‹ Histoire de la Garde républicaineChapitre 9 sur 14 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les légiohs romaines que la victoire suivait au pas dé course à travers les hâtions conquises, plantaient 'slir lieurs chemina dé funèbres jalons, et élevaient de glorieux monuments à la mémoire de leurs illustres morts. C'était par fois une colonne de granit, un céhôtajphe de marbre, quelquefois même une simple pierre sur laquelle un nom d'homme était gravé en lettres rouges, près de celui des dieux.

Ainsi que tes légions, là garde républicaine de la iFrance nouvelle, victorieuse sur les chemins de l'insuri*ection, a jalonné sa première étape d'héroïques souvenirs ; elle a gravé aussi en lettres rouges de sang les noms dé ses morts illustres, et la patrie reconnaissàhte s'est associée à ce pieux hommage par la voix de ses plus nobles enfants.

Une pierre nouvelle-, taillée par la mort, est là devant nos yeux ; sur cette pierre il y a un nom ; ce tiôm est celui d'un brave, c'est le nom de Lebris.

Un magnifique ordre du jour lui servira d'oraison

funèbre et d'épi taphe. Citons-le sur la dernière page de ce livre pour qu'il devienne un monument de plus élevé à la gloire de la garde républicaine.

Paris, le 8 août 1848.

« Citoyens ,

«( La République vient encore de perdre un de ses plus nobles enfants , et la garde républicaine un de ses plus vaillants soldats; le commandant Lebris a succombé le 5 du courant à la blessure qu'il avait reçue le 23 juin à l'attaque de la barricade du Temple. Homme de cœur et d'intelligence , il est mort pour la cause de la liberté qu'il avait toujours défendue. De pareils exemples sont traditionnels dans la garde républicaine; et j'éprouve, je l'avoue, un sentiment véritable de fierté, en pensant que mes fonctions me rapprochent d'une troupe qui, dès son premier jour de combat, a pris rang parmi les phalanges les plus braves et les plus dévouées. Soixante des vôtres sont déjà morts pour la République ; un si énorme sacrifice n'a ni ébranlé votre courage, ni refroidi votre patriotisme. Vous ne comptez pas avec la patrie , quand il s'agit de la sauver; elle trouvera toujours en vous des combattants de l'ordre et de la liberté.

(( Vive la République ! n

))Le représentant du peuple, préfet de police , « Ducoux. )>

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