive la réforme l à bas leB minis^ treai A onze heures , elle reçut dans son cairé des groupes char^ïés par la garde municipale, et croisa la baïonnette sur les assaillants. Le colonel, M. liesson, pair de France, se rendit, à midi, auprès du général Jacqucminot, pour le prier d'être auprès du roi Tinterprète des sentiments de la 3o légioup

Un grand nombre de gardes nationaux de la ^*

5fô HISTOIRE

étaient rassemblés , iès le matin, place du Chevalierdu-Ouet. Es envoyèrent une députaiion a M. Crcmieux, pour lui demander conseil. Celui-ci répondit : K Protecteurs de Tordre public et de la liberté, allez en masse, sans fusils, sur tous les points où des collisions éclatent ; mettez un terme à TelTusion du sang de vos frères , citoyens ou soldats, car les soldats sont ¥os frères comme le peuple. Et si vous craignes que votre concours ne semble un acquiescement à une détestable politique , adressez à la Chambre une pétition, dans laquelle vous ferez connaître votre opinion comme citoyens, en même temps que vous marcherez comme gardes nationaux, d La députation, revenue dans son quartier, écrivit au Siècle^ que si la 4« légion était prête à maintenir l'ordre, elle n'entendait pas se constituer la complice d'un ministère corrupteur. Une pétition fut signée et portée à la Chambre, a Je vais la déposer sur la tribune, dit M. Crémieux en la recevant, et maintenant, courez où des collisions s'élèvent, rétablissez Tordre et la paix : le ministère est frappé de mort ; la garde nationale a prononcé son arrêt. »

En eflfet, elle montrait partout le même esprit. Le 2® bataillon de la 5® légion avait fait rentrer la garde municipale dans la caserne Saint-Martin. La 7« avait désarmé cent cinquante gardes municipaux. Le colonel de la 10», M. Lemercier, avait fait de vains efforts pour obtenir de ceux qu'il commandait une obéissance absolue ; ils exigeaient avant tout le renvoi du minis-

tère et la réforme électorale. Trois cents hommes de la lie avaient, sur le pont Saint-Michel, arraché des étudiants à la brutalité des agents de police. Vaincu par cette irrésistible unanimité, le ministère se retira. La 13e légion (cavalerie) en fut instruite la première. Elle venait de parcourir les l^ouJcvards et les quais, et stntionQait sur la place du CarnmseL Le colonel, M, de MoiUalivet, intendant de la liste civile, prit la parole en oes termes :

« Mts chers camarades,

a Le roi m'a chargé de vous remercier du concours que vous avez prête a lorJrc et au gouvernement fondi en juilicL 11 vitiit d'accepter les démissions de tous ses ministres ; il m'a chargé de vous en pi^évenir. Rentrez chtzvous, ioitt esf. terminée Mais tlcmain, soyez exacts h votre poste; carit n\v a plus de miiiistère, et la garde nationale aura tout à faire pour maintenir Tordre; rabstensiun de la garde natiouale aujourdhui était un faitregiettahle, et nous devons vous féliciter du concours que vous avez prêté au gouverïiement* »

CI Colonel, dit un officier, la garde nationale â t>Jicva/ u a pas fait aujourd'hui acte d'adhésion au ministère ; elle est venue prêter maiu-forte à Tordre et aux institutions de juillet. — Mes sentiments sont connus, reprit M. de Montalivct ; je n*ai pas à les exprimer ici ; l'unifoj me me gêna pour dire tout ce que

contemporains ont été Tobjet d'une foule de relations détaillées ; nous nous bornerons donc à rappeler le rôle de la garde nationale pendant les lamentables journées de juin.

Aucune des mesures que dictait la prudence n'avait été prise par Tautorité; les barricades s'élevaient sans obstacle.

La garde nationale se rassembla^ le 3S juin, vers midi, avant que les troupes de ligne eussent été mises en mouvement. Elle marcha sur la barricade du boulevard SaintrDenis ; le 3« bataillon de la 2* légion déboucha par le boulevard Bonne-Nouvelle ; la 5« par la rue Sainte- Appoline; la 3« par la rue SainfrClaude. Un feu nourri déconcerta d'abord les assaillants]; deux chefs de bataillon de la 2« furent blessés, MM. Lefèvre et Edouard Thayer. M. Jean Bertin, ancien notaire (5« légiion, 2« bataillon, 2» compagnie), fut atteint d'une balle à la cuisse ; M. Herlusion, capitaine de la 2« compagnie du 3* bataillon de la 2« légion, tomba blessé entre les mains des insurgés et resta quelque temps en leur pouvoir. M. Lcclerc (3© légion, l«' bataillon, 6® compagnie) reçut entre ses bras son âls, frappé de deux balles. Avec un admirable héroïsme, ce malheureux père quitta aussitôt les rangs, en disant : a J'ai laissé mon autre fils auprès de sa mère; je vais le chercher; il saura mourir aussi pour

la cause de Tordre. »

Maîtresses du boulevard Saint-Denis, les 2», 3« et 6« légions s'engagèrent dans les faubourgs Poisson-

DS nièi*e et Saint-Denia. La 1' leur envoya un renfort ,

le et, avec le concours du 7« léger, elles enlevèrent la

^ barricade qui unissait, par une épaisse muraille, les

rues Bellefond et La Fayette.

jt Là, un chef de bataillon de la 2« légion, M. Le-

s fèvre, ancien élève de TÉcole-Polytechnique, fut frappé

d'une balle au bas ventre* Ses camarades le relevèrent.

; a La barricade cst-ello prise î leur demaiida-l-iL —

Oui. — Eh bien, vive la République! û On remporta

sur un brancard, et quelques heures après il u'ctait

plus.

En même temps te t" bataillon de la i'^ lé[[ion, et quelques pelotons ilu 34^ de ligne attaquaient la barricade de la rue Culture Sainte-Catherine, en face Tégljse Saint-Paul, A c<^té du chef de bataillon Sudre, marchait à pied, au premier raDg^ Icx-général Clément Thomas, démissionnaire depuis le 20 juin. La garde nationale et la ligne étaient par sections, Tuue à gauche et Tautre à droite, mais la preroièi'e occupait les trois quarts de la rue, et se trouvait exposée au feu de deux barricades de la rue Neuve-Sainle-Cathorine, cl de la maison qui fait i*anglc. Aus« compla-t-el!e dix-sept morts et soixante-cinq blessés.

Les légions de la rive gauche, où le* défenseurs de Tordre légal étaient moins nombreux, n*agirent pas avec autant de succès. Le chef du 4* bataillon tic la llf" légion, M. Francis Masson, périt à Tassant de la barricade Sa înt-Sé vérin. Des garde» nationaux du 1^ bataillon de la il , se joîguatit à la colonne du générât

Damesme, contribuèrent à la prise des raranehements des rues des Grès et de Cluny, sans pouvoir franchir la barricade de la rue des Mathurins-Saint-Jacques. Dans la soirée, les 1*^ et i« bataillons de la 10e, et la 3« compaîjnie du 3* bataillon luttèrent courageusement au pont Saint-Michel, au Petit-Pont et rue Saint-Andrédes-Arcs; mais ils évacuèrent avnrit nrinuit les posi*lions qu'ils avaient conquises.

Pendant la nuit du 23 au 24, le service fut régula— risé. Sur Tinvitation du maire de Paris, les gardes nationaux se placèrent en sentinelles dans leurs quartiers respectifs, aux abords des rues. Ceux de la banlieue, de Seine-et-Gise, du f.oiret, de la Somme et de la Seine-Inférieure, accoururent pour prendre part au combat. Il recommença avec fureur. La prise du Panthéon, de la place Maubert et du quartier Saint- Jacques coûtèrent de trop nombreuses victimes. La 2« compagnie du4« bataillon de la 4® légion, après une lutte acharnée, débusqua les insurgés de la maison des Deux- Pierrots. Le bataillon de Vaugirard eut deux hommes tués et douze blessés, en prenant la barricade de la rue des Rosiers.

Des détachements des fre et 10e légions, le 3<^ bataillon de la 9e, et la garde nationale des BatignoUes, aidèrent la troupe de ligne et la garde mobile à reprendre toute la rive gauche.

Le 25, à neuf heures, l'insurrection occupait encore les faubourgs depuis le clos Saint-Lazare jusqu'à la Bastille, a Elle luttait dans les 5« , 6« et 7« arrondis-

semenls, dont elle était complètement maîtresse, nonobstant leurs quarante mille gardes nationaux. -Dans les 5e, 6^ et 7^ légions, il n'y avait pas quatre mille " j gardes combattant pour Tordre, tandis que soixante

leot Iré-

ent5 rliir ues.

mille étaient timides, indécis ou avec les insurgés (l).» Le 60 arrondissement, qui compte vingt-huit mille gfirdes nationaux, n'en avait que mille sous les armes.

A 8 heures, les sergents -majors de toutes les compagnies, accompagnes d'un lieutenant et de quelques gardes, procédèrent, dans toutes les compagnies, au désarmement des gardes nationaux qui avaient manqué aux appels sans excuse légitimes,

Lcsgarfles nationaux Gdèles suppléaient au nombre par l'activité.

Des le matin, les abattoirs Montmartre étaient occupés par vingt-cinq hommes du 21" de ligne, et par une partie de la fi^ compagnie du 2= bataillon de la 3« légion. La i^** compagnie du 2« bataillon delà même légion, favorisée par leurs feux obliques, s'empara de la barricade Rochecbouarl.

Vers une beure et demie, une division fut formée sous les ordres du général Lebreton pour débusquer les insurgés de In barrière Poissonnière et du clos Saint-Lazare. La garde natlonaïe y était représentée par les 3*, 4' et C^ compagnie du 2^ bataillon de la

{\) Rapport Jfl M. GaTy-Caïa^at, rcpifoentant Uu peuple, à la Commission d'enquête.

in légion, et quelques pelotons des a* et 8«. Bans les rangs, marchaient comme volontaires les généraux lloline de SaintrYon, Drolenvaux, La Rue, Rulhière et Gourgaud. A quatre heures et demie, le général Lebreton fit battre la charge, et les fortifications des in* surgés cédèrent à des assauts réitérés. Les gardes na* tionaux d'Amiens et de Rouen vinr^oit alors rderer ceux des légions parisiennes.

Une autre barricade construite dans le faubourg Saint*Denis, coûta «ux gardes nottonaw die Ponto^ et de Montmorenci la perte du commaadant des pooohpîers, Frain, et du chef de bataillon Grand^or.

Après la prise du clos Saint-Lazare, le 4fi hataittw de la i'« légion, commandé par MM. Duffié et Achille Bernard, vint camper devant la place de la Bastdle, que battait en brèche Fartillerie de la garde nationale. Entre le boulevard et la Seine, un détachement de la même légion formait la tête de colonne dQ la division du général Négrier, qui s'avançait vevs la Bastille par la rue Saint- Antoine. La mairie du 1« arrondissement était défendue depuis quarante-4uit heures par cinquante gardes nationaux que comoiandait Ta^ioûit Martelet. A trois heures» une poignée de volontaires des C^ et 8« légions, dirigée par le représentant du peuple Galy-Gazalat, prit successivement toutes les barricades du quartier Saint-Louis jusqu'à la place des Vosges.

Cependant des renforts arrivaient à chaque instant» non-seulement des départements voisins, m^is de la

Manche, du Nord, des Vosges, de la Nièvre, du Cher, de TAisne, de Seine-et-Marne. A Angoulème, on se hâtait de se faire inscrire pour aller au secours de Pa-^ris. Les volontaires de Besançon, d'Aï (Marne), s'avançaient à marche forcée. La viUe de Troyes envoyait nonseulement sa garde nationale, mais encore un don de trente mille kilos de pain, huit mille kilos de jambons çt autres coinestibles, et dix pièces de vin.

Près de deux cents villes fournirent des conting^is à cette armée de Tordre et de la légatité (i).

(1} Outre celles que nous avons nommées» nous citerons Tours, Cholet, Thouars, Bayonne, Moulins, la Cliarité-sur-LoIre Ve- SQul, Beaume-les-Damea, Angers, Ghoisy, Cambrai, PHhIviers, Bar-Ie-Duc, Meungf-sur-Loiro, Rozoy-en-Brie, Romilly, Méry-surl^ine, Autun, fiar-sur-Aube, Avallon (Côte-d'Or) , Bar-sur-Seioe, Napoléon- Vendée, Luçon, Saint-Dizier, Vilry-le-Frauçais, Creil, Saint-Just, Breteuil, Pont-Sain te-Maxence,MaigueIay, Verberie, Crépy, Gournay-sur-Aronde, Attichy, Béthune, Bouctiain, Turcolng, Maubeuge, le Gâteau, Landrecies, Caiillon, Marolles, BerkdmoRt, Roubaix, Hazebrouclc, Dunkerque, Magny, GailloD, . Neufchàtel, Forges, Duclair, Fréville, Gournay, Saint-Saeiis, Barentin, Bois-Guillaume, Maromme, Orgeval, Dieppe, Tréport, Ponl-rÊvéque, Bernay, Argentan, Caen, Saint-Lô, Goutances, Carantan, Brest, Nantes, Chartres, Gien, Beaugency, Blois, La Flèche, Houssay (Mayenne), Bourges, Sens, Joigny, le Havre, ChatiUoD (Côle-d'Or), Semur, Cbateau-Cbinon, Autun, Melun, Lagny, Ferté-sous-Jouarre, NanteuU, Quincy, Grécy, Jouy-sur- Morin, Laon, Gliauny, La Fère, Goucy, Braisne, Choisy-sur- Marne, Vilry, Villenauxe, Vassy (Haute-Marne), Nancy, Châteauneuf (Cher)* Yvre-le- Pré (Cher), Gorbigny (Nièvre), Saumur, Loches, Ëtampes, Auierre, Gorbeil, Saiut-6ermain-en-Laye, Laigle, Saint-Malo, Nesle (Somme), Laugrcs (Haute-Marne),

La plupart, malgré l'ardeur qu*elles mirent dans leur voyage, ne purent se trouver à Paris que pour assister à la fin de ces douloureuses hostilités. Le faubourg Saint-Antoine se rendit à unç heure ; toutefois la lutte se prolongea quelques temps encore dans le faubourg du Temple. Les 5 et 6« compagnies du l^^^ bataillon de la 3e légion enlevèrent les barricades des Trois-Couronnes. Le capitaine de Chauny, rerranché avec quelques hommes dans le bâtiment du port de Toctroi, y soutint pendant trois heures une vive fusillade. Le chef du 4e bataillon de la 5e légion, M. Ragonin, à la tète de quelques gardes nationaux et soutenu par un peloton du 1 1 ^ léger, marcha, vers quatre heures, sur la barrière du Combat. Une barricade énorme obstruait la rueGrange-aux-Belles. Aulieu deTattaquer^de front, les gardes nationaux longèrent le canal Saint-Martin, chassèrent les insurgés du pont de Saint-Maur, enlevèrent au pas de course les deux barricades de la rue des Écluses et prirent par derrière celle de la rue Grange-aux-Belles. Ce mouvement rapide ne coûta à la garde nationale qu'un homme tué, et deux blessés légèrement dans la 5^ compagnie.

Le 28, l'Assemblée nationale décréta, à l'unanimité, que les gardes nationales de Paris et des départements avaient bien mérité de la patrie.

Marie et Chavîgnon (Aisne), Sa'nt-Pol, Aire, SaiiU-Omer, Loudun, La Ferté-Ganclier, Vaucliassîs, Mesnil, S'ilière, Sancy, Horbsetfre-en-Bois (Haute-Marne) .

Ce qui est plus glorieux que le courage dans les batailles, c'est d'ensevelir sous les ruines les discordes et les ressentiments. La garde nationale fît preuve d'un esprit de conciliation ; elle abjura toute vengeance. Le désarmement des 8% 9® et 1 2« légions, et des gardes nationaux qui avaient manqué aux appels, fut effectué sans animosité et sans colère. Dans les banquets fétlcratifs d'Amiens^ du Havre, deLiUe, de Neiiilly,de Bourges, de Blois, de Roulogne-siir-Mcr, etc-, aucune parole hoincnse ne fut prononcée. Quand les colonels cl Jioutenants colonels des légions de la Seine furent convoqués pour donner avis surles récompenses à décerner, ils répondirent d'une voix unanime : te Oublions au plutôt les souvenirs des jours néfastes que nous venons de traverser \ ne faisons rien pour les rappeler. d Sur la tombe de Georges Leclerc, Tune des premières victimes de ce déplorable combat, les commandants de sa compagnie, MM. Cbauny elBarreswil, disaient: «Nous ne devons éprouver d'autres sentiments que Toubli du passé,.. Puisse un rayon de la Divinité dessiller les yeux de nos frères égarés, féconder en eux le germe de cette vraie fraternité qui doit nous unir tous, et raviver dans tous les cœurs Tamour de la patrie ! »

Fl?r.

GpAP. I. — Milices mérovingiennes. — Communautés des fuiroisses. — Les communes à Bovines. — Organisation niktaire des communes. — Guet assis et guet royal. — Corps de Biéiiieit exempta du guet. — Caféines soldés. — ^ Milice parisienne a,u quatonième siècle. -^ Siège 4s> Rouen. — Siège de Beauvais. — Milices de Lyon et Paçis,

— Barricades de la Ligue. — défense de Saint-Jeau-de- Lône. — Désorganisation des milices bourgeoises. 7

CliAP. II. -* Juill^ 1789. ^ Réunion des troupes autour de Pmi^. T*- Mirebeaju ^koviD^e Vétablùseiaent des gardes bow:geois^. ->r Motions de ^POoeviUe et ^ Bancal des, Issart^. » Paris demande le rétablissement des gardes bourgeoises. — Création du comité permanent de la mi- Kce parisienne. — Délibérations des districts. — Organisation ^ k milice, -rr Ptei^ier état-major. -^ Attaque et pilV|e4eUb93tMl9. %l

C^A]?. m*. — ia Fayette est Qommé oomnpi^da^ géoénl^

— Son début. — Origine du drapeau tricolore. — Journée du 17 juillet 4789. — Premiers uniformes. — Les brigands. — Femmes montant la garde. — Anecdotes diverses. — Décret du 10 août 17S9. — Formation de la garde soldée et non- soldée. — Premiers officiers. — Louis-Philippe capitaine. — Drapeaux des districts. — Bénédiction

des drapeaux à Notre-Dame. 41

Ghap. IV. — Journées des 6 et 6 octobre 178D. — Revues passées par Louis XVI et La Fayette. — Règlement pour le service des postes. — Projet d'un bataillon de vétérans. — > Affiliations et fédérations. — Journée du 30 mai 4790, à Braguignan et à Lyon. — • Fêle nationale du 14 juillet 1790. 56

Ghap, Y. — Mouvement de la Presse. — AFfoire de Nancy. — - MeLttC*ib i;tjjiu-v la t^ai'tie naikmale, — Ses ojiinions (lOliliqucK en liiX}. — 2H Tt-vrier i7U1. — Lt^s domoli&seurs de Viiicennes cl les cb(ïvaîiera du poignard. — ifl ovriï 1791*^ Déniiesiiiûde l.y FityeUc, — Fuite de Louis XVL — Massjore du Chnmp de Mnrs. — Lois consUluiioiineïleâ relEUlvcs à la carde nuUonaLe. 83

CHàp. VL *- DéHiission do La FaycUc. — Honiieura que Lui renJeat la eomuiutJC oi la çiirdo uattouole. — Sa ietire d'adieuï. — Rtlpuuse des baiaillons. — TlHinteadn mire Piiiiiiii sur leterviee* — Élei;iii>ns dfl nouveau s uflîeieiEs '^ Garde nalioiiale des d<^jharlenieriia. — Cyrde uaiiumdn tnubUe. '- Almaaauh du P. Gérard. -^ Baiailion de feui* mes. — UédrfrîiUoii de «utiiTtv — Premiei^ cn^agemenis* — Belle conduite du balaillou de FuriSÉ ^ Journée du 20 juinh <39

CB*r. VIL — Désaffection de la jaide nationale. -- Son es^ prit de corps et son inoi'iil. — Revue de la iiisit^me divi- Mùii. — Alorle du 25 jui». — Pélilion des vjii^l mille, — Dénunmiion contre ré1al-majt>r* — Arrivée des fedèrési, -^ Kejias lj CliaiontoQ. — Avis du dépariemenl de la jk)lice. — 14 juillei 17y2* — PèiUioii des fédères, — La pa* Ihe en danger, 173

Ceap. Vilï, — Pamphlels royalistes. — Diairibea contre les vuiumaires, — Les fédérés maraeilbis. — Rixe du 30 juillet 1791,— W ujûL iSS CEàP. IX. ^ Détails sur Saiilerrc- — Triinslation de U^uJsXVL -^ r^ouvcaux mtU^ucs des grades. —Gardes

blessés siu 10 août. — Menaces contre les nobles et les prêtres. — Sections armées. — Journées de septembre. ' — Lettre de Santerrc. —Victoires de nos armées. — Sicgrc de Lille. ^ Influence de la garde nationale sur la défeuse du pays.

Chap. X. —Garde nationale en 1793. — Bésêrve. — Vétérans. — Espérance de la patrie. — Corps de musique. — Piquières. — Plaintes du ministre de rintérieur sur le service. — Garde du Temple. — Santerre offre sa démission. — Organisation des légions en 1793. — Fédérés appelés par la Gironde. — La garde nationale pendant le procès de Louis XVI et le jour de son exécution. 21

Cbap. XI. — Gironde et Montagne. — La garde nationale au 31 mai, au 2 Juin, au 9 thermidor. — Ordres du jour et mort du général Henriot. 2â

Chap. XII. —Journées desl*' et 2 prairial. — Nouvelle garde nationale. — 13 vendémiaire. — Dissolution de la garde nationale. 292

Cbap. XIII. — Rétablissement de la garde nationale de Paris. — Noms des officiers. — Leur entrevue avec TEinpereur. — Ordre du jour de Moncey. — Préparatifs de la défense de Paris. — La garde nationale, le 30 mars 1814.

— Entretien de l'Empereur avec le général Belliard. 308 Chap. XIV. — Adhésion motivée de la garde nationale. —

Ordre du jour du commandant en chef, comte Dessoles.

— Retour des Bourbons. — La garde nationale pendant les Ccnt-Jours et la Restauration. 332

CuAP. XV. — La garde nationale en juillet 1830. — Régne de Louis-Philippe. — 24 février 1848. — La garde naliouale depuis la République. 373

UNIVERSmr OF MICHI6AN

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