‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 16 sur 44 · H HISTOIRE · texte numérisé non relu

H HISTOIRE

de St-Queutiii; tuais, au inomeut où tout semblait disposé pour uue bataille, Edouard se retira vers le Pays- Bas, et TarDiée française fut dissoute. A la un de la campagne, le roi voulut reconûaitre les 'services du comte de Foix. Il lui abandonna le pays de Solde, alors occupé par les Anglais auxquels Gaston devait Tenlever, et y ajouta Ste-Gabelle et ses dépendances. A peine rentrés dans la Gascogne , les deux rivaux ra? ivèrent, ce semble, lancienne querelle qmi divisait leurs maisons. Il est du moins certain que le comte d^ Armagnac courut assiéger le cliâteau de Miremont dans le Tursan, qui appartenait au comte de Foix. Pierre de Lapalu , qui commandait dans la province , s'empressa d'étouffer le feu de la discorde à sa naissance; et pour faire lever le siège sans se prononcer entre des prétentions opposées , il envoya le juge-mage de Toulouse saisir le château et le plaça sous la main du roi.

Le Tursan était depuis longtemps agité. .Garsias , évéque d'Aire, le successeur d'Anesance de Toujouse , trouvait autour de lui presqu'autant d'ennemis que son infortuné prédécesseur. Il chercha un appui dans Gaston de Béarn , vicomte de Marsan , et Tàdmit au parcage d'Aire (<). Le roi d'Angleterre qui, depuis <285, partageait avec l'évéque la justice du Mas-d'Aire, et qui espérait alors gagner Gaston k son parti , y donna volontiers les mains. L'acte en fut passé à Aire. L'évéque et le comte de Foix y assistaient en personne. Le roi d'Angleterre y était représenté par Otivier de Huningham, sénéchal de Gascogne. L'évéque proposa en même temps d'ajouter à l'ancien paréage quel-

(1) Voir, pour tout ce qui va suivre , le Manuscrit de révèché d*Aire et la Gallia Ckrittiana, tom. 1.

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aitides favorables k soa sié^ oa à aoa Chapiire. . tropoœupé pour poa^r les dîscoter, abuiicae soin à Bernard de Labairèie. doyen de Jaoca« k Pienre de BeraToir ou de Betbèze chanoine d^CHeroa et i Baumond de Loidat sénédial de Marsan, et promit demàfirrceqn^ik aoraient apÏMtNiTé. L'original du pareige s'clant égaré, la date en est restée inœitaine; le paiéagc Im-méme et les dix-nenf artides aoœplés avec €|odqaes modifications par les trois commissures, €mÊ,i$é€fÊAfM£oi% contestés, mais sans (bndemenu On place dogdinaire ce paréage aox prenûers jonis de 433 1. Laprotection, qu'avait redierchée le prélat, le cottYiit ascx pcn; car le 44 février de cette même année, im Raymond Arnaud de Béaru, fils naturel de I se prosenu avant le jour à la porte du château dn Plan (4), résidence ordinaire de Tévéque. 11 était aoawpagné d'Amand - Guillaume seigneur de Sault dans rOrtabarés, d'Arnaud - Guillaume seigneur de Banre, d'Arnaud seigneur de Bisanos, de Raymond de Barson, de Gaillard deClarac, de Bertrand seigneur de Koseilhes, d'Arnaud de Sanos, de Pierre Arnaud de Bemus, de Pelegrin de Filartigue, de Garsie-Amaud de Segos« de Bertrand seigneur du Vigna^, et de quelques autres hommes d'armes et suivi de quelques fantassins. On voyait encore à sa sui te les gens des communes de VilUneuve, de Perquies et de Pujol armés aussi. Les portes du diâieau étaient fermées et le prélat dormait dans son lit. Lebàurd somma, au nom de son père et an sien, les gens de Tévéque d'ouvrir le château a la troupe qui se pressait sous ses pas , parce que les évè-

(i)ltaaKritd*Aire.

ques le teriaieni du seigneur de Béarn et de Marsan. Vital Ducassé, procureur de Tévéque, réponditque le château avait été donné par le duc d'Aquitaine,«t qu^on n avait jamais. compris que le seigneur de Béarn y eut eu aucun pouvoir, ni que. jamais il y eût été rjeçu comme il l'entendait; que cependant, cœnme Tévéque chérissait le seigneur de Béarn et toute sa lignée, s'il voulait y entrer , comme il le devait, sans armes et en ami, et parler au prélat, on lui ouvrirait volontiers.

Raymond Arnaud répliqua qu^il entrerait, comme il Tavait dit , avec toute sa suite, qu'il emporterait le château de force et égorgerait sans pitié tous ceux qu'il renfermait. Sans s'épouvanter de ces menaces. Vital Durr^: cassé fit observer au bâtard et à ceux qui l'entouraient}

* que l'évéque avec toute sa maison et ses biens étaient

sous la sauve-garde du roi dé France , et que cette sauve-garde avait été proclamée solennellement à Ber* quies, à Villeneuve, à Pujol et dans plusieurs autres endroits du Marsan. Il invoquait à cet égard les actes publics et les pennonceaux du roi qui flottaient sur le château et qu'il montrait de sa main. Enfin, il sommait Raymond Arnaud et ses copiplices, au nom du roi de France et di^ duc d'Aquitaine; de respecter l'évéque, et lui défendait d'insulter à sa personne et de nuire â ses gens ou â ses biens. En même temps il prenait d'un notaire acte de ses protestations.

Cette fermeté n'arrêta pas le bâtard ni ses complices. Us se ruèrent sur le château, s'en rendirent maîtres^ brûlèrent une grange et le blé qui y était entassé , blessèrent plusieurs serviteurs de l'évéque et le firent lui-même prisonnier. Toutes ces violences étaient consommées à neuf heures. Quelques moments après , ils

laissèrent sortir Févéque et ses gens, mais gardèrent le diâteau avec tout ce qu^il renfermait. Forcé de fuir , Garsias protesta contre Tinsnlte faite à son caractère sacré (^ et se pourvut devant rofficial d'Auch. Les ëvéqoesde Les<iar et d'Oleron s^ntéressèrent vivement à sa cause. Gaston, à qui ils se plaignirent, n'osa pas braver Féglise. Il réprimanda son fils et lui ordonna d^aller faire sa soumission à Garsias.

Raymond Arnaud se transporta, lé 9 mars, dans l'église des Jacobins d'Ortbès, et là en présence des deux éveques et d'Amaud-Guillaume de Béarn seigneur de Lescun et de Roger de Foix seigneur de Rabat, il s'abandonna (1) au bon plaisir de Tévégue, s'engagea à se pr&enter devant lui au jour et au liev que le prélat voudrait fixer, et enfin il promit d'accepter sans réclamation la sentence qui serait rendue. Il confirma ces paroles d'un serment prêté sur les saints évangiles. Gaston s'obligea avec son fils, et tous les deux se soumirent à une amende de deux mille livres de bons Morlas, aux peines de droit et aux foudres de l'église, s'ils étaient infidèles à leur engagement. Ils donnaient à Févéque d'Aire jusqu'à la St- Jean prochain pour prononcer la sentence.

Garsias ne se pressa pas de prononcer. Il prit conseil de gens probes et habiles, et après un mûr examen ,

(*) L'évoque perdit nlors un livre pontifical, (100 saumées salmaia$)y!iO0 sacs de l'un et l'autre blé, 10 pipes de vin nouveau et une de vin vieui , 3 couétes, 10 coussins ; 11 couvertures de lit, 26 linges, 2 grandes marmites de métal, 1 grand bassin de cuivre, 4 jarres et 2 pots d'élain , 4 porcs salés , 2,000 sardines, 200 morues salées , 2 corbeilles de figues et de raisins confits melkUii , une somme d'argent et des armes de diverses espèces.

(1) Manuscrit d'Aire.

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voulant, dit-il, tempérer la discipline par sa miséricorde et préférant la bonté à la riguew*^ \\ statua le 44 juin, 1* que Raymond Arnaud et ses complices lui payeraient avant la Toussaint trois cents livres de bons Morlas pour le rëdimer de toutes les parles qu^ils lui avaient fait essuyer ; 2"* que pour réparer Tinsulte faite à son caractère sacré et à son église, ils lui payeraient par moitié trois cents autres livrés qui seraient données en aumône aux pauvres et à Téglise d'Aire ; 3** qu en l'honneur de Dieu, du bienheureux Jean-Baptiste et de toute la cour céleste au mépris desquels les excès avaient été commis, Raymond viendrait en personne à l'église d'aire, sans chaperon, un cierge allumé à la main, un dimanche ou uû jour de fête solennelle, pendant que le concours du peuple serait le plus grand , et qu'il y ferait venir durant trois dimanches consécutifs les autres nobles revêtus de leur seule tunique, sans chaperon et sans ceinture, nu-pieds et un cierge allumé à la main, et que tombant tous à genoux, ils demanderaient à lui ou à son délégué humblement pardon des violences dont ils s'étaient rendus coupables; 4** qu'il enverrait au prélat ou à son délégué dans l'église d'Aire ou de Mont-de-Marsan, durant trois dimanches ou fêtes solennelles, cent notables de Villeneuve, cinquante de Perquies et trente de Pujol , et qu'arrivés aux portes de la ville, ces notables se formeraient en procession et marcheraient à travers les rues, nus, en chemise, un cierge afllumé dans une main et des verbes dîans l'autre , et qu'entrés dans l'église, non seulement ils demanderaient humblement pardon, mais ils recevraient dévotement la discipline; 5® qu'avant la Nôèl ils feraient faire en cuivre ou en marbre une croix ou

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une belle st^itiic dv St-Je^tn ann pieds desquelles seriiienl ^mv^s les itialifs tWeeltc libiValité; enfin qu'a- . v*aiil la Noël tous les notables se feniieni absoudre par le Sfiïnl^Siége de rexeummunienlioii qu ils avaient

Carsias eut des démêles avec Tabbé de St-Sever au îujei des novales* Peregriri de lïaquerisse ehanome cl* Aire et arebipri^lre de Mauletm pris pour arbitre par fl^^iDelievéque et le Chapitre, et Bernard Deluccatnerier jcle St-Sever délégué pr sa Communauté^ se réunirent Roquefort et arrtHèrent que le monastère paierait à IVveque deux cent cinquante livres Toarnois et lui abandonnerait les dimes d'Urgon et de Parent ies^ mais il de\^ait garder les autres f28 mars 4330) (**).

LVv^iie eut un semblable démêlé avec (>utllaume tl e Lu ppé , a bhé sccu 1 i er d e S t-G i ron s » Bel 1 us d e Belous rn. Arnaud de Gcrion chanoines d'Aire, Arnaud de Co-

(•) L'ACle an fui dressé ii Aire et eut fiour iém*iîtis Valihù *li» l.i

Cj|»tri1c, l'ît?rrie de Si -A unis , moine de Sk-'-OuiUrrk\ Jcftfi de Mtt-

lartic. rraaciscJim , 1k1iu$ ih IMoti? Pt GuMIaunie de Pt^squidous,

« h^imine^ d'Aire, Edouard de Labc^rîe, Rajanîiid de Cadi-ilbon-

Timl d'Etlfi^rni' cl Ruïmoml dn Mwlariîe *k' Roquefort , ttuillatimi*

Ajf^ueknl {*! Arn.'îud Guilloume do GHiilon de Lidjrei, PierFc Sr- #nifti de ^l'Genïeî , 3em RIhiu: de Vîlleaeuie , Itcrnnrd de Ptimedr ^c Perquie», ArnAud liitillnume de l.a(>eifrc tk Citzere^* Bertrjind de

3îopur» de Henune, Hertniud Arros de Greiiade» GuiMatiniv Artiaud «le Ufargue de Ociaiit, Arnaud de ilayron de Ilu^roa , fttiymond ^îmllnnmc de G-itnprand de Fa^rei , Fîerrr lîasseï de Geoum;^ Arvimd (iuîllaunie de Lucomjile de St-I^ul)oiie , Mnrtin lluhArri di< ^jfilflïjiiH, Forïfltier Dufyr de Pfmlie» Pierre de L^if^irgoc dcSiima- ^U'ï, Arnaud de Gorc et Atiper^ Diifer? d*Aîri\ ri tta^nrond llefirflnd

^ La Reine du Mas, eansuli ou rhûiïclûîn5 de et» Jïciit. (**) tVlaienr ie« dîmes de Sl-Genie^ pré* de 8l*Mâuriti, de Gaîl-

•»% d" Effet, de Com, d'Aurrcc, d'Arui. de Tutiiouse, de Prîatu, de

^^apiÊÊtî, de Lamtvihe, de Slc-Eulûlie, de Si-Barihi h-mi, d'An^bde

« deMârenche<&.

ver et Garsie-Arnaud de St-Cric chanoines de St-Gi- • rons, chargés de vider les différends, ramenèi^nt la paix (<6 novembre <330).

Kabbé de la Castelle disputait à Garsias le pationage de quelques cures et une redevance de vingt cooqiifes de froment que son abbaye faisait au prélat. Il fdlut recourir à Févéque de Condom. Sous sa médiation les différends s^applanirent. Enfin Tévéque eut un piooès avec les habitants de sa vil)e épiscopale. Ceux-ci réclamaient une extension de privilèges. Ils furent oondaïanés en 1 330. Néanmoins deux ans apfès Garsias acoéda à leurs vceux (15 février 4332). On place communément sa mort à la fin de cette année. Mais il y a erreur dans cette opinion; carie livre rouge d^ Aire lui attribue quatre actes postérieurs à cette date. Lé 7 novembre 4333 il ordonna à larchiprétre de Mauléon d^avertir les abbés, les prieurs et les curés de son archipcétré d'avoir à payer avant rÉpiphanie les sommes qui lui étalent dues pour le droit de caritat^ qui avait été accordé dans le synode tenu à St-Justin ; et. si, malgré cet avertissement, cette contribution n était pas payée à Tépoque assignée, il voulait que Tarchiprêtre dénonçât tous les dimanches les retardataires excommuniés, et s'ils s'obstinaient durant huit jours , il les soumettait à l'interdit avec leurs églises. L'archiprêtre lui-même fut menacé d'excommunication dans le cas où il remplirait sa mission avec négligence.

Deux usages particuliers au diocèse d'Aire et dont on ignore l'origine augmentaient les revenus de l'évèque. Chaque année bissextile les fabriques des paroisses ne percevaient aucun droit. Leurs produits allaient grossir la mense épiscopale. Cet usage s'est maintenu, je crois, jusqu'en 1789. L'autre, plus productif encore.

était ps de nature à se perpëiuer ausâi longiemp. la fête de la dtkxïllation de St-Jean- Baptiste , patron ii- diocèse (29 août), on membre de chaque famille isîtait la cathédrale et y laissait un présent (*). D^ inulgences ctaîenl attachées à ce pèlerioage. Ceux qui n et aient empêchés, devaient envoyer leur ofTrdiiide. ^ri dressait une liste exacte de tous ceux qui payaient t qui ne payaient pas- elle devait être apportée à Aire ptr les curés des paroisses obligés de venir assister avec ms leurs clercs le jour de la fête aux office^ de la athédrale {**)» Garsias frappa d'excommunication [^ fermiers des fabriques qui ne versaient pas dans ses trésors les revenus de Tannée bissextile , les curés qui Ti^assistaient |>oint k h fête ou ne dressaient pas exactement le r6le de leurs paroissiens , euGn, les familles qui -sans raison légitime se dispensaient de visiter la eathédrale on d'y faire parvenir leurs contributions (juillet 1335), Ces excouinmnica lions multipliées expliquent peut-être la détention momentanée de Garsias et k meurtre de sou prédécesseur. Quand on emploie Ainsi les fuudres de réglise, non seulement on les avilit, mai$ on déchaîne contr 'elles les passions. Le rigide et iniûléfant prélat ne survécut guère à ce dernier acte* Il fut i*«mplacé par Guillaume de Caupenne, que nous avons vu sons le règne de Philippe-leBel si hostile aux Anglais. Il fut du moins comme Arnaud! ennemi irré^ roneiliable de cette nation. C'est tout ce que nous savons de son épÎ5cx>pat.

{*} Vaiiant ad diclam matrem ecckiiaoi Adurenarm cuDi obsanibus «t ëlm dcvcriU C4>DSuMis. fnciend*^ e^oarîutD consuctum.

('*) N*ou a donnerons ces chartes dans noire fi' volume. Elles élaifnt tirt*f» <!u lîvre fou^e d'Aire niaiFiirn«nl égar^.

lilTRE TLW.

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