‹ Histoire de la Garde nationaleChapitre 16 sur 17 · JJ · texte numérisé non relu

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rivalisaient avec les vieux artilleurs d'Austerlitz et de la Moskowa.

* Ou réapprit ]a Marseillaise. Les airs vive Henri IV ' et Charmante Gabrielle, qu*avait exhumés la Restauration, firent place aux chansons révolutionnaires.

^^ On en fit de nouvelles: laLyonaise, la Rouennaise ,

* la Parisienne^ la Dauphinoise, la Nantaise, etc. Les soirs où Ton jouait Marins à Mintume, au Théâtre-

'^ Français, les spectateurs appliquaient à Napoléon ces

deux vers :

^ Le seul nom d*un héros enfante des soldats ;

1 f Vous les Terres marcher en foule sur ses pas.

>' La salle retentissait d'applaudissements, de cris de

^ vive V Empereur! vive la patrie! Et la Marseillaise,

^ Tair : Veillons au salut de l'Empire, étaient demandés

'i et exécutés à plusieurs reprises,

y Rennes donna le signal des fédérations, dont les

y membres signaient un pacte de défense mutuelle, et

) prenaient pour devise : patrie! liberté! Empereur!

i Après la fédération bretonne , vinrent les fédérations

bourguignonne, du Loiret, de Maioe-et-Loire, etc. Les

i faubourgs Saiut-Antoine et Saint-Marceau , si long-

i temps redoutés de TEmpereur, se lièrent par une con-

' fédération. Le 14 mai, plus de douze mille faubouriens

i se rendirent aux Tuileries, sans aimes, divisés en pe«

^ lotons , marchant sous les ordres de commissaires ,

reconnaissables à des brassards tricolores. De^ dëta-

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chemenU de la garde nationale^ des sapeurs, des famboursy des musiciens des s* et 12« légions, précédaient lo cortège , dout les drapeaux portaient : Fédération du faubourg Saint^Antoine , fédération du faubourg Saint-Marceau. On distinguait encore dans les rangs rétendard des forts du Port au Blé^ et les flammes des douze légions. Napoléon dit aux fédérés que sa confiance en eux était entière ; qu*il connaissait le bon esprit du peuple; qu'il leur serait donné des ar^ mes ; que si jamais Tennemi osait s'approcher de Pa* ris, ils serviraient d*éclaireurs à la garde nationale. Il leur donna pour commandant le lieutenant généra] Augustin Darrîcau, qui fut bientôt plus vulgairement connu sous le nom de général des haricots [\).

De nouvelles alliances offensives et défensives se formèrent entre les faubourgs Saint-Denis et Saini^ Martin, et les habitants de différents quartiers. Un décret du 15 mai les organisa en vingt-quatre bataillons de tirailleurs, composés des habitants de Paris et de la banlieue, qui, ne faisant pas partie de la garde nationale, voulaient se faire inscrire pour la défense de la capitale. On leur adjoignit un bataillon d'étudiants en droit et en médecine, et Ton plaça dans leurs cadres tous les gardes nationaux nouvellement recen-

(1) Darrîcau, né en Gascogne, le 5 juillet 1773, était colonel en 1S06 ; la bataille d'Austerlitz lui valut le grade de général de brigade; il fut nommé lieutenant général en Espagne, le 81 Juillet ISIf.

DE LA G^RDE NATIONALE. , lit

ses qui, n'ayant pas pourvu à leur habillement, étaient considérés comme hors d'état d'en faire les frais. Les tirailleurs fédérés, exemptés de tout service habituel, 3'exerçaient seulement les dimanches et fêtes, au maniement des armes, aux manœuvres de rinfanterie et au tir à la cible ; ils reçurent un uniforme spécial (I). Pour les équiper, il fut ouvert, dans lés douze mairies, dans les douze légions, dans les ministères, des sou-* scriptions à la tête desquelles se mirent le comte Daru, le maréchal Soult et le prince d'Eckmiihl.

On revit des dons patriotiques ; de fortes sommes forent offertes pour les frais de la guerre Jea besoins dt la patrie et l' habillement des gm^des nationales ; chaeuA des minisU^es fit un don de trois mille franco. Leseommi^saires de police et employés de la préfecture se oo* tisèrent pour une somme de vingt mille fr. MM. Thomas frères, place des Victoires, n* 9, donnèrent ti^ois cents fr.; un propriétaire de la rue du Chaume déposa cinq cents fr.; la compagnie des agents de change dix mille fr.; M» Alméric, fourrier des grenadiers du 1«' bataillonde la 3*" légion, neuf cents fr.; M. Laobe^

(I) « L'uniforme des tirailleurs sera un habit-veste de drap bleu, eroisé sur la poitrine, saos revers, collet jaune, parements bleus, liserés blancs coupés en pointe ; boutons de la garde na^ tionale ; retroussis blancs ; pantalon à la matelote, gris ou en toile blanche; chapeau à trois cornes, avec la cocarde nationale surmontée d*un pompon jaune.

M Gibârae «t porle-g|bi«aie. f« «ulr ii9ir; n^Qiéoiet du 15 mai. Arrêté du ministre de Tintérieur, du dp mii tM&«d : .

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nadais, propriétaire à Paris, dix mille fir. ; M. le YîBaiii- Dufriche, marchand de drap, rue de TOdéon, n* 34, remit cinq habits complets, en drap vert, au colonel Simon, commandant du premier corps franc du département de la Seine. Une dame écrivit au comte Carnet, ministre de rintérieur:« Le temps estrevenu d'organiser la victoire ; Je vous remets un mandat de cent fr. sur la Banque ; c'est le produit de mes bijoux. Pour la première fois j*ai regretté de n'avoir pas d'autre parure que mes enfants. — Femme L...»

A la revue du 14 mai, un officier s'approche de l'Empereur, et lui présente vingt-cinq billets de mille fk'ancs enveloppés dans un ruban de la légion d'Honneur, en disant : « Sire, je crois qu'en ce moment tout bon Français doit aider le gouvernement suivant ses moyens. Je prie donc Votre Majesté d'accepter S5,000 fr.; » puis il se perd dans la foule.

Vs& grenadiers du 3« bataillon de la 1'* légion donnèrent dix-huitcents fir. ; les épiciers de Paris 6,409 fr. 70 c; ceux-ci annoncèrent que, malgré les circonstances qui n'étaient pas favorables au commerce, ils étaient dans l'intention de renouveler leur don patriotique. Une souscription, ouverte dans les légions, produisit, pour rétat-miyor, 4,000 fr.; pour la 1^ légion, 11,483 fr.; pour la 4* légion, 4,487 fr. 55 c; pour la 8% 6,534 fr. 20 c. (Ij.

(I) Ltê drconstancM evpéchèreiit le versement du contln* fcat dci attU«» légioiis.

En attendant que leur organisation fut complète, les fédérés, concurremment avec des volontaires des douze légions, s'employèrent à des travaux de terrassement qui changèrent en forteresses tous les tertres de la banlieue. Un bastion, élevé en avant de la barrière d'Italie, à droite de la route de Fontainebleau, reçut le nom de Redoute de la Fédération parisienne. Les fédérés, qui la construisirent, se réunissaient tous les matins, à six heures, au Tivoli d'hiver, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n" 45, et ce local, en mémoire de leurs travaux, s'appelle encore aujourd'hui la Redoute.

L'enthousiasme patriotique atteignit son apogée à la cérémonie du 31 mai, où Napoléon proclama VAjite additionnel aux constitutions de V Empire^ et distribua des aigles à l'armée et à la garde nationale. Des clameurs universelles lui répondirent lorsqu'il s'écria d'une voix sonore : a Vous, soldats de la garde nationale de Paris, vous jurez de ne jamais souffrir que l'étranger souille de nouveau la capitale de la grande nation. C'est à votre bravoure que je la confierai. x> Mais le sentiment général était plutôt le désir de se venger des défaites passées que celui de soutenir la constitution nouvelle. Amalgame bâtard de la charte de 1814 et du sénatus-consulte du 10 thermidor an X, Y Acte additionnel créait des pairs héréditaires, des Assemblées primaires de canton, des électeurs à vie^ choisis parmi les plus imposés de chaque arrondissement ; des députés spéciaux pour la propriété manu-

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