‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 15 sur 44 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Edooard III , roi é*AB|leUrre , triite ivee les Mpein Giuoos. — Nonelle leitcirr m lei diftérndt qni irmieit lei niisois de Voix et d'Amifue. — Umi^ éeril de DMiTeia à ne foule de leifnevi Giscon. — Gondiuitioi des aeirtrien de révfqBe d'Aire. — Le comte d'Amifue pitse en Itilie et eit lait pritonier. — HaiuB de ConDioges. — Ckipitre de Jefu. — NoiTelle {oerre de Gucofie.— L'érèqoe d'Aire issiégé dns son pilais. — Diiers actes de m poiiiicat.

L'Angleterre venciit aussi de changer de maître, et, à la place du faible Edouard II forcé d'abdiquer la couronne et mort bientôt après dans sa prison , elle avait à sa tête le fils d'Isabelle, Edouard III, jeune prince, alors à peine âgé de 16 ou 4 7 ans, et qui promettait déjà 'de faire revivre Edouard I" son ayeu]. Un de ses premiers soins avait été d'envoyer offrir le pardon à tous les seigneurs Gascons qui avaient porté les armes contre son père. Le sénéchal de Gascogne et le connéuble de Bourgogne, qu'il avait investis de ses ]X>uvoirs, traitèrent avec Donadieu de Montestruc, seigneur de Montestruc, Auttensins de Baylens, Bertrand de Saintraille$, Ermenonde Montegut, Pierre de Gon*^ taud seigneur de Biron, Anesance de Caumont, Arnaud d'Espgne , Bernard de Trencaleon , seigneur de Fimarcon, Sans de Pins seigneur de Taillebourg, Bi^rnard de Ravignan, Jourdan de Fourcès seigneur de Fourcès, André de Gizenove, Amanieu deNoaillan, seigneur de Ste-Livrade, Bertrand d'Estang et Bernard

(I) Col. Brtquigni.

de Ladoux (3 juia 1326); mais après avoir apaisé les derniers mouvements de la tempête qui Tavait porté sur le trône, Edouard songea à multiplier ses partisans dans TAquitaine. 11 députa Pierre de Caliciac(1} chanoine d'Agen vers rarchevéque de Bordeaux , les cyêques d'Agen, de Condom, de Lecloure et de Bazas, les oomtes de Foix , d'Armagnac et de 0)mmingcs , le vicomte de Fezensaguet , Jourdain de Tlsle et le sire d'Albrel- •

Galiciac avait encore pour mission de parcourir 0)ndom, Lectoure et la plupart des villes de la province, et de s'aboucher avec les seigneurs et en particulier avec Anesans de Pins, Amanieu de Noailhan, Aysius de Galard,' Arnaud Desparbès, Armand de La tour, Jean de Mauleon, Arnaud de Durfort, Bernard de Pojanne. Roger de Poudens, Arnaud- G uilhem de Barhazan et Branet de Solar (2). Partout il devait semer des promesses, soutenir la fidélité et faire naître ou raviver le dévoûment à son maître. Mais tous les regards se portaient sur le roi féodal qui, à peine assis sur le trône de France, entraînait la noblesse vers la Flandre et gagnait, le 22 août 1328, la célèbre bataille de Cassd. Parmi les héros de la journée, Thistôire cite les comtes d'Armagnac et de Foix. Quoiqu'ils eussent paru sous les drapeaux de la France, ils n'en prêtèrent pas moins Toreille aux nouvelles propositions d'Edouard qui chargea (3) (1 5 septembre) Jean de La Bastide sénéchal de Gascogne , Jean de Wiston son connétable de Bordeaux et Jean Travers de traiter avec eux et avec

(1) Col Breqvigniei Rymer, tom. 2, pan seeunda, p. 160 et ' sDiTantes. — (2) Rymer, toml 2, pars 2>, p. 174, complète les docoœnti de Brequigni et donne la longue liste qat Boiti renvoyons à la fin du Tolume, Note 8. —(3) Rymer, tom. 2, pan 3», p. 18.

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grâce et s'a va uça vei*s Amiens {\) escorlé d'une brillante noblesse. Le roi de France, pour ne pas se laisser vaincre en splendeur , alla le recevoir à grande Jbison de ses barons^ prélats et autres, et sy firent moult granù fête Vim à Vautre, Il y eut néanmoins quelques difficultés sur les formes de Thommage. Philippe demandait Thommage lige. Edouard ne voulait accorder qm rhommage simple. La difTéreùce était importante. Le premier se prétait à genoux , tête nue, sans gants, sans épée, sans éperons, les mains dans les mains du sûserain. Il obligeait riiomtne et le liait personnellemeiit: lautre au contraire reconnaissait simplement Ta t^rrc comme un fief mouvant de la seigneurie. On transigea et Edouard prêta Thommage en termes généraux (6 juin \ 329). La cérémonie se fit en présence d'une cour, nombreuse; on y vit à côté des princes 'du sang le comte d'Armagnac etsircd'Albret. L'année suivante, Edouard repassa la Manche et déclara solennellement que l'hommage qu'il avait rendu était l'hoinmage lige. La charte qu'il en donna scellée de son sceau nous a été conservée par F.roissart et par Rymer.

Néanmoins il ne perdait pas de vue la Gascogne, cl attirait (2) en Angleterre le comte de Foix, le vicomte de Lautrec, Bernard, seigneur d'Albrct^ de Pins, seigneur de Montcrabeau et quelques autres seigneurs (26 décembre \ 329). Quelques mois auparavant il avail écrit à Amanieu de Barès , seigneur de Montferran, à Pierre Arnaud de Lambert, à Arnaud Carsie de Goth,

(1) Voir, pour cet hommage, le Continuateur de Nangis à l'ai 1329, Rymer, tom. 2, pars tertia , Froissart et Grandes Cbroniquoi. —(2) Pour tous CCS détails , voir Rvmer, lora. 2, pan tertia, p. 3t et suiv. ^ I

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à Bernard d'Albret, seigneur de Vaires, })our s excuser de n avoir pas encore mis à exécution quelques délibérations prises dans son conseil, et pour las assuref qu il oe négligerait point leurs intérêts (15 mars). Un mois {dus t)^rd, il envoya (27 avril 1330) deux commissaires «n Gascogne, leur donna pouvoir d'écouter les plaintes, de corriger les abus et de traiter avec les seigneurs de tavtl rang , en les enrôlant à son service pour un temps ou pour la vie. Il notifia Fenvoi de ces commissaires et les pouvoirs dont ils étaient revêtus à Jean de Graîlljr , Arnaud de Lalande , Arnaud de Lécussan , Bernard de Béaru , Raymond-Arnaud de Gerderest , Denot de Sidërac ou Sariac , aux seigneurs de Castelnau , de Caupène, de Benquet, de Poudens, dePouilkm , de Toujouse , à Arnaud de Marsan , seigneur de Canna, aux vicomtes d'Orte, à Jean de Mauleon, à Guillaume-Arnaud de «Sault, à Arnaud, seigneur de Pùyanne , à Garsie-Amaud de Navailles , à Guillaume Emeric deBarbotan, à Arnaud de jVfonpezat, à Guilbem de Galard , à Arnaud-Bernard de Pressac , à Thibaut de Gensac , à Raymond de Mélignan et une foule d'autres seigneurs. Les villes ne furent pas oubliées : Bayonne , Dax ,• St-Sever , le Mas-d'Aire et quelques autres sont mentionnées dans Rymer (*).

L'auréole de la victoire rayonnait sur le front de Philippe-de- Valois ; l'ambitieux Edouard avait abjuré

(*) Quelques jours plus tard (18 août), il fesait payer leurs gages • Vital de Poudens, à Arnaud Bernard de Pressac, à Arnaud de La Chterie, à Bernard de Francs, à Guillaume de Caupène , à Guillaume de La Gise , à Taillefer du Thil, à Arnaud du Lyon, a Raymond de Miossens et à7pan de Maul^on.

ses prétentions et s'était déclaré vassal. La paix et la tranquillité r^naient dans le royaume. Le roi profila de ce 6a\me poor réunir les prélats à Paris. Il s'agissait de régler la jundiclion ciyile , œuvre difficile où ac mêlaient des passions et des jalousies, et où Philippe fit édater sa prudence et sa modération. L'assemUée (1) se composa de cinq archevêques et de quinse évêquea. Notre province n'y connaît d'une manière certaine que Guillaume deFlavaoonrt, son métit>poltlain« QmI' ques auteurs luf adjoignent Vévêque de Gomminges et son suffragant, et les comtes de Gomminges et de Foin. S'il fallait en croire dom Brugelles, Tardievêqfae y^ soutint hautement , avec Tévêque d'Anton, les likertéi de TEglise gallicane.

A peine rentré dans son diocèse , il convoqua soa G)ncîle provincial. Deux ans s'étaient écoulés, et auciiii bras ne s'était encore levé pour venger le sang d'Anesauce de Toujouse. Ses meurtriers avaient trouvé un asile auprès de Thibault et de Menaud de Bariiasan, de Guillaume de Moncade, d'Arnaud, sdgneiir de Morlas et de Thibault de Tusaguet. Loin d'éprouver des remords, ils tiraient vanité de leur forfait , et s'en glorifiaient publiquement. Au milieu de ce sitenœ de la justice, Guillaume réunit ses sufTragants à Biarciac (2). On y vit Guillaume de Lectoure , Guillaume de Tarbes , Arnaud d'OIeron et Garsie Lefevre, successeur de la victime. Les évéques de G>mminges et d'Agen se firent représenter par Raymond du Clerc et Arnaud Foucaud leurs vicaires-généraux, l'évêque de

(1) Histoire de l'Ëglîse gaflicaoe. Histoire de Fraifte, par VîUy, toni. 1.~(2) Le Père Labbe^ tom. 11. Dom Brugelles. M. d'AigMO, Pièces justificatives.

DB LA QhSfXiOlSE^ 217

\A!Hnr par Ik^rii^rtl, abbé iiontmé dt* La Rt^oùle, Vé^éi quf de Gjuseram par Jean de Villeneuve* Hu|^es de Pardailbn , prévôt de St-Justiti , Guillaume de Caupèiic et Bern^rtJ Sauclie y représentaient le Chapitre i; Guitbunie de Tailbic celui de Lecloure, GuiU Be Amelius de Mâuvesîn celui de ConimiDgoSf Ptere d'Arqui? celui de Tarbes, Bernard de Saran celui JiîLfsc^ir» Bernard, archiprélre d'Elbore^ , celui de Rayonne, Henri de CadiUoii, celui de Da\, Vivien de Rochefort, celai de Cbuseram, On y eomptaii encore IrsabWsde Sïniorre.j de Pessan, de Sl-Sàvin, de Tasque H \m fondes de pouvoir d'un ^rand nombre d'autre prélïiti, abbës, prévôUî, doyens, chapitres et collégiales. Les PÀres y dêelarèrenl que les îissassins et leurs fauleur!4 a% «lient encouru les peines portées par une consliliititm du Concile de Nogaro , en i290 , contre les mennriei's. Ils refjuircnt ja^^iice de Cuillnume de Baut'aifc, sénA:hal d'Armagnac, et de Raymond de Montcïls, îuÈ;e ordinaire du comte^ qui représentai eut dans IWmbléc leur maître; et, ai eeux-ci se moutraient IcdU ou faibles dans Tcxercice de leurs devoirs , ils raeimçniêut d'aller dcjuander justice au souverain pontife fl au roi de France, non-seulement contre les coufables ^niai^ encore œnlrtî le comle et se;* ofliciers, ^ûii«i(ÇTN»nins In nuiie de cette aflaii-e; nous savons seutmneiti qd- • i nv des meurtriers qui ne tombèrent pas ^mh^ l^laiv*.' de lu loi, jHîrircut misérablement, et que '«•'ir iftiuille 5f»teignitai pend années. Leurs (auteurs 'i** lurent pas fdus heureux, et à la h econde génération ott im reinmviiil aucun i*ejetmi de tant de nobles mu-

^iie même année , *rarchevéque appela le roi de

' Frauce au paréage de sa justice (ij ; plusieurs niembi^es d^ son Chapitre s'opposaieat à cette libéralité. Pour les apaiser, il réduisit de 25 à 20 le nombre des chauoines. Les malheurs des temps, les usurpations des seigneurs sans cesse combattues.par TÉglise, mais toujours renouvelées , réclamaient d'ailleurs cette mesure. Elle fut adoptée le 1 1 septembre 1331 , en présence d'Arnaud Delort, syndic du Chapitre, Henri de Pardaîllan, Guillaume de Villefranche , Fortanier de Baulac , B. de Lamaguère, Arnaud de Molère, B. de Sonis, Garsias de Malartic, Odon de Massés, B. de Planche, Armeogot de Posât , Jean de Falgar, Pierre Desbarats, Vital-Roger, Gaston de Jumat qui alors composaient le Chapitre (2). Parmi les témoins nous trouvons Garsias de Labarrère. Cette concession n'apaisa pas les «murmures des chanoines. Ils se plaignirent au pap^ ^ * de ce que le prélat avait sacrifié les droits et les intéi %éts de son siège. Les consuls d'Auch prirent le parti de rarchevêque. Ils écrivirent le 6 janvier 1337 en sa faveur au Saint-Père qui parait avoir approuvé Guillaume de Flavacourt, car il ne le condamna point.

Pendant que Tarchevéque se défendait contre son Chapi'tre auprès de Jean XXII, le comte d'Armagnac combattait sous les drapeaux de Féglise. Tranquille pour ses possessions, il voulut se montrer reconnaissant de tous les soins que le souverain-pontife s'était donnés pour le réconcilier avec la maison de Foix. D'ailleurs son humeur belliqpieuse et son caractère aventureux ne s'acconunodaient pas d'une vie paisible. Il laissa le gouvernement de ses états à l'évêque de Lavaur son

(1) Carlulaire d'Auch, dom Brugellcs. — (2) M. d'Aignan, Pièces justiGcatives.

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oncle dont il reconnaissait la sagesse et Iliabilelé, et alla jœndre en Italie Jean de Luxembourg, roi de Bohême, qui y défendait les intérêts du Saint-Siège contre une vaste ligue composée de la plupart des seigneurs d'Italie. Ce prince raccueillit avec joie et Tenvoya aussitôt à la tète de trois cents chevaliers presque tons venus à sa suite presser le siège de Ferrare. Jean (le Luxembourg devait lui-même le suivre de près avec le reste de ses troupes.

Les seigneurs italiens, comprenant combien il leur importait de prévenir son arrivée, ne perdirent pas un instant. Ils rassemblèrent toutes leurs forces, et cachant leur marche, ils tombèrent subitement sur le camp des assiégés que venait de grossir le comte d'Armagnac. Quoique surpris, celui-ci soutint courageusement leur choc pendant plus d'une heure , et il les eût forcés à • s*éloigner s'il avait été secondé; mais les autres chefs essayèrent à peine une courte résistance; rompus et défaits presqu'aussitôt ils cherchèrent leur salut dans une prompte fuite. Peu néanmoins s'échappèrent. Quelques-uns se noyèrent , plusieurs furent tués, et le plu.^ grand nombre restèrent prisonniers avec le comte d'Armagnac et l'abbé de Grandselve. L'abbé ne tarda pas à être rendu à sa liberté. Son compagnon d'infortune fut moins heureux. Son élargissement se fit attendre et lui coûta vingt mille florins d'or. L'évêque de Lavaur les emprunta à Bernard Esi sire d'Albret , beau-frère du prisonnier ; il fallut donner en gage des terres nombreuses et lui garantir de nouveau la dot de Mathe d'Armagnac qui n'avait point été payée.

Le pape Jean X X 1 1 ne vit pas la fin de cette malheureuse expédition. II mourut cette même année à Tâge

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de 90 ans. A sa mort le conclave composé de vingtquatre cardinaux, se partagea en deux factions dont Tune reconnaissait pour chef le cardinal Taleyrand, frère du comte de Përigord^et dont Tautre obéissait au cardinal Jean Colonne, lia première, maltresse de Télection offrit la tiare à Jean de Gomininges, ce premier archevêque de Toulouse dont nous avons parlé , et que Jean XXII avait revêtu de la pourpre (en 12217). Mais elle exigeait quHl promit de ne pas reporter la chaire de St-Pierre au delà des Alpes. Son amour pour les pauvres ei sa vie exem^daire le rendaient digne du rang suprême où rappelaient les suffrages de ses collègues ; mais il repoussa la condition imposée (1 ). Ce noble refus qui eût dû hâter son élection y mit obstacle. Les cardinaux français ne purent vaincre leur répugnance pour le ciel de Tltalie. Leurs vœux se portèrent sur Jacques Fournier qu^on proposa pour essayer les voix, et que tous acceptèrent par acclamation. Qu^avez-vous fait, mes frères, s^écria aussitôt Télu , étonné lui-même de sa promotion ? Votre choix est tombé sur un honune grossier et sans connaissance (^). La modestie lui dictait ce langage, ou plutôt il se rendait justice du côté de Turbanité des formes et de Télégance des manières; mais il rachetait Tabsence de ces qualités assez secondaires par un sens très-droit et une science profonde du droit c^non et de la jurisprudence. Jacques Fournier, ou peutrêtre Dufour, était né à Saverdun dans le comté de f!oix.- On le dit généralement fils d'un meunier et de la fille d'un cordonnier

(i) Voir Dudiesne, Villani ei toatei les Hislokfts eceléslasliqqei. (*) A vête eleUo uno astoo, f^iilam.

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•JeCalîorsjquiaviiili^pousélasteurdp Jenn XXII; mais frtte filiation n'csl [>fis prouve^j quoique tous convien* iiHiidc lolisciiHtë île sa tiaissance* Dès sa plus tendre jeunesse il ^e ooii sacra a J}ivu dans l'abbaye de Bolhme et alla faire ses études h Paris où il prit le bonnet de docteac. Avant sou doctorat ^ il se fit aggreger a rj)bayc de Fonfrède, Son oncle Arnaud Novell i eu ^tt abMt et quand Arnaud fut élevd au r^irdinalat , son neveu lui îiuctéda dans le f?on%'eruémenl de i?ette mnison. En <%|7, il monta sur le sîége de Pamiers, et petidiint les neuf a nuées qu il Toccupa, il parvint à eu mgatenlftr les revenus et a en CKtirper les liérësic-s loQJotirit vivaces dans le Languedoc. De Pamiers il piSsa H revêcbé de Mi repoix où sou oïicle alla le cher- Aer Tannée suivante yyouT le décorer de la pourpre. Il prit le tiom de Benoit XIl^ et fut sacré et couronné dans relise des Jacobins d'Avignon.

La maison de Coniminges que le œrdinal Jean honorait par se^ vertus et son noble désintéressement perdit bientôt son chef. Bernard IX frère aine du cardîtuil mourut (i)rannée suivante, laissant de Mathe de risle* Jourdain sa seconde femme une fille et un fils pc»thutoe nomme Jean^ qui lui succéda sotisla tutelle de sa mère. Le comte de Foix , resté en France, ne fit point partie de rexpédition dltalie. 11 était alors ocrupé à marier sa sœur avec Tinfant Pierre, frère du mi d'Aragon (2j, II lui constitua trente-cinq mille livres de Burcelonne. Arnaud*Guilhem comte de Pardiac, Céraud de Mon tleiun seigneur de Montégut, Loup de Faiit, seigneur de Durban et quelques autres barons

[IJ L'Aride Térîûer les dntes, lam. t. Grands Officif^rs de la coy-

de la province se rendirent garants pour le comte de Foix. Le mariage se célébra à Gastillon dans le Lampourdan après les fêtes de Pâques (1 331 ). Gaston transigea peu après avec Robert son dernier frère, lui abandonna le château de Sors avec la vallée de Donasan et rétablit son sénéchal et son lieutenant dans le pays de Foix.

Jeanne d'Artois leur mère ne parut ni à cet accord ni aux noces de sa fille. Le tepips avait accru la haine de ses ennemis sans lui inspirer plus dcPprudence. Ils profitèrent de sa conduite légère et inconsidérée pour la faire exclure de la tutelle. Cette exclusion jurononcée ne la rappela pas à elle-même. Dégagée de tout SQpn, elle s'abandonna plus librement à ses pssions. Ses écarts furent si fréquents et si publics que son fils dut la faire enfermer (1) dans le château de Foix. Le roi de France , dont elle était proche parente , approuva cette réclusion et défendit à ses officiers de s^y opposer, niais comme Gaston faisait sa résidence habituelle dans le Béarn , il demanda au roi la permission d'y transférer sa mère. Philippe y consenti t encore et chargea son propre sénéchal de la conduire lui-même sous bonne et sure escorte, soit au château d'Orthez, soit dans tout autre lieu qui conviendrait au comte. Il exigea seulement que le fils la gardât avec sa femme, ou lui donnât une honorable société.

L'archevêque d'Auch , qui venait alors de triompher du Chapitre de sa métropole , s'occupa de réformer celui de Jegun (2). Les désordres y étaient grands

(1) Dom Vaisselte, TÀrt de vérifier les dates, toin. 2, page 31i.— (2) Eitiait du Livre rouge d'Auch, dom Brugelles, pièces jusUBcatives, M. d*Aignan, idem.

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prmi les titulaires; les uns vivaient éloignés, les autres ne se mettaient nullement en peine de se faire promouvoir aux ordres ^crés, et au milieu de ce relâchement, le culte public s'était tellement affaibli qu on eu trouvait à peine vestige (*).

Une affaire plus grave préoccupait le prélat A la mort des clercs , leurs biens presque partout appartenaient à révéque. Cest ce qu'on nommait le droit de dépouilles. Ce droit était né de la constitution du clergé qui, dans la primitive Église , se groupait tout entier autour de Tévéque , pu même le plus souvent vivait sous le même toit que lui. Dès qu'il y avait vie commune , Tadministration devait naturellement se con-

(*) Guinaame de Flavacourt statua que le Chapitre se composerait désormais de sept membres doot trois seraient prêtres, deux diacres et deui sous-diacres, et qui iouf seraient obligés à la résidence sous peine d'être privés des fruits de leurs bénéflces. Il régla qu'ils assisteraient tous à TofBce de nuit et de jour; que chaque semaine il y aurait un bebdomadier chargé de noter et de révéler les absents sous la foi du serment; qu'outre les se|>t chanoines, il y aurait un sacristain sachant lire et chanter , pour sonner les cloches et servir aux besoiiis de l'office divin ; qu'il y aurait une maison claustrale où habiteraient constamment les chanoines. Il assignait à chaque cha • noine , s'il y avait fait une résidence continuelle , vingt sacs de blé, mesure de Vie, et dix salmaîes de vin, payés annuellement parle portier de rarcbevéché. Il y ajoutait six livres tournois pro eampanagio. An sacristain il donnait dix conques de froment, mesure de Vie, cinq talmatês de vin et trois^ livres jpro eampanagio.

Les chanoines-prêtres devaient en outre recevoir chacun, le jour de la Toussaint, 560 sols Tournois. Pour punir les absents, leur part l'amoindrissait au profit de leurs confrères plus exacts. Enfin les offrandes journalières, les droits de sépulture ou de fossage, les gâteaux de noces étaient partagés mire les chanoines présents, sauf toujours le droit du curé. Enfin l'archevêque abandonnait au Chapitre un jardin et un verger qu'il possédait à Jegun. L'Kie fut passé à Aucfa, le 30 novembre 1336.

centrer entre les mains du premier pasteur. Sous les empareurs chrétiens et surtout plus tard sous les rois delà seconde race, Tëglise sYtait tirop développée pour que cette discipline n'eût pas subi des changements; maisdansles ix* et x' siècles, les Normands, en ne faisant de presque toute l'Europe qu'un monceau de ruines, ramenèrent pour le clergé paroissial avec la pauvreté primitive la vie commune. Ainsi il s'établit que l'évéque, le chef de la hiérarchie, eàt sous sa main tous les biens ecclésiastiques et succédât à tous ses clercs, comme Tabbé gérait les biens du monastère et profitait du pécule de tous ses moines.

Mais depuis le x' siècle, les temps étaient changés. Les populations en se dilatant avaient forcé le clergé à se disperser dans les diocèses. Dè^Iors la part de chaque membre avait dû être distincte. Bien ne rappelant plus la communauté, l'évéque ne pouvait désormais être assimilé au supérieur du monastère. Une modification à la législation existante devenait nécessaire. Les prêtres, d'ailleurs, se plaignaient de ce que l'impuissance^ dans laqudle ils étaient de tester, éloignait d'eux, surtout au jour de leur vieillesse ou de leurs infirmités; leurs proches et leurs amis, ou du moins refroidissait leurs sentiments et paralysait leurs soins. Ils dâéguèrent quelques-uns d'entr'eux pour porter leurs réclamations et leurs vœux auprès de Guillaume qui accueillit leur message. Pour mieux concilier tous leurs intérêts, on nomma de part et d'autre un commissaire. Le clergé choisit Hugues de Marchés ou de La Marche, abbé de Berdoues. L'archevêque nomma André de Boulanger (de Pistorio) , professeur à l'université de Toulouse et chanoine de Meaux. Hugues et André préparèrent et

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6rent agréée UoonTention suivante (1). i*" Les prêtres pourront di^oser de leurs biens à leur mort et durant leur vie en se oonformant aux lois. 2*" Si quelqu'un meurt sans testament, rarchiprétre, après avoir fourni aux (unérailles, satisfait les créanciers et payé les gages des serviteurs partagera les biens entre les pardtts du mort, les pauvres et la fabrique du lieu. Si le mort était un curé, les héritiers avaient droit à la moitié des fimits majeurs quand ie décès arrivait après Pâques; le reste appartenait à son successeur.

n fut arrêté encore que le synode diocésain ne s'assemblerait qu'une fois Vamt après l'octave de Pâques, et qu'alors tous les curés du diocèse payeraient à l'archevêque cent cinquante livres Tournois. Guillaume de Ftavaconrt et leCbapitre ratifièrent cette convention le 20 avril 1336. Le prélat fut si satisfait de la prudence et de la dextérité d'André le Boulanger qu'il en fit bient&t son vicaire-général et son officiai. «

Peu de mois après, l'archevêque fit publier de nouveau la trêve de Dieu. Cette institution bienfaisante due à relise était mal observée. Le pape* en écrivit à Guillaume de Flavacourè en lui envoyant les déqrets d'un Concile tenu récemment à Rome où elle était fortement recommandée, et à la voix du pontife, Guillaume en ordonna de son autorité et de l'autorité du Saint-K^e la stricte et inviolable observation dans toute la province. Mais cette double autorité fut impuissante. L'Europe entière retentit bientôt du bruit des armes.

Las de se combattre sourdement, les rois de France

(1) Dom Bragelles et M. d* Aignan , Pièces jiisliHcalivcs.

et d'Angleterre levèrent le masque (<337), et pendant qu'Edouard nouait des négociations sur les frontières et cherchait des ennemis à son rival, Philippe confisqua la Gascogne et envoya des commissaires pour saisir cettejyovince en son nom (i). Les commissaires prévoyaWdes obstacles, convoquèrent les milices du Languedoc et condamnèrent les nobles qui ne viendraient pas se ranger sous leurs drapeaux à payer le cinquième de leurs revenus. Ils exigeaient eh même temps de chaque famille un subside de vingt sols Tournois par mois durant quatre mois. Le clergé ne fut pas épai'gné. On lui demanda une doublé décime pendant deux ans. Le roi manda en même temps au comte de Foix de se trouver à Marmande vers les premiers jours de juillet. Il fitpartirbientôtaprèsleconnétable Raoul de Brienne. Les Anglais Tavaient prévenu et avaient commencé les hostilités. Edouard avait cherché à intéresser à sa cause les seigneurs et les villes de la Gascogne (2). Dès qu'il apprit que son rival y faisait avancer 4es troupes, il leur écrivit (23 juin 1337) pour leur représenter qu'il avait fKit tous ses efforts pour éviter TeHusion da sang. Il les engageait en même temps à repousser l'aggression et leur promettait de ne jamais faire la paix sans mettre à couvert leurs intérêts. Il s'adressa au vicomte de Tartas , à Bernard d'Albret , au vicomte de Benauges, à Jean de Grailly, à Arnaud de Lalande , à Bertrand de Latour, à Raymond de Bats, aux trois bâtards d'Armagnac, aux seigneurs de Giupenne, de Rausan, de Pommiers, de Montant, de Montpezat, de Landiran , de Maubec, de Benquet, de Poudens et à

(1) Dom Yaissette , lom. 4 , pag. 221 et suivantes. — (2) Ryroer , tom. 2, pars tertia, fiag. 172 et suiv.

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aie d'autres. Bordeaux. Bayonne, Dax, PuymirtJ, P^nne, lîoiiri;, Libourne, St-Emilion, St-Sever, Aire , Gca une j Pimbe, Pouillori, re<;iirent des félicimtiom sur leur fidéliie passée et des cricoumgemeïtts 4 SI* tnonlrer dîernes dVllej** mêmes et k rat^rîier aiosi de nouvelles faveurs de la part de leur souverain. Il sollicitait les habitants de Bayonne à attaquer les Français avec leurs vassaux^ eL s^obligeait k les indemniser das perles qu'ds feraient et à ue traiter avec Philippe que de concert avec eux* Le vicomie de Tartas était surtout dcvoui' îi sa cause* Son zèle lui fit perdre quelques iprres. Edouard se hâta de le redimer amplement. Ce vicomte était Guitard d'Albret frère puinë de Bernard Esi. Il fut cliargé, 8 janvier 4337, de tenter la Hdélité Ae son frère et de le ramener sous les drapeaux de TAngleterre. Le sire d'Albret ne se piquait pas de tiop ï constance. Il céda (!) aux offres de Guitard et aban*

ana la France^ malgré le serment de la Sainte-Cha* pelle.

Cependant le connétable s avançait en toute hâte. Il était déjà arrivé le 40 juillet a Villeueuve-d'Ageu rfoù il proposa au comte de Foix, pour le lendemain^ une entrevue dans la ville d'Ai^illon (2). Il voulait yooncerier avec lui le plan de la nouvelle campagne. Miîs le comte était ent-ore éloigné et le connéuble lui

ri V ail le 29 pour lui permettre d amener avec lui outre les deux cents hommes d armes et les quinze cents hommes de pied qu'il avait promis tout ce qui voudrait se joindre a lui. Il le chargeait en même temps de se saisir de toutes les places qu'il trouverait

;ij CoL hoàU lom, 22. — (2) Voir , pour loul« celle eipé4illoa

sur sa route, d'y établir des garuisons et d'y faire prêter serment de fidélité à la Franee.

Le malheureux succès de l'expédition dltalie A^avait pas dégoûté des armes le comte d'Armagnac Ses fers avaient été brisés au plutôt dans les' derniers mois de 1335, et dès le commencement de 1337 il prévint le comte de Foix et se joignit ayant lui aux troupes du connétable. Ils assiégèrent ensemble Siourac défendue par le seigneur de Gensac qui n*osa pas, avec des forces inégales, exposer la place aux horreurs d'un assaut, et capitula. On songea un instant à attaquer Bordeaux i mais , parvenu à La Réole , le connéta3)le congédia le comte de Foix et l'envoya défendre ses domaines à la tête de cent vingt hommes et de mille neuf cents piétons qu'il retint aux gages du roi. Le lendemain il donna des lettres de rémission en faveur de Bernard Jourdain comte de l'Isle pour le récompenser des services qu^il avait rendus dans cette expédition. Cèst tout ce que nous savons de cette campagne rapportée vaguement par les historiens de l'époque.

Le connétable eût poussé plus loin ses succès, mais Phib'ppe-de- Valois le rappela dans le nord menacé par les ennemis, et nomma, le 13 septembre, Simon de Pro. vigni sire d'Erguery et Etienne de la Beaume, dit le Galois , pour commander dans l'Âgenais , la Gascogne et les autres pays situés au delà de la Garonne. Les deux généraux avaient déjà pris le commandement vers la mi-^décembre. Ils entrèrent en campagne malgré la rigueur de la saison et allèrent assiéger le château de Madailhan. Les comtes de Foix et d'Armagnac servaient dans leurs lignes. Le premier venai l de conquérir sur les Anglais la ville de Geaune où il avait laissé

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tiTté gjinuson de duqtianie Uomiîies d nrmes souteniis par une Lroupe de fîinlassîns sous les ordres de Loup de Bëarn* Mftdailhan soumis , Pravii^ni et le Galois allèrem allaquer Penne en Amenais, une des plus fortes plaçai de Li Gascogne défendue par une admirable po» tklon et par une garoJson nombreuse. Maïs blenlôt jugeani leurs forces insuffisantes, ils appelèrent à «ux les nùliees de la province et retirèrem même du Marsan les troupes c[u'y eulreteuait le comte de FoinL et que commandait Bertrand de Tlsle. Durant te siège Gaston de Fois reçut ordre de la cour de France de se porter contre le vicomte de Tartas le partisan le plus actif de rAnj^leterre. Il prit avec lut une partie de sa noblesse t*i parut bientôt sous les murs de Tartas qu'il emporta après quelques jours de traiieUée. Parmi ceux qxiî î>e sigimlèreui sous sas ordres, on compte Arnaud de Moutatldf Bernard de Saquet, Bertrand de Lille, Pons de VtUcmur, Guillaume- Bernard de Roquefort, et les sdgneurs de Lcseun, d'Audouins et de Coarrase.

Lesired'Erguery étant mon sur ces entrefaites, le t0Î,i9iis révoquer le Galois de la Beaume, nomma le 8 juillet 1338 les comtes de Foix et d'Armagnac ses lieuiertikrkts dans T Age nais, le Bordelais, la Gascogne et leLan^edoc, et leur donna des pouvoirs très-élendus. En même temps il écrivit à tous les prélats de son rojauina pour 1^ engager à ordonner des pnéres publiques jïour la prospérité de s^ armes et à faire pr6eber dans toutes leurs églises, par des orateurs babiles, les motifs qui l'avaient forcé à déclarer la guerre à TAngleterre. Nous ignorons ce que fit durant sa Ijeutenance le comte d'Armagnac. Nous sommes un peu plus bettreux pour son rivab Ga&lon iiprès s être cou-

certé (26 juillet 1338) à La Réole avec le Galois , ordonna à Arnaud -Guillaume de Béarn seigneur de Lescun de se rendre à Mont-de- Marsan à la tête de trois cent quarante hommes d'armes et de neuf cent soixante fantassins, et après s^étre adjoint les milices de la vicomte d'aller attacpier Brassens ()) , Advisans et toutes les places soumises à TAngleterre. Il suivit luimême de près le seigneur de Lescun et s'avança jusqu'à Mont-de-Marsan. Sa présence encouragea les troupes. Le château d' Advisans fut pris. Roge^, aprèstf être concerté avec le sénéchal de Carcastonne, le condamna à être rasé, ce qui fut exécuté sur-le-champ.

Mais la guerre s'alhimait sur la frontière opposée. Philippe , voulant prévenir la descente dont Edouard menaçait depuis longtemps les côtes de Flandre, ordonna à ses troupes de se réunir à Amiens. Il écrivit (26 juillet 1338) à Gaston de Foix de venir l'y joindre (2) avec toutes les forces qu'il pourrait réunir; tl lui écrivit encore le 8 et le i5 août pour presser sa marche. Le comte arriva à Paris le 1" septembre.. Il amenait avec lui douze chevaliers bannerets^ sept damoiseaux damerets, treize chevaliers bacheliers et trois cent seize écuyers. Le roi , après avoir attendu quelque temps à Amiens entouré de presque toute la noblesse de son royaume, voyant qu'Edouard ne se montrait pas, congédia son armée et s'en retourna à Paris avec le comte de Foix dans les premiers jours d'octobre. On régla alors ce qu'on devait à Gaston pour cette expé* dition et pour la guerre de Gascogne. La somme se porta & vingt-huit mille huit cent quarante-deux li-

(i) CoL Doat, lom. 22. — (2) Dora VaisseUe, tom. 4, pa^827.

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vres poar lesquelles le roi lui céda la moi lie de la vicomte de Lautrec, et pour lui témoigner combien il appréciait ses services, il lui remit tout ce que les comtes de Foix.ou leurs vassaux pouvaient devoir au fisc depuis vingt-huit ans. Il le lui prouva mieux encore eu lui continuant peu de jours après (4 novembre) pour un mois ses pouvoirs de lieutenant dans la Gascogne.

Bien n^atteste qiie Iç comte d' Armagnac ait paru sous les murs d'Amiens. Il avait alors de vifs démêlés avec Tarchevéque d'Aùch. L'un et Fautre prétendaient à la possession de^villes de Vie et de Barran. Il fallut eu Tenir à des arbitres, qui reconnurent les droits çespec- U& des deux adversaires et partagèrent entr'eu^ les droits seigneuriaux et la justice (1). Cette décision assoupit un instant la querelle ; mais elle se réveilla bientôL Nous la retrouverons sous Monseigneur de Lamothe-Houdancourt dans le xvii' siècle. Jean était néanmoins un seigneur religieux, il vivait dans une étroite liaison avec Qément VI comme lattestent les lettres fréquentes que lui écrivait le souverain-pontife et dont plusieurs ont été longtemps gardées dans les archives du comté de Rhodez (2). Guillaume Roger firère de Gément recueillit les fruits de cette liaisons Le comte d'Armagnac le gratifia (t342) d'une pension de deux cents livres qu'il assit sur le château de Parisot.

Le roi n'avait borné l'autorité du comte de Foix à un terme aussi court que parce qu'il songeait à envoyer en Gascogne Jean, roi de Bohème. Ce prince arriva à Marmande le 26 décembre (3). Il y fixa son séjour

(1) Col. Boat , tom. 22. M. d'Aignan , pièces juslificalives. — (2) Bosc, Histoire du Rouerguc, tom. 2, page 147.— (3) Voir , pour ce qui soit, dom Vaisseite, tom. 4, p. 228, et aussi le Continuateur de Nangis aui années 1338 et 1339.

pour mieux observer les mouvements des Anglais, tandis que le Galois et Gastoti pressaient lie siège de Pébnè, interrompu pendant quelque temjps et n^ris de{>iii9 avec une nouvelle vigueur. La ville se siottmil là première et le château lui-même fut fohïë dé te rendre dans là première quinzaine de janTièr 1339. Le Gàlitfis et le comte de Foix prirent aussitôt la rôhtè dé Péris. Gaston y conclut le 19 une alliance offensive et défensive avec le sire de Beatij'eu, qu'il s'etig^géait à siérait durant quatre ans contre le dâùj^hind^ Vietoe, lé sfei* gneur de Villars et Téglise de Lyon. Le ^ftède Beaujèu s'obligeait à son tour à prêter durant ce temps aide au comte de Foix contre le roi d^Angleterrcf, le comte d'Armagnac et le sire d'Albret.

Le roi de Bohême continua à séjouhier à Mar«* mande et, le 24 janvier, il y dispen^ les deux frères Amanieu et Arnaud Guillaume de Gdas de pa|^er tme amende à laquelle ils avaient été condamnés par tè sénéchal de Toulouse pour avoir enfreint là sanve^ garde du roi. Jean, comte d'Armagnac, avait conduit ses milices à cette expédition. Le roi lui alloua une rente de quinze cents livres, dont une partie fut assignée sur la lé&e de Montignan, en Agenais. Il hii avait abandonné peu de temps auparavant lès d^ts et lés hommages qui appartenaient à la cotironne de France dans la ville de Cazaubon , près 'd'EIaùiie, el ses dépiendances(1).

Le comte de Foix s'arrêta peu à la cour. Le roi Icâ prorogea son titre de capitàitie général, et le retiVo^a dans la Gascogne avec le Galois de la Beaume j et bien- Ci) CoM)o€l, lom. 22.

\6i , pour le récompenser d'avoir conquis sur les Anglais la ville et le château d'Aire, il les lui céda à con<dition toutefois qu il les tiendrait en fief. Le Galois fut rinstrument dé cette lAtgesse. Il y ajouta ensuite la ville de Sordet, qu^il le chargea d'enlever aux ep^ nemiSf et Philippe ratifia cette npuvelle libéralité.

Le Galois ne tarda pas à être rappelé. Edouard, apcéa d#:ioiigues menaces , avait enfin ouvert la campasse €t s'était présenté devant Cambrai. Le Galois, accouru à temps pour s'y j eter , la défendit avec tant de valeur qu'il força le monarque anglais à lever le siège. Le comte de Foix fut rappelé avec lui, mais il ne parait fës l'avoir suivi. Nous le trouvons durant tout le siège combattant en Gascogne où il prit part à la conquête (les villes de Bourg et de Blaye, qui tombèrent sous les coups des Français. Pierre de Lapalu, sénéchal de Tou^ . loiise , chargé de remplacer le Galois , envoya Gasto» faire une course sur les Anglais du côté de St-Sever (Landes) , et, le 8 septembre, il le détacha à la tête de deux cents hommes d'armes et de deux mille sergents, tMItre ses troupes ordinaii%s , et le chargea de ravager le pays ennemi. Les noms de ces hommcfs d'armes nous ont été conservés (1). Nous les donnerons presque tous à ta fin du volume C), .

Cette excursion terminée , Gaston s'achemina enfin vers la Picardie. Le comte d'Armagnac l'y avait pré* cédé. La plus grande partie de la noblesse du Langue* 'A)c let'de la Gascogne était accourue, comme eux (2) , se ranger autour de PhiMppe-de- Valois sous les muw

(1) Col. Doat, tom. 22.

(*) Voir la Noie 9 à la Gn du volume.

(2) Froissart, lom. i, ch. 42. Dom VaîMette, ton. 4, page 237.

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