CHAPITRE IV
Le éiK d'Aijin à Baenèm. •— il luièfe le cbileta de Loorées; — *il Iriite iiec le date de F«ix. — Mert Irafiqie de Pierre Anind de Béan, — di eoBle de l'Itle- J«rdaii.— GMles de Pirdiic.-- Violeices di denier Anaid Giilbefl. —Mort di foale de Cenninges. — Projet de réeoneiliitioi des niiseis de Foix et d'Araipie. — Elle s'effeetue iTeeseleoBité.— Jeii, fis ilué di conte d'Araifue. épeiie rbériiière di CeiniBges.
Le duc d'Anjou, après avoir ainsi disposé de sa nouvelle conquête, vint se loger à Bagnères d'où il arriva le lendemain aux pieds des remparts de Lourdes. La bravoure et Thabileté du connétable n'avaient pu triompher du courage et de la résolution de Pierre Arnaud de Béam (1 ), à qui le prince de Galles avait jadis donné le commandement de cette place. Avec Pierre Arnaud étaient venus se renfermer Jean son frère, nerre d'Antin, Ernauton de Restin ou Rustan, Enautbn de Ste-G>lombe, Le Mengeant de Ste-G)meille, Ferrando de Mirande, Olivier Barbe. Le Bourg ou Bâtard de G)meillan, Le Bourg de Camus et une foule d'autres chefs des compagnies. Au bruit de l'approche des Français, le gouverneur avait augmenté les fortifications du château et l'avait abondamment pourvu de vivres.
(i) FroisMrt, tom. 3, chap. H.
Après 1 arrivée du duc ou pressa le siège avec une nouvelle vigueur, et après quinze jours d'assauts successifs, on emporta la ville, mais les assiégés avaient eu soin de tout retirer dans le château. Le duc d'Anjou le battit pendant six semaines. Voyant que tous ses eflbrts étaient inutiles , il essaya de gagner le commandant et lui fit promettre de fortes sommes d'ai^ent s'il voulait rendre la garnison. Le chevalier qui était plein d'hcMineur et de vaillance, s'excusa et dit : k que la garnison n'était pas sienne et qu'il ne pouvait vendre, donner ou aliéner l'héritage du roi d'Angleterre sans élre traître, ce qu'il ne voulait pas être, mais loyal envers son seigneur naturel. Il ajouta que lorsqu'on lui confia le. fort, on lui fit jurer solennellement, par sa foi' en la main du prince de Galles, qu'il garderait et tiendrait le château de Lourdes jusqu'à la mort contre tout homme, s'il n'était envoyé par le roi d'Angleterre. » Ni dons, ni promesses ne purent lui arracher d'autre réponse. Quandie duc d'Anjou et son conseil virent qu'ils perdaient leurs peines, ils s'éloignèrent de Lourdes, eten s'éloignent ils livrèrent* h ville aux flammes qui k consumèrent entièrement (i). Les Français se vengèrent du mauvais succès de cette entreprise sur les forts de Julian,deNavarret et d'Aux, qui incommodaient le pays et qui furent emportés. Les Bigourdains dévoués aux Anglais n'eurent plus d'autre asile que le château de Lourdes. Le connétable paplt avoir pris le château d'Aux ; du moins il attaqua en personne la ville de Marciac et s'en rendit facilement le maitile.
Nous avons suivi le récit de Froissart; mais s'il faUait en croire les mémoires de Duguesclin, le siège eût eu
(i) Froissart, lom. 3, chap. 6.
un autre issue. Suivant ces mémoires , le counélable fit donner dès le point du jour un dernier assaut; les assiégeants se défendirent avec une opiniâtreté et une valeur dignes d*un meilleur sort : le combat dura presque jusqaVra soir; mais enfin Pierre Arnaud de Béam ayant été tué, sa mort jeta le découragement parmi les siens. Ils ilédiirent de tous côtés, et les Français ayant gagné les murailles et s'étant répandus dans la ville, firent un horrible massacre. La fureur du soldat n'épargna rien, et avant que les chefs eussent arrêté le carnage, tout fut pMsejiu fil de Tépée. La nuit même n'interrompit pas ces scènes de désolation. A peine si quelques habitants purent, à la faveur des ténèbres, échapper à la mort. Le duc d'Anjou et le connétable, affligés de ce qui s'était passé sous leurs yeu;^ , rappelèrent ces tristes victimes de Tivresse de la victoire et les aidèrent eux-mêmes à réparer leurs maisons. Froissart ajoute que le duc d'AnjoiÉfpourcouvrir cet échec, se hâta de conclureavec Gaston de Foix le traité qu'il méditait depuis longtemps. Il lui députa à Orthez Pierre de Beuilh son chambellan; l'ambassadeur fut reçu avec magnificence, comblé de présents ainsi que toute sa suite, et renvoyé avec quatre coursiers et deux alans d'Espagne destinés à son maître (1).
On ignore du reste les conditions du traité; mais quand le duc fut rentré à Toulouse , le comte de Foix manda à Orthez Pierre Arnaud de Béam. u En recevant les lettres du comte de Foix, le chevalier resta quelque temps en suspens, ne sachant s'il irait ou non ; mais tout considéré, il répondit qu il y viendrait, car il n'osait nullement irriter le comte de Foix. Près de partir , il
(1) Froissart, toro. 3, chap. 6.
vint à Jean de Béarn son frère et lui dit en présence de toute la garnison : mon seigneur le comte de Foix me mande , je ne sais pourquoi ; mais puisqu^il veut que j^aillelui parler, j'irai. Orme doute-je grandement que je ne sois requis de rendre la forteresse de Lourdes, car le duc d'Anjou cotoye le Béarn et n'y est point entré, et d'un autre côté le comte de Foix tient fortement à posséder le château de Mauvezin pour être maître des frontières du G>mminges et du Bigorre. Je ne sais point s'ils ont traité ensemble , mais je vous dis que tant que je vivrai je ne rendrai le château de Lourdes, excepté à mon seigneur naturel le roi d'Angleterre Ainsi je veux, Jean, mon beau frère, que vous me juriez sur votre foi et par votre titre de gentilhomme que vous tiendrez le château en la forme et manière que je le tiens, et que, ni pour vie, ni pour mort, jamais vous n'en sortirez. Jean de Béarn le jura ainsi, et Pierre Arnaud partit et vint à Orthez où il descendit^ l'hôtel de la Lune. )>
(( Quand il sentit que l'heure était arrivée, il vint au château d'Orthez< Il se présenta devant le comte qui le reçut avec joie , le fit asseoir à sa table et lui miontra tous les beaux semblants (V amour (\\xi\ put, et après dîner il dit à Pierre : j'ai à vous entretenir de plusieurs choses, ainsi je ne veux pas que vous partiez sans avoir pris congé de moi. Le chevalier répondit : mon seigneur, volontiers, je ne partirai point que vous ne l'ayez autrement ordonné. Trois jours après , le comte de Foix prit la parole et lui dit en présence du vicomte de G)userans, du seigneur d'Antin et de plusieurs chevaliers qui l'culendireut : je vous ai mandé me voir et vous êtes venu ; sachez que monseigneur d'Anjou me veut
grand mal pour la garnison de Lourdes que vous tenez. Toute ma terre a failli être sillonnée par les courses de ses hommes d'armes. Elle Teùt été sans Fintervention de plusieurs amis que je compte dans son armée. Il Ta dit ouvertement, et c'est Topinion de plusieurs de sa compagnie qui me haïssent et qid disent que je vous soutiens; parce que vous êtes de la maison de Béam, et que je n'ai que faire de m'attirer la bienveillance d'un si haut prince que monseigneur. le duc d'Anjou. Ainsi je vous commande, en tant que vous pouvez faire envers moi et pour la foi et hommage que vous me devez, de me rendre le château de Lourdes, h
u Quand lechevali^ouït cette parole, il fut tout ébahi. Il réfléchit un peu pour savoir ce qu'il répondrait; car il voyait bien que le comte de Foix ne souffrirait pas de réplique; mais, tout pensé et considéré, il dit: monseigneur , vraiment j e vous dois foi et hommage , riir je suis un pauvre chevalier de votre sang et de votre terre . mais jamais je ne vous rendrai le château de Lourdes. Je le tiens du roi d'Angleterre qui m'y a mis et établi , et à qui que ce soit je ne le rendrai , sinon a lui. Vous m'avez mandé , vous pouvez faire de moi ce que vous voudrez. Quand le comte de Foix entendit ces paroles, le sang lui monta au visage de félonie et de courroux, et s'écria en tirant une dague : oh ! traître, tu as dit que non ! Par cette télé ! tu ne Tas pas dit envain; et aussitôt il frappa le chevalier de sa dague de telle façon qu'il le blessa moult {\) vilainement en trois ou quatre endroits, sans qu'aucun baron ou chevalier osât parer les coups. Le chevalier disiiit bien : ah ! ah ! monseigneur, vous ne me faites pas gentillesse; vous
ri ) Tout ce récit est emprunté à Frobsart.
m'avez mande et vous m'occisez ! Toutefois il n'eu eut pas moins les cinq œups de dague. Le comte commanda aussitôt qu'on le mit dans la fosse^ Il y fut mis et il y mourut, car il fut pourement curé (pauvcement soigné) de ses plaies. »
Gaston ne traita ^ère mieux (1 ) le vicomte de Castelbon, son cousin germain et son héritier présomptif. Irrité contre lui , il le conBna dans la tour dK)rthez où il le tint hiiit mois prisonnier , et ne le rendit i la liberté qu'après lui avoir arraché une rançon de quarante mille francs. Tous ces traits si peu dignes d^un vrai et preux chevalier ne sont pas les seuls qui flétrissent la vie du comte de Foix. Le meurtre de l^nfiMrtuné gouverneur de Lourdes n'ébranla point son frère et n'eut d'autre résultat que d'amener une/conféi^ence où le duc d'Anjou et Gaston s'abouchèrent, et où fut admis le vicomte de Castelbon. Les deux cousins promirent de se soumettre incessamment auroi et de reconnaître son autorité. Le vicomte se rendit à Toulouse dans le mois de juillet et prêta foi et hommage à la couronne; il reçutdu duc au nom du roi lecl;iàtean de Sauveterre(2) en dédommagement de celui de Mauvezin qui était retombé entre les mains des Anglais , et on lui promit le château et la baillie de Mauléon dès qu'on les aurait repris sur les ennemis de l'état.
Gaston tergiversa plus longtemps. En attendant , il négocia une trêve de quelques mois entre la France et l'Angleterre. Quand le duc d'Anjou, qui l'avait recherchée, la vit près d'expirer, il rassembla à Toulouse un corps de troupes, composé d'environ deux mille six cents
(i; Froissart, même chap. — (2) Chartier du Séminaire.
les tla mies. On reiiJArf(Uîùt (1 ) î» leur tête leÂCûm-
d'Aroiagniic, trAsUirae , de ParJiao, île TIsle-ïTour-
ii{i« les sires Je Labartlic, de MireïKux et LFAïUiii, et
rvicomto de Polis^nac. Leduc luivt du toiitnUaMe, se
[irUi avec cette petite armée vers A^e\i et fui bieotùt
joint par le duc de Bourbon qui oommandaît un àuiiT.
corps dV\peditîon* Les deux princes parcoururent le*
^lords do la Cironnef soumettant ou fori^.iut: UjuLcs le$
Blaces qui se trouvaient sur leur passage^ et doiitLi plu-
^■art eonquises par les Français dans la première eani-
^pigne, if talent depuis retombées au pouvoir des An" lais.
Condopi et Fleura uce ouvrirent Icui^ portes (l)* La
dernière se soumit volontairement et obtint quelques
privilèges |ionr prix de sa bonne voloiil«% Ccst tout ce
Iue nous savons de cette campagne ou ptuiot de cette \mrse armt*e.
Jean, comte de risIe-Jourdain, tjU» y avait pris part, lourut (3) peu de mois après, ne laissant d'Indic de ^urfort que J(!an Jourdain II» le (ils que iiouâ avons vu tomber entre les mains des Anglais* L*avëneuu?nt de celui-ci à Tadministration du comté sembla reveiller les prétentions de la maison d'Albret. Elle renouvela avecplus d'ardeur que jamais le procès qu elle avait intenté iu |3e re^ N éa n mo i ns . Va ffa i rc t ra 1 tiii 1 on g tem \v> e n ro rc î se 1er m i n a c j u' cti 440 4. J ea n J ou n i a i u 11 c lier clia E^rtifier par des alliances. It demanda et obtint la îéfile d'Astarac, veuve de Kaymond Bernard ► de Dur fort ei sceur de Jeau I*', comte d'As* tarac; et peu de jours après le mariage^ il conclut une ligue offenâve et dércsisive avec son nouveau Ue^ufrère, Jean ava il succède (I) vers Tan 1309a Ccutule IV
(Il Doîn \ais»eUe, tom. 4, p. 3Sfi,— (2) Le nn^tuc — (3}Grftnd» omeiers, loi». 2, ei di>m Vaisiell^.— (4} lém. L'An de vérififr lt% DilM. Dom Vaiiseite, page 3Jf7.
446 HISTOIRL
comte d'Astarac , et s'était attaché au comte de Foix qu'il suivit dans la plupart de ses expéditions. Cette intimité ne Tempécha pas de se déclarer pour la France et de venir se ranger un des premiers sous les drapeaux du duc d^ Anjou. Au milieu de ces combats, il épousa Catherine, fille aînée d'Amauri III, vicomte de Lautrec. Il n'en eut point d'enfants, mais Catherine mourut assez jeune en 1378, et à sa mort elle lui légua tous ses biens. Les héritiers naturels de la comtesse protestèrent contre cette disposition. Ils entamèrent un procès qui durait encore en 1 395 et qui fut terminé par une transaction.
Arnaud Guilhem, comte de Pardiac, s'était montré encore plus dévoué à la France que les comtes d'Astarac et de l'IsleJourdain. Il avait partagé toutes les expéditions du duc d'Au jou, qui l'avait admis dans ses conseils et l'avait gratifié de plusieurs pensions. Cette bienveillance le rendit arrogant et emporté et causa* ainsi sa perte. A peine rentré dans son château, il manda près de lui les consuls de Marciac et voulut en exiger un acte de vasselage. L'un d'eux, prenant la parole, repoussa ses prétentions avec fermeté. lÀirascible Arnaud Guilhem crut voir une insulte dans ce langage et abattit (1) le consul à ses pieds. La ville s'émut a cette nouvelle et jura de venger cette mort dans le sang du comte. Tous les citoyens s'armèrent aussitôt et coururent assiéger le château de Monlezun; mais Fennemi que cherchait leur fureur avait eu le temps de s'évader. Ils ne purent décharger leur rage que sur les murs et sur quelques soldats qui les gardaient Trompés dans leur espoir , ils déférèrent l'attentat au parlement de
(i) t.*Ar( de vérifier^^Dates, (omr 2.
nE LA GA^»COG|l£. 447
toujours empressé a retenir de |iareillcs causes* Un procès si niïirukiL Ni les services passtrs du coupable,
Iiti la protection du duc d'Anjou , ni les prières de sa nombreuse et bnlhinle parenté ne purent le sauver. Il fut r*jnd,imné a perdre son comté confistpë au protit de la couronne et à avoir la tête tranchée ; ce qui fut exécute le 46 août 1380^ s'il faut en croire un niaiius-
»crit cjue nous avons sous les yeux (I) ; mais il y a id erreur ^ au moins stir la date ; car Arnaud Guîlliem avail cessé de vivre dans les premiers jours de janvier précédent* Le père Anselme ('2 j 5e contente de le faire mourir le iG août 136f^ sims même mentionner la vio> lence qui amena ou accéléra sa fin. Ici, Terreur est ^encore plus forte^ nous avons plusieurs fois vu le comte ^be Pardiac les armes à la main après 13tj9. Aussi HcfOyotis-nous devoir nous ranger au sentiment des auteurs de f Art de vérifier les Dates, qui prétendent (3) qu*ArnaudGuilhem nevitpasla fin déce triste procès^ et qu'il mourut durant les débats. Ils s'appuient dtt
Ki«M:rologe de La Case-l)icu ou il fm enierré. Ce néero- Oge (iîte sa mort au i2 août 1379,
Arnaud G u il hem laissait deux enfants, Jean et Anne, et avant sa mort il avait fait son testauietit par lequel il lé^'Uâit divers dons justjn'à concurrence de quatre
•mille frani^ dW qu'il assignait sur les villes de Marciac mi de Beaumarchex. Son fils le suivit de prèa dans le toni!*ean* Anne resta seule héritière de toutes les pré-
Plentions de sa maison ; mais elle trouva un concurrent flans Bernard d'Armagnac , frère de Jean 111^ qui portait le nom de comte de Pardiac depuis qu*il avait
(i) Hanuserît ût M d'Aiiniiia — il] Toat 2, |fa(tt* 02». — î)Toiii. % pflgr**2RT,
vendu le comté de Charolais. Nous^voos vu que d'après une transaction passée entre Arnaud Guilhem et Géraud VI , les membres de la. maison d'Ârmagoac pouvaient prétendre à ce titre. Bernard s'étaya de cette convention pour réclamer le comté, et prétendit que la conBscation ne devait pas profiter à la couronne , mais devait lui revenir. Le roi Charles en jugea autrement, et cédant à la voix de Féquité ou aux sentiments d'une généreuse commisération, il rendit le Pardiac à Anne, qui épousa (4) aussitôt.Géraud, second fils de Jeam, vicomte de FezensagueL Le père et le fik s'étaient distingués par leurs exploits contre les Anglais. Les preux de cette époque, contents de déployer une valeur féroce, n'épargnaient guère mieux ceux qu'ils étaient chargés de protéger, que les ennemis de l'état. Jean se permit contre les habitants de Pradères sur la Save tant de meurtres et de violences, que le sénéchal de Toulouse fut contraint de le citer à son tribunal; mais le vicomte sut se soustraire à ses poursuites en demandant au duc d'Anjou des «lettres de grâce que celui-ci lui accorda. 'LcL mariage de son fils avec la riche héritière de Pardiac vint bientôt a)outer à sa joie. Pour faciliter cette union, Jean se chargea de payer au nom de son fils les quatre mille franés d'or légués par Arnaud Guilhem. Le contrat de mariage fut signé à St-Sauvy le 6 juin 1378. Anne et Géraud étaient parents : ils s^étaieot pourvus auprès du pape, qui avait envoyé les dispenses le 10 mai précédent. Le mariage ne tarda pas à être célébré. Peu de mois après, 19 janvier 1379, Géraude de Montlezun, mariée au seigneur de Fimarcon , Ma-
(1) L'Art de vérifier les Dates, tom. 2. Grands Officiers, tom. 2.
tm LA fîASGOGKE.
Iiillo li'Allnd ri*mti*ssp (loUflirière do P*irtJiïif t'L Uvr*
i;iril (hhon Je IVIonilezuiî réunis It Hirari, nbatulonnè'
(1)auiE deux jeunes époux MarriacetBenutu*iitib<*K
lonl iU avaicnl la f^arde roinme estéetiiçurs tc^t^itiieiK
in^ tlu tlenuer ttinile.
Pendant qne toutes ces querelle» s'éveiltaiem , h
iairic entre le^ maisons de Foix et d'Arwiajsnac pHii;;-
mh vouloir s cieindrc. La dernière lnHe conclut* alla il
expirer, Caston et Jean la prOFogV*renl de nouveau
ri Nool 4'i7(K Cijtston promit même d'y corn*
dre Pierre Raymond comte de Commttigcs, un di'^s,
us fidiïWs et des plus puissants allies du camt«? d'Ar-
Le comte de Com^minges (2) mourut peu de
après Jnsilituimi |X>urson héritière Marguerite, la
^•ÉCôiîde destts irois filles^ mais si leur mère mettait au
Hitionde un entnnt mâle, alors îl confinait Marguerite
^ban^ un cloître et la condaninait à prendre levoilecher^
"les Niurs Minorettes de Samalau, et léguait les chil-
teaux de LëvignaCf deSt-Andrë et de Marsoliu avecSer.
^bièrc et Sauvetene a Jeanne sa veuve qu'il établissait
tutrice de Mârgnenie* Enfin d choisissait sa sépLdtuiT
chi^ les Oir déliera de Sajii;iian, dont il avtui jigrandi la
maison et où il avait placé dou3W religieux. Jeunne er
M;»rf*ueritc *»e bâtèrent de Mf placer sous la pmti^ lion
de la Franrc. Malgré t-ette sauve-garde et rarlicte fur-
mrl du dernrer trailë, Gaston ne put résister a roecasion
de *a^n«ndir et sr dis{K>5a a TaLtaquer. Le roi averti de
îtes prépara tifs lui fit défendre de passer outre, et en
ras de refus, il conuuauda quVin rajournat au pr*
lemnit Le comte irArniaf^nac prit aus^MlM la défense
(i)Chiirle ilii *»ii^miiïnirr ^ 'â> lirind^Offirii^r*. Irtm, 2. p, flS6.
450 HisTOine
des deux comtesses et essaya les voies de la douceur. II proposa d'abord un compromis de concert avec Roger de Comminges seigneur de Monthlanc et quelques autres chevaliers chargés comme lui des pouvoirs de Jeanne et de Marguerite. Le compromis ayant été rejeté, il ofTrit de soumettre les différends au jugement du duc d'Anjou, mais ses efforts furent inutiles, et il y eut quelques hostilités entre les deux anciens rivaux.
Les choses revinrent bientôt à la paix. Au mois d'avril , c'est-à-dire vers Pâques , quand la religion fait mieux entendre sa voix, les deux comtes convinrent(l) de prendre pour arbitres deux membres du Sacré- CoUcge, arrêtèrent que le mariage de Béatrix fille du comte d'Armagnac, avec Gaston fils du comte de Foix, serait le principal nœud de leur réconciliation, et stipulèrent que, si les deux cardinaux ne pouvaient convenir des articles, le pape prononcerait lui-même en dernier ressort. Mais le départ de la cour romaine pour l'Italie rendit cette convention inutile , et Ton se battit de nouveau.
La querelle s'était déplacée, et en se déplaçant elle menaçait de s'envenimer. Gaston continuait ses hostilités contre la comtesse de Comminges ; Jean , de son côté, armait en sa faveur. Une rencontre eut lieu sur les terres de la comtesse ; les troupes de Gaston furent totalement défaites (2). Vingt-sept chevaliers restèrent entre les mains de Guillaume Raymond de Durfort chef des Armagnacs , et durent payer une très-grosse rançon. De ces vingt-sept prisonniers nous ne connaissons que les seigneurs d'Andouins et de Miossens, et Amanieu de Viella.
(1) Dom VaisseUc, page 357. — (2) Idem, page 300.
DK LA CASCOCKE. 451
Cette lui té servait de prélexie h des tourses qui fmelf|iiefois allaieiU atteindre des lieux atiiis. Comment rtfrëîiçt toujours d<^ gens armés k qui il rallnit une proic^ n importe k qui elle appartînt* Nous voyons quV* ecue époque le Bàtafd dVArmagnac, à la lête d*uiicoq>4 de routiers^ rançonnait les environs de Toulouse et y commettait tous les désordresqu auraient pu commettre des ennemis, La duchesse d'An jou fut obligée d'envoyer le vî|;uier de Toulouse à Jean II pour se plaindre de son fn^rc et le prier de le rappeler au devoir.
Le duc son mari s intéressait toujours vive m eut k ramener la paix entre ces familles, Gaston et Jean cou- Vmreni le 1 5 décembre de le prendre jwur arbitre. [Is n*ert poursuivirent pas moins les hostilités, et le comte de FoiK assiégea la ville de Caxères , ancien tliéiUrc d^humiliatimi de Jean 1'% et que son fils plus heureuv avait enlevée à Gaston. Il pressait vivement la place, et lesassiég*^ manquant de vivres comme dans le premier siège étaient aux abois , lorsque {{) le duc d'Anjou députa aux deux concurrents son chambellan Jean du Breuilset deux autres seigneurs de sa suite*
Leur mission obtint un succès eomplet. Apres quelques conierences ils conclurent ( 1 2 novembre), devant Cwrcs, une convention (2) dont les points priudpauv étaient, 1"que le comte d'Armagnac compterait k son ri vol cent mille livres, et qua ce priât la garnison de Cau^res sortirait de la place avec armes et bagages; 2" que les otages donnés pour le payement de celte somme ne seraient point chargés de chaînes ou jetés en prison, mais conduits eu lieu sûr et traités honorablement; 3* que les diiVérends des trois m;iisons seraient ^umis a
(!) IkHTi Viificue, paure 3r,n. — (i> tdrm, trnn * Prruv . p 33iï
Tartes 0>^ ^weuse.i^«*^ ,oT>ar ancïn»^"
«avue s^V*^ .^nn l.eclucs:f \rtiaud ^*^7 .
«^^^'""'1. PaTdiac , mena«A de ^^^^^^^^^
gneur de (tioiîfU Bei ii.ird dt* Rivièi^* sénéchal d'ArntigniiCi Céniud dcJauliti seigneur de Villeiieuve, chevaliers , Miiurin de Biraii , damob^a» , sci|ij[iicur de i^jnéguv, el Pierre Bajle licencie en d mil, chancelier rJean II, représenlaiit le cotnle d'Arraagnac, etGnUkrd de Benquei, Bertrand de Léglise , Guillaume de M*iticiU, Geraud Je Sariac ei Bernard d'Orbessan . m^ittdatâires de la coiutesse de Commiuges. Il leur fil retiouveler sur la croix et sur tes saines évangiles le germent de se ï^oumettre â la sentence qu'il pronon* ctrait. Le 3 février suivant , le duc s'asseyant sur le même tn bu liai eu présence de toutes les parties ei de i|uelques prélats . d'une foule de barons qui rem pi isolent hi salle et d'une multitude immense de peuple i|tit assiégeait les abords du palais, rendit enfin la fente n ce basée su ries conventions de Gazé res. Il donna [>our sanction à son jugement le mariage de Héali'i\ avec le jeune Gaston , et ordonn.i que lolBervalion de ce jugement lut jurée sur-le-champ, d'un oilé par le* deux Gaston s, par les comtes d'Astarac et de Tlsle-Iourdoin, pr le vicomte de Couserans, et par ItîS deux bâtards de Béarn , Arnaud Guilhem et Pierre» et de Pautre jmr le sire d'Albrel , le comte de Pardiac, les îtjres de Labarthe et de Castelper et tous les i^ommi;^- «aires; ce qui fut exécuté sur-le-champ. II devait élrr renouvelé plus mlennetlement ailleurs.
Le duc, se levant aussitôt de son tribunal, s'achcmipii fê h c^'ilhédrale au milieu d'un concours immense. L*ëvéfjue de Lodève officia, et pendant le saint sacrifice, le prélal pn^senui le saint des saints à toutes les pirlics quj, lei ^enou\ a leri^ et les mains levées vers le Dieu vengeur de la foi meniie , sVn gagèrent avec joie a
maintenir Farrét. Le patriarche d'Alexandrie et les évéquesdeSt-Brieux, de Lescar, de Tarbes, entouraient Tautel et ajoutaient par leur présence à la gravité de rengagement.
Ces serments réitérés attestent qu on craignait de ne jamais lier assez les deux familles rivales et leur arracher les armes des mains. En efiet, malgré toutes ces précautions, la confirmationdu traité se fit attendre. On éleva de part et d'autre des difficultés nouvelles: la conclusion se traîna ainsi deux ans entiers ; mais enfin Jean II donna procuration à Jean soigneur de Magnant, à Sans de Sariac prieur de Madiran et à Maurin de Biran seigneur de Roquefort, et promit de faire ratifier ces pouvoirs par Jean son fils et Marguerite de Com* minges sa belle-fille. Les trois procureurs se rendirent il Orthez et convinrent avec Gaston et son fils qu ils jureraient ensemble les articles suivants : i"" que le mariage de Béatrix serait conclu et que sur les cinquante mille francs promis on en prendrait dix mille {)Our les ajustements ou joyaux ; 2^ que les prisonniers seraient mis en liberté de part et d'autre ; 3*" que le comte de Foix se rendrait la veille des Rameaux dans la ville d'Aire, et le comte d'Armagnac dans la ville de Barcelonne, situées à quelques pas Tune de l'autre, et que là se feraient la ratification définitive de cette laborieuse convention et l'échange des prisonniers.
Les deux comtes et leurs enfants furent fidèles au rendez -vous. Le dimanche des Rameaux au milieu d'un concours plus grand encore que le premier , ils se réunirent dans une vaste place choisie à moitié distance des deux villes et sur laquelle s'élevait une maison de planches. Un autel y avait été dressé. L'évé-
ASCOÇfKE. 455
(|iie iJe Lectourc chauta la tuesse, et quand le saïni- Sjtcrilice lûuuha à sa Un ^ le célébrant élevii l'hotslie et Ic^ deux coQiies jurèrent, leurs mains droites sur le cort^s du Dieu trois fois saint, que désormais ils tiendraient^ observeraientetaccomplinnent toaiesetcliacutics d es ela uses oonten ues d a ns la p recède n te eon v en tiou , qu^ils ne feraient ni ne tenteraient de faire rien qui y lût contraire, et que dans le cas oii ils y nianqueraicnl ils voulaient avoir renie Dieu, se vouaient à la damualiou de leurs corps ei de leurs ànics, prenaient le dialile pour seigneur et choisissaient leur sépulture dans Tenfêr. A ces mots ^ ils partagèrent riiostie consacrée qui avait reçu leur serment et que leur présenta révêque. AprL% les pères ^ les deux jeunes comtes leurs ûls prêtèrent un serment semblable et furent communies avec la même hostie partagée en deux. Béguier dcGallard, tuteur de la jeune comtesse de Conuninges, fiancée au fîls du comte d'Armagnac, s'engagea sous la garantie
les mêmes imprécations au nom de sa pupille. Philippe, palriarehe de Jérusalem, administrateur perpétuel du siège d'Auch^ assistait a cette cérémonie avec les noblci*
t puissants seigneurs Jean de Labarlhe seigneur d^Aure, Âjssius de Montesquiou seigneur de Radian (*J, Odon de Montant seigneur de Gramonl » Manaud de Ikirbazan, Bernard de Rivière sénéchal d*Armagiiac , Arnaud d*Arbieu (**) sénéchal de Lomagnc, Guilhem de Cieutat, Arnaud Guilhem et Pierre de Béarn^ Bernard de Villemur , Peyrotct d'Ornezan , Raymond de l#a-
(•) Le comte â\^Tm!i^mt venait âc donner h sé^nimrk du Bajcîio [à A|»ltisde MoTiicfqulou, m réscmnt rbottunagi* el Je Httmni di [ HdÉltté. (ColL Doail
*'J U foiiiUlc ti'Arbfcu « émné mu rmm lu tiilape de Ca»teluiii ( Ûc i'Ieuraïice.
456 BISTOIRE
kune, Arnaud Guilhem de Mauléou , Cointebon d' Antin , Espagnole! du Lyon , Raymond de Miramont, Pierre Dugros , Arnaud de Lavedan , Ménéduc de Pausadé, AimerigotdeG>mminges, Bernard, bâtard de Comminges, Maupot du Lin et quelques autres seigneurs de Foix, de Béarn, d^Armagnac et de Comminges. Ainsi fut terminée cette querelle qui avait divisé les maisons de Foix et d'Armagnac pendant quatrevingt-neuf ans et amené entr'elles des combats presque continuels.
Béatrix, le gage de cette paix, laissait déjà presseatir 1 éclatante beauté qui devait la rendre célèbre , et elle rehaussait ses charmes par un caractère vif et enjoué. On ne Tappelaitque la gaie Armagnagaise. Le contrat de mariage fut passé le lendemain ( 4 avril i 3 79). Le souverain-pontife s'était empressé d envoyer les dispenses nécessaires. L'évêque de Lectoure célébra ce jour-li même les fiançailles dans le château de Manciet.
Le jeune Gaston , tenant d'une main Tévéque de Lectoure et de Tautre Béatrix, déclara la prendre pour épouse, et Béatrix déclara prendre Gaston pour épotfl. Us confirmèrent aussitôt leur engagement par un baiser L'évéque de Lescar et Sans du Céris prieur de Maidi* ran , procureur du comte, requirent aussitôt uuIflKle notarié de tout ce qui s'était pssé. Cet acte fut dressé (4) en présence de Pierre de Na vailles , Jean vicomte d'Orthe , Louis d'Engay et Arnaud de Busca désignés pour servir de témoins jiar Gaston Phœbus , et devant Jean d'Armagnac , frère de Béatrix, Bernaixl abbé de Siniorre, Jean de Labarthe, Aymeric de Gallard, chevaliers, Arnaud d'Armau séncchul de Lomagne, et Ber-
•i;Coll. Doat,tom. 36.
DE tk GASCXKîWE. 453
lard Du pi al lit^neit^ L'ti droit, nonmies par le comte rrArmiigiiaï\ Bcaln>; ap[K>rtniiiilii oiaisondt* Fûjx. vingl mille livre* de dot.
Les iiô<:e.^ eurent lieuqueltpiesiouiii plus lf»rd, muis II* tii;inage rie fut janiâÏ!) consommé , le plus âge des deux i*potix n'ayant nlors que oiiïp ou douse ans» Le riel ne Wnit point leor union. Ou eut dit «ju ils avnieni 6{e marques Vun et Tautre eonimc deu\ vtctiuies df^tinées k oîi[»ier le siing vers*? pîir les haines mutuel le« de leurs aieux, (jaston périra bientôt sous le stjlet de s*>n père nu fond d%m cachot, et lu gaie Armagnaf^aise plus innlheureu?* encore, ira promener ses intbriuiies au delà des Al|>e5i et djercher une mort presqu\iussi ir.ifîiqtie sous un riel ei ranger Ce mariage avait éu^ précède de celui de Jean Fn^re de Béàlrix, qui avait accompat;nc sa so^ur ii Bnreelouue et h Manciel. 11 s*uuJt Marguente de Cotnnij nges. Jeanne ^ mère et lulriee le Mar^uerile, a%aitd'ahord promis f^) de donner sa Ile a rJernard , second fils du comte d^Armagnac, et émit engtgeeà f;iii^ ratifier cette prome&se par doti%e inrons ou geutibhcimrues et par douze cousid* des villes principales de son aunlé. Elle voulait recounalire «ûnsi u«u senlerueru les services qu elle avait recuit de Jean d\\rnia^nac , mais encore les sommes qu'il iiviiii dépensées jwur la souteuir et qui s'élevaient a plus de 9X cent mille francs dVm Mais bientôt otililrnnt »es pmmesses et s<hi âge et foulnnt aux pieds les lois de la
•reci3unais^in4'ç, elle projeta d*épiuser elle-même Charlesde- Mauvais et de marier Si* fille au princede IVa%ariT' fils de Clharles. Ce projet* ayant transpiré , «ututeva le^
î^'Mi* tiitl. cl tiji^uin iiiiii. fir^mils Ortki<ïrs de U Clouroanr.
l'Art de* **.iffit*r (ri. Dalc*, Iftnm VnissfUr
seigneurs du pays. Ib s'assemblèrent sous la présidence d' Aymeric Roger et de Bernard de Comminges parents de la jeune pupille et craignant que leur mal tresse ne précipitât un dénoùment quHls redoutaient , ils établirent une garde sure autour de la ville de Muret que Jeanne habitait avec sa fille. En même temps ils firent prévenir le comte d^ Armagnac. Seulement à la place de Bernard, ils lui demandèrent Jean son fils aîné ; parce que le voyant plus âgé ils le jugèrent plus propre à goavemer le Comminges.
Le comte accourut en toute hâte, suivi de son fils, et escorté de forces imposantes sous prétexte que les courses de la garnison de Lourdes commandaient cette précaution. Il envoya sommer Jeanne de tenir sa promesse. Celle-ci, accusant sans doute le comte d'Armagnac d'avoir soulevé contr'elle les seigneurs du Comminges ou de les avoir encouragés, se refusa hautement à passer outre , et pour mieux braver le comte et lai témoigner toute la haine qu'elle lui avait vouée, elle protesta qu'elle livrerait plutôt à ses ennemis la moitié du comté ou même qu'elle aimerait mieux mourir avec ses deux filles. Le comte d'Armagnac s'étonna ou fdgnit de s'étonner d'une réponse aussi violente. Les seigneurs du Comminges s'en montrèrent souverainement irrités et conjurèrent le comte de terminer un mariage arrêté depuis longtemps. Jean répondit qu'il n'userait jamais de force ; mais que si l'on conduisait Marguerite à son fils , il consentirait au mariage qu'ils sollicitaient. En même temps il se retira dans le couvent des Cordeliers. Les seigneurs coururent aussitôt chercher Marguerite. Celle-ci, moins prévenue que sa mère contre la maison d'Armagnac, se prêta de bonne
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griee k ce que désiraient les vassâust et se rendit de sou gr^ et ians aucune violence dans Teglise du couvent où le tnaridge fut bf*ni aux applaudissemenU des seigneurs et des députes des viU<^ qui rccounuretit le jeune comte jtour leur maître.
Ouirée de cette union qu elle abhorrait ^ Jeanne se répandit en menaces. Le vieux comte, comprenant qu il étiiitde âon intérêt de sussurer de sm personne et pousse d'ailleurs par les seigneurs du Comminges qui craignaient que les violences de celte mère irritée n'amenassent la ruine de leur pays, lui Ot proposer de suivre sa lille et son gendre sur les terres d'Armagnac, et sur un refus que tout faisait prévoir, il la fit enlever et la fit conduire nu chAteau d'Âuvillars où il Tcntoura d'une lociété de gens notables, mais dévoués aux Intérêts de son fils, il la transféra ensuite au château de Lectoureur la iransptjrter, tlîsait-il, dans un séjour plus agréa- [e, mais d^ins la réalite pour pouvoir oiieu:ii suneiUer intrigues.
Jadis , les comtes d'Acma^nac , comme presque tous les seigneurs puissants, plaçaient Icnrs actes sons U sauve-garde de leur é[>ée. Mais la royauté avait grandi ta Fmnee, et toute violence avait besoin de son pir- ^mIoii. Le comte d'Armagnac, craignant d'être inqui(ké« ^Kréscdui de prévenir se^eniiemis. Ils adressa auducd'Ati» ^■oo* Le duc ne pouvait blâmer un acte qui mettait de ^^ vastes domaines dans des mains dévouées k la France. I octroya ( 1 ) au comte d'Armagnac des lettres de réisfioQ pour renlèvement et pour le mariage « mais [uerite était bien leune encore* d lui donna
son
fi) Pofii Vaif»eii<'» piff 302.
4i| ^. -i^miÊÊmiM
fiour luteur, à la soUtciUûoii de la tiobtûsse et des tx>itf" munes du CommiDges et sans doule nussi à riiispirHtioti du tX)£nLe d^Ârmag^ufic eldeson Bls^ Beguier de Gatlard chevalier de la Lomagnc Le duc d'Anjou^ après avoir approuve le mariage du fils, voulut aidera payer la dût ^ de la fille. Il ordooua en conséquence à son receveur général du Languedoc ( 4 mars ^377 ) de compter nu comte d'Armagnac quarante- trois mdle francs d'or.
Il n'était pas rare a cette époque de voir les membres d'une même famille suivre des drapeaux opposés. Pendant que Beguier de Gallard recevait la récompense de son dévouement à ses maîtres, Pierre de Gallard (i) son frère ou son eousin, conduisait des bandes anglaises ei prenait des places sur les Français. La garnison di* Lourdes surtout se rendait redoutable. Profitant d'un moment où le pays était dégarni de troupes , elle s'élanca à travers le Bigorre, franchi tf Armagnac, ets^abat- Ut sur la ville de Valence [2) qu'elle prit et pilla. Déjà les vaiuqueui's allaient la livrer aux flammes, lorsque
en s'engageantÀlenr livrer une forte rançon dont ils comptèrent la plus grande partie. Douze cent livres restaient encore dues. Pour garantie du paiement il fallut livrer Géraud de Verduzan et quelques autres seigneurs qui furent conduits à< Lourdes et jetés dans la prison commune. Le comte d'Armagnac désirant hâter leur délivriince , engagea Amauieu d'Aniras, Arnaud Guilhem de Monlezun, seigneur de Meilhan et Arnaud de Lâsseran , seigneur de Mansencomme, a prêter la somme qui leur fut cautionnée par Jean Dupuy et Guillaume Dansos, syndics de la ville, assistés des consuls
(1) Dom Vaisselle, page 362. —(2) Coll. l>oal, lom. 36.
DE LA GASCOGME. 461
Pons d^Âstarac, Jean de Labannon et Arnaud de Lagay (février 1378).
Mais tous les bruits des combats furent quelque temps étouffés par un événement bien autrement grave pour la chrétienté que ces courses armées , que des dissensions sans cesse renaissantes entre des seigneurs remuants ou même que la grande lutte entre la France et TAngleterre.
NOTE (»», j^f^ 40.
Le comté de Big^iMrre étant îlails lâ main du roi, il voulut être informé de l'état do pays. À cet efîcl , il danna cotnmission an sénéckal de Tottlonae ponr faire une enquêta! sur la ir^lenr des fieb etàxpère-fiefi. Le sénéchal deToabuie snbdélégna Jean Fronton , procorenr du roi eu Agenoi^ Ce subdélégnél^pela le procorenr dn roi en la &eii€cU.iut»éc de Tooloose et le procorenr de l'église du Puy, Il prit aosst Tavis du sénéchal de Btgotte et de dem nouilei pmd'bommes dn pays, par lènrs Ijamière;» et leurs instruc* ' tîôns. Ilrérifia les droits dn comté snr les anciens r^les^ et afin qne cet examen s'en fit â^ec pins de netteté, cette enquête partagea la proyinceen bailltes, ou vigueries, sayoir i celles de Tarbes, de Bagnères, de Maurezin, Goudon, Layedan, Bariges et Vit.
La viguerie de Tarbes comprenait les lieux d'Odes, Aiereis, Juillan, Montgaillard, Adé et Orleix. Le revenu était de quatre cents livres morlanes.
Celle de Bagnères consistait dans les lieux de Pouzas, Baudéan, Ordizan, Ciutat, Pomaroux, Trebons, Labassère et Campan. Son revenu , outre la juridiction, était de soixante-quinze livres morlanes.
Mauvezin s'étendait sur le cbâteau et lieux de Capbera, {de capite brevi^ de tête courte,) Bourg, Espieilh et Chelles, donnant de revenu avec la juridiction quatre-vingt-cinq livres morlanes.
Lavedan et ses vallées, trente-cinq livres morlanes.
Gondoo rapportait dji^oeui Livres dii soU mor Uiu. Vicâvec&â jaridîctian don oâ il trois eentilWrésaiartjiiet itc Ttnîtj de sorte que le revenu total du comté allait à la ^^mme de neaf ceot quatorte livres dix M>h morlaits ^ c'est* ^-dire trois foi& autaiil en livres tourooises ; sur t|tiot on payait lf$ ehltelains. Pour celui de Mauveiin cent livn:^, |iotjrcelyi deCampan, dt^ui sols par jour. On pay;iit »ept &ûli kuil df fiirrs pour le ekàteàu de 5^*^Mdric-de-Bareççs^ «lui était obligé d'e5trcteiitrt|uatre soldats. On payait ;iu tant I àcflii& de Bida)o§. Noos avons déjà dît ijue le chlieati de Lourdes <3ppartenaît au roi Philtppe4e-Rel, comme dépendant do royatiise de N.iTurre, avenu a la reine Jranne Min épouse, par la mort du roi Tliibaut son oncle^ a ipii le comte deLeicester T avait cédé Ce cttâtciu était gardé par une bonne garnisoti , dont les gages se payaient à la re^ celte de Toulouse.
La même çnr|iiéte dil que la bautepstice appariepait an , comte dans tous les lieux , Dtème dans les terres des barons ^ avec !e droit d*arméc, cbcvanebéc et amendes, «jui eicedent citM| sols mort as. Elle eicepit? pourtant le Heu de ^I^Scver de Ku3l4n ou rafabé jouissait de la moitié des .imendes. et le lien deCainon, où révéi]ue avait la justice. Il y est fait mention de don^e barons nommés dans Tordre suivant sans qu'il sQitobserv£% dit M. de Marca, qu'ils dotveitt tenir entr'eUJt ce rang ni aucun autre €e savant auteur remarque aussi que les maisoni qui avateni dan» ce temps la dignité de baron me sont réduites à huit, et que leurs puînés s^nt compris entre les barons comme les a hi es. Ces douze barons tout t ArnanddeLaTedaOt Arnaud-Guillaume de Bar batan, Boscus de Benac^ Ka^^mond-Aymeric de 6ai;illac, Thibaut des Angles, Arnaud llaymond de Castelbajac, Pek|^rin de Lavedan^ Comlebon d'Anlin , Pierre d^Esp a rros, Bernard d*E*p.irros^ Pierre de Castelbajac » Bernard d'Asie. Le revenu de ces dùniç barons (ut évalué a cent quatre-vingt-cinq livres morUnes ^ et celui de qnatre*vingt-qniii£e gentils*
boraroes à douie cent vingt-trois livres. IL paraît que dix huit gentilsbommes relevaient des barons de Lavedan, d'Âsté, de Benac, de BaziHac et d'autres. Le revenn de ces arrière-fiefs est estimé quatre-vingt-dix livres dix sols morlans.
On déclare que la cité de Tarbes, séparée du Bourg par muraille et fossé, appartient à Tévêque de Tarbes avec les châteaux de Caixon et de Marseillan. On fait mention des abbés de St-Sever de Rustan , de St-Savin et de la Réole. On y omet celui de St-Pé, peut-être parce que le roi en possédait le bourg, comme dépendant du château de Lonrdes. Il y est fait mention du prieur de St-Lezé on Lizier, et du commandeur de Bordères et à*Oreillan.
Quoique le pays de Rivière-Basse eût été démembré depuis longtemps , comme nous Tavons vu, le commissaire voulut en prendre connaissance. En efTetf il était compris dans la même contestation que le reste ^u comté. On y évalua doncCastelnau, Maubourguet, Ladevéze, Sauveterre, Auriebat, Mazères , Yillefranqne , la moitié du bourg de Tasque, à trois cents livres morlanes. On y fait aussi mention de Tabbc de Tasque, du prieur de Madiran^ du vicomte de Rivière, seigneur de Labatut et de dix-neuf gentilshommes , savoir: Troncens, Ëstirac, Sombrun et autres. {Extrait de V Histoire manuscrite du Bigorre , par Tabbé Duco.)
NOTE 2s page 46.
Gaston Phœbus, arrière-petit-fils de ce Gaston compléta la législation du Béarn. Nous la ferons connaître dans le volume suivant quand nous aurons raconté la mort de Gaston Phœbus. A sa place , nous donnerons ici les modifications que subit l'architecture dans les deux siècles que parcourt ce volume. Nous devons ce nouvel aperçu à la même plume qui a tracé le premier.
PRlNCtPAlJX CVRACTtaES AECmTECTUNlQlTÉS UEn MOiVrJIIEliTS «ElillâlEtJm
ILIl' Siècle.
A pri>|)OS ili*5 {r rendes aicades que sujtputlcnt, danii îfb basiliques ^ les pilicis Je la mahrcsâc-nc-f, nous avants dit ^illeiUÂ 1^1] ijiie H la courbe csit quelquefois Jëgerement * brisée i la clef, mime dans les édifices des dernière!^ R antiL'es du %i^ ûhclti^ et que cette forme semble dfjh M tendre à Tare poii\tn j? , ^^^t-â-dire à ] ogive.
Ce dernier mot, qu'on écrivait û'nhnrà angirtlfiufffre^ dùgnienler^ d.tn le sens de fortifier, soutenir {^]], désigne ^ujt>urd*buj toute arcade qui forme un angle curviligne composé de denx arcs de cercle a rayon égal.
A partir de 1095, Togive, dont la véritable origine eit encore un problème (S], ne tarda pas a disputer au cintre romAn ou romain, k place qu'il avait si lon^^temps exclusivement occupée dans hs constructions civiles et relîl^icuscs. Et cette difTcrcncc capilfllc etaLlit un raracicre r&senticllemeni disiinctif entre rarchitectare nouvelle el celle qui f avait précédée.
Quoiqu'il en soîL de la véritable patrie et de Tépoque précise on elle aurait eommejicé a se répandre dans le* i-egions occidentales, il paraît incontestable que, dès la première luoilié du xi|p Mecle, Togive était en nm^c dans le »uJ de la France, si ce nVst par système arcbilectonique^ dn moins comme variété d'arcade. Mais il est tout an^si
(t) Tanie ii , page 474 na L'UistoimE && la G a se. (î) Rct rrgum munJi vc-urrabibs ilk t*ïilipt>u.s Citholica? Iltic!! rail dus ilefensnr et oqis,
Nicfiriii* lie- trajt, in Lwkïv. vin . f%, 9»a.
(3) M. il** Canmoni, ÀRcnïTRC Rlti« ehap vïiî. F^t B,iiî«îer, llisTocBE m: l'A HT MiiMn, |kip àm.
IN :mj
certain que T architecture romane, ou de l'époque latine^ en tant qu'elle serait caractérisée par le plein-cîntre, y a régné coucurremroent avec le nouveau style.
C'est principalement à partir de la première Croisade que la lutte est manifeste. Il serait trop long d'en rechercher ici les causes dans l'influence des idées orientales. Nous nous contenterons de la signaler comme un fait : la plupart de nos édifices de quelque importance, construits dé 1110 à 1200, présentent invariablement le mélange des deux formes, jusqu'à ce que le triomphe est définitivement assuré à l'ogive. Or, ce développement progressif, d'abord assez peu sensible, mais soutenu , caractérise, en réalité, l'architecture du xii« siècle, que, pour cette raison, on est convenu d'appeler architecture de transition.
Du reste ce n'était pas seulement l'art de bâtir qui se transformait alors sous l'inspiration des idées religieuses , non moins que par l'étude et l'application des sciences abstraites. Les écoles monastiques avaient déjà formé , en divers genres, des maîtres habiles (1): une vigoureuse impulsion était donnée à tous les arts qui peuvent contribuer à l'ornement des temples ; les peintres, les mosaïstes, les orfèvres , les sculpteurs , etc. , etc. , exécutaient , de toutes parts, des travaux dont l'élégance, la délicatesse, la correction et la variété dans le dessin étaiei|t , de jour en jour, plus admirables.
Forme GÉNÉRALE des Églises. — Le xn^ siècle n'opéra aucune modification importante dans la disposition générale des édifices religieux. Presque tous les nouveaux plans furent calqués sur ceux que la période romane, ou romanobysantine avait adoptés dans le siècle qui précède. Toutefois la forme ronde des coupoles bysantines, que Charlemagne avait préférée pour le célèbre oratoire impérial qni changea le nom de l'antique Aquisgranum en celui d'Aixla-Chapelle, trouva quelques imitateurs. Ils furent encore plus nombreux lorsque les pérégrinations orientales eurent
(I) L'Art et les Moines, par M. le comte de Uontalembert.
DE LA G/LSCOÛTfE. 467
[appris aux OccidciiUuiç que le magnilicjue tcitiple du Sainl^pulcre de Jérusalem était également construit sur
^ un plan circulaire.
Du reste, «quoique la rotonde du Saint-Scpulcre ait euvimn 90 mettes de circonrcrertCG, elle n^esl pourtant cllcm^Ric qu'une partie latérale de l'immeuse Croix ijue formait la grande église dn Calvaire. Dans sa totalité » ce riche monument delà piété de Saiutc-HélènCj dévasté une première fois par les Perses en 614, plu,s tard par les Turcs 4^11 1009, et réédîrié quelque temps aprb^ camprcnait (1} l'endroit où J.*C. fut crucifié , celui où ta Croii fut dressée^ le roclicr fendu au moment de sa mort ; le sépulcre enfin et le lieu où il apparut ^ après sa résurrection , h Sainte Mai^fleleine. Or, n'est-il pas facile de comprendre comment IVnthousiasme des Croisés pour les lieuï smpi ts dut les porter
■Là reproduire en Occident les dispositions générales de i Sainti'Croix de Jérusalem? Et ne pourrait-on pas même eiptiquer^ par la , la forme de croii plus ou moins orien-
»lale ^ adoptée dans quelques édifices du iii^ siècle, même dans notre Gascogne? — Généralement une coupole ouverte à rintérieur de Tédificc , est arrondie sur pendentifs, ou à liuk pans comme à Simorre, au-dessus du carré dlntersectton que forment les deui aie» ; et rédilice est sans collatéraux (S),
I, Lr Ciiccur.— m Vers la fin du siècle précédent , et u surtout dans le xii<^, on introduisit, ou du moins on propagea nue modift cation importante à Fancienne dispo- Éîtiou intérieure des basiliques, par le prolon{<ement des » has-côlés au delà du transsept. Le choeur s'étendit insen- « itblement de IVst à l'ouest. U finit même par se détacher 1» entièrement du sanctuaire primitif ou de Tabsidc , de
(1) PiLBiiHAOB A Jkkdsaliii , pir J, M. dcGèrirnî}^ Lmre
(S} Les butt petites ouvcrturei qui êclâîrenl la coupole ocloi^e de SîmOTre (Gfr*) ioul en forme de mttre . a^ec un trèf putît jour tfïlôbé.
» manière à occuper environ le tiers de la longueur totale, n et à former comme une espèce de petite église, dans une n autre plus grande » (1). Ce prolongement semi-elliptique des collatéraux fut appelé le déambulatoire. Presque toujours il fut bordé de chapelles.
II. Appabeil. — On employait ordinairement le même appaieil qu*au xi« siècle. Le moyen semble pourtant avoir eu, en divers lieux, la préférence.
III. Ornements. — Les moulures tintes, plus ou moins saillantes sur le nu des murailles, sont, dans le xii« sièéle, les mêmes qu'au xi«. Le tore continue d'être leur élément
'presque invariable. Seulement Texécution matérielle est plus soignée, et le dessin mieux entendu. Les corniches, le front des tailloirs , les bandeaux des arcades , sont anssi plus surchargés de polygones en damier, de têtes de clous, de pointes, de diamants, d'oves , de perles grandes et petites, de besan:» , etc. etc. — Quant aux moulures ornées de sculptures en creux ou en relief, elles se multiplieiit avec une incroyable^ variété , même sur les supports et autres parties de construction, qui, jusque là, restaient ordinairement lisses. Nous citerons les imbrications, les galons perlés, les bandelettes rehaussées de trèfles, de violettes, d'étoiles, de croisettes , de fleurons et de quatrefeuilles; les dentelles et diverses ciselures imitant le tissa des étoâes orientales ; plusieurs autres dessins à découpures élégantes , difficiles à décrire , mais que l'observation aide bien vite à reconnaître. Enfin les fleurs que les Croisés avaient cueillies en Orient s'unissent aux produits du sol natal, pour composer de gracieuses guirlandes, des rinceaux et des enroulements à volutes végétales, le tout plus habilement fouillé qu'aux époques antérieures.
Jusqu'au xii^ siècle les essais, encore assez rare», en statues et bas-reliefs, avaient eu peu de correction, surtout comparativement au fini de certaines moulures ornée».
(1; HkSTOiRE Archéologiovk de Sainte-Marie d'Aucli.
1>E LA GASCOGNE. i(>tJ
occidenUuM , en rcvcilUnl te goût dç l.i stâtuaiiti Aut tra<]ittOfi& de l'art ântiqQc, déjà bii^n môdîfiiiei au mn dei» €dC«i:Qinbci (1), Tart religieux avaii siibailué les iosfiirjitioof fie U pensée chrétienne. Et le^ nouveau se sujets ay^nt reçti^ dans rOrient^ une sorte île consccralion ^ rOccideiit le* adopte, et reproduit presque partout les Oj^fnes types, dans les scènes que Tbistoire et la synibolic|ue avaient 11- %Tc*cs âu choix de Fartistc, sons la direciian des règles éta* blje& en 787^ ^^ second Concile de Nicée ('2).
IV, Gi«ïTai*FOBTs. — Les C4Dntre-forlâ , k peu près le* tncmcs ^uaiit a la forrac^ prennent plus de saillie, a proporfif*n tjiïc les voûtes^ , dont ils coutrebalanccnl la pouAtée, deTienucnt plus impartantes. Peut-être le syslème des arcades en quart de ctrck Ji^^^ue là réservées aux coUaté^ rani, donne-t'il naissance aux arcs-bùuians, vcn la fin du xti^ siècle^ par son application à rextcrîcur de rèdifice Qtioi{|u'il en soit, ces arcs rampa nls, d'abord fort lourds, prirent leur point d*appui snr le flanc des hauts^murs
;oDUcraux, cl au-de^sys des contre- for ts<p tout autour de k Altres«e-voûte.
V. CoBiEAiJîî. ' — Les corbeAuHL sont encore les nicme&. Mais de petites arcalures a¥eugles les séparent plus ordinairemeat dej corniches qu'ils supportent; ft ccHe»*ci semblent prendre un peu plus de caraclcre antique.
\\. Plliebs. — Les piliers sont moins lourds et plus gu* ncralcineut oiintonnés de colonnes. Celles-ci devienncnl plus élégantes et plussveltes. Elles ont parrois le fàt anaelé^ rebaussé de sculptures disposées en spirale, en ïig^ïag^ 0u de tout autre façon. Leur base e$l à peu près atlique ; mais le tore inférieur tend à s'applatir; et nu appendice en Ibrine degriOe, de feuille, de fruit, de globe, etc. ecc , me rattache quelquefois aux angles du socle ou de la plinthe.
(I) RoVA «iîBTKMA?fli£A de Doflo et Arioftii , t vol In M, ri) I*. Liihbp. Conc, lom vit,—» Aclîo ¥l. Nie ii
470 aiaroiRE
Vn. Ompiteaux. — Les efaapiieàni sont à pea piit les mêmes; si ce n'eit^e dânslenrf^ll^entMiflfeèt^' recourbé, îlyesoaTeDtiiiie tmitatiàil phis sttitbiiiMle^i' la corbeille coriothièDae ; on bien qne dans leilié bài^' relieb on paraît donner géuÀralement la prâKrepot attlÉ scènes des deux Testaitaents.
VIII. Akcades. ^ Les arcades présentent àS&ui^ife^ ment mélange d'ogÎTe et de plein-^nttû , dans le wikm* édifice. Tontefoif TogiTe a la préférence- partônto&'kt' at'cadei doivent prendre nn grand déretoppeqwiity eKMiii aiix voûtes, à l'intir-trainsept et dans les comnfniiiéirtiéÉa entre les nefi^ undis qne lé plein-^nti« conron of^les'pérM^' ^ les fenêtres et les addilloitts, etc.^ etc. L^appltcattlNi Ai ce principe est de là ierni^e rigiienr dansia peihttH tique constmite par lès Bernardins de Raran (11,^ les premièl^ années de ifi seconde moitié in^Kfi^^Ském Elle est encore en assez boa état de eoiuervaliëii , ltei> qne le cloître, grâce aux bons soins de Bl. LaireiiLr^^^^^/fH^ \ IX. Portes. — Les portes nous ofCrent nÊ^ êiÊfé*^, sition et même forme , sànf les cas oà Ton préftre Jh^ti^ — Qaantàromementation, elle devient très-riditt, tniioit aux portes des façades principales. Les bas-reliefs, à scènes très -variées, tapissent les tympans. Les archivoltes et les voussures se couvrent de statuettes ; quelquefois on y trouve les signes du zodiaque et les sujets allégoriques correspondants aux quatre saisons. A l'entre-deux des colonnes, devenues plus nombreuses sur les parois latérales des portes, et jusqu'aux différents étages de la façade, les statues des rois, des reines, des prélats, des personnages historiques de r Ancien et du Nouveau Testament, des patrons et des bienfaiteurs de Téglise, étalent, dans leurs niches cintrées, de longues tuniques recouvertes d'une espèce de manteau, dont Touverture laisse voir de très-riches étoffes bordées de galons à rorientale. Or, ces dificrcnlcs figures, statues
't) Monr.stcrc fondé en 1151 , près de Valence, dép». du Gers.
DE LA GASCOCWE-
OU ba^-rdiels, à buslc raidc et allonge, dépourvu de mouvement^ rcpiaduts^nt toLiics lUmilalion d'u» tyjïc à peu près irnifonnc, non leuieiuenl par le co&lumc , mais encore dans la tournure , la pbpiouoTiite et l'ensemble des traits du visage*
X. Femètiîes. — Les fenêtres can servent les tnêmc!) caractères qu^au siècle piéccident , à tnoins qu'elles ii'empruiitcEil les formes ogivales. Dans ce dernier cas j elles sont encore archivoUées de moulures romanes, comme le^ fenêtres à plein-ci nlre. Sur les façades il n'est pas rare de rencontrer des feu 4* 1res géminées; et au-dessus de Pexlrados une roié s^'arroudil^ étalant ses gracieux comparlilaeatSj à forme encore un peu sévère, ou bien déjà rayonnante comme les pièces d*unc roue,
XI. Voûtes. — Les voûtes sont comme au siècle précédent, sauf les cas assez nombreux où le cijitrc cède sa place à Togivc , parce que les conditions de plus grande solidité tju'elle présente inspirent désormais plus de confiance aux arckiiecies.
XIL Glochkhs. — Enfin les clocbers sont» à peu do chose prèsi les mêmes qu^au ii^ siècle* Seulement la forme octogone est plus souvent tidoptée pour les étages qui dominent la tour. Sous les clochetons des angles, « lespenit dentifs résultant de ce passage du carré à l'octogone, lï sont ordinairement voûtés en plein-cinlre , et évidés « en forme de €ul^dc<focir , à ^intérieur de la pyra- » mide u (1),
Au %m*^ giècle, le triomphe de Togive était définitif. Le plein- cintre devenait toujours plus rare^ même dans les détiiib de rédifice religieux j et soo rôle n'était plu» que très-secondaire.
(!) M. dt Cflumonl, Arcu Helig., iiliap. vu, [laK- t71l.
ToutefoU, la nouvelle architecture emprunte, encore quelque temps, les sonrenirs de Tancien style. Elle n'acquiert guère avant Tannée 1250, l'élégance, la légèreté et les heureuses proportions qui donnent au style ogival de cette période, tant de supériorité sur les deux autres, que nous verrons lui succéder dans le courant du xiv* et du xv« siècles.
Forme des Églises. — La basilique garde les dispositions dont nous avons déjà parlé. — Elle est aussi qoel- ((iiefoib à deux tranrssepts, en forme de croix de Lorraine. Le chœur s'allonge encore davantage. Le chevet est ordinairement à pans coupés. La chapelle terminale, presque toujours dédiée à la Vierge, prend plus d'extension que toutes les autres ; surtout dans les cas on Tédiiice n'est point sons l'auguste patronage de Marie.
I. Cryptes. — A partir du xiii« siècle, on ne constrnit plus de cryptes sous le roud-point ou sous le chœur des édifices religieux. Depuis que les autels se multipliaient dans les églises, il semble que ces chapelles souterraines li'étaient plus nécessaires , du moins à titre de dépôt des saintes-reliques. Aussi les exceptions furent- elles désormais fort rares. D'ailleurs « Dieu ne veut plus, dit le Tilu- » rel, poëme de cette glorieuse époque. Dieu ne veut plus n que son cher peuple se rassemble d'une manière timide « et honteuse, dans des trous et des cavernes. (1).
II. Appareil. — Le petit appareil est délaissé. Le moffeu est peu en usage, et le grand n'est pas toujours bien régulier.
lïï. Ornements. — L'attention et les soins de détail ont, de préférence, pour objet les parties de l'édifice , où la pierre disparaît sous la prodigieuse variété de moulures et de sculptures de toute sorte, que le ciseau de l'artiste-étale à sa surface. A la plupart des ornements déjà connus (2), mais traités dans le cours du xni® siècle, avec
(1) Troisième chant.
(2) Les larges enroulements, les étoiles, les violettes, les perles, cl plusieurs de ces ornements à facettes dont nous avons parle ailleurs . sont abandonnés vers le milieu du xiii* siècle.
imc Hiie^se d'extituiiion intitfî particulière t viennent h'
inindrc les (Vu i Iles rtit.ihlées sur u« ou sur deux r,iTigs .
le^ pïn*ii*les à crosses vêgêliles ^ Ips itoi» eu couvrt;*cheJ\
doni lliiiLiniinieui en^t;iubk réalUe i:(uelf|U(^r(ib tous le&
gracieux délai U d^uri monument eomplet reproduit en
miniature. Ces dais sont les t:ourc>nneinents des innotnlirA-
hlrs itjciies une Li statuaire peuple de saints et de pcr^^ou-
iijgeï hÎ5toric|ues. Ce ne ^ont plus, coiuiue dans la première
moiiié dii %u^ îîiècle, ces statues raidef^ et îinniabile^f aU
longées en forme de i^aîne, et a phvsiouoniic uniforme. La
iMïupksse et le inouvemeni dans les poses, IV^preïiâioii plu^
varié* d^ins les figiircs dénotent le progrès de Fart Mais
ce (|ui frappe pcut-élre encore davantage, cVst rineroyable
proltisîon des has^reliei^ <fui animent certainet partieî^ de
l'imuicnse édifice, et spécialement les façades principales.
« On ue peut penser sans étonneinent au travail prodi-
■ gieux ^Uffuel se sont livrés lesseulpteurs de cette époque^
lorsqu'ikont entrepris de représenter de grands t^iUleAUi
uir It* portes des églises. On y voit quelijuelbi* le»
quAtre lins dernières de rhoiume i la mort, le jngeinent
dernier, le paradts, Tcnfer, dam une suite d'action*
dj¥erses d'une étonnante complication. Suivant Tusagcr
» qui régnait alors, 1,j plupart des autres tableanx en bas*
• rdief offrent des scènes empruntées de TAneien et dn
• Nouveau Testa loent. * (S).
IV, (k>NtiiK-rt>RTS. — I/ogivc , invmÀbleuieul apph
i|ljée , dan«» le xih^ siècle , ii la construelLon des là ri* es irnj^tcs, favorisa Icnr élancement. Pour ménager m Vinlérieur def formes encore plus sveltcs et plus déga|*ées , le»
■architectes rcjetereni entièrement les gr.indcs niasiti> de icdtdité en dchoi* de rédiûee : les contre -forts furent élfl^és par piles .1 rfssnul: ei , loutefoi», leur» furies dimensions furent babUcment dissimulées au mo^rn des ares- bouta ns^ îtuperpusés a double et triple ran|;, des rio
il*^ f:i»uiiioiilt ibid. chip. W, |*ftge 214*
chetons, des obélisques , des aiguilles, des statues, des habitacles à jour, etc. , etc., de maaière à former tout un nouveau système d'embellissement autour des églises ogivales. — A Simorre, les contre-forts qui buttent le& six angles du chevet et des croisillons (ils se terminent carrément] sont de forme quadrilatère. Une pyramide romane de quatre ou cinq pans les couronne au-dessus des combles. De petites ouvertures cintrées éclairent ces espèces de guettes, que Ton dirait disposées pour un temps de guerre ; surtout à la vue des créneaux sans nombre qui donnent à tous les murs du dôme et de la croix, sauf le pignon, une allure si menaçante.
y. Corbeaux. — Cette forme de consoles romanes avait disparu insensiblement vers la fin du xu® siècle. Les petites arcatures qui étaient venues les embellir, pendant la période de transition , restaient seules au-dessous des corniches, lorsque les dents de scie ou les feuilles entablées ne venaient pas les y remplacer. Les balustrades à jour couronnent aussi à l'extérieur Tentablement des murailles, tant du petit que du grand comble, et forment des galeries autour de Tédifice.
VI. Piliers. — Les formes anguleuses des supports disparaissent généralement , ou parce que le pilier s'arrondit entre les colonnes engagées , ou parce que les arêtes sont à peine sensibles entre les faisceaux de colonnettes qui se groupent autour du massif. Le socle seul est carré ou polygone, s*il n'affecte pas la forme générale du pilier. La base des colonnes n'éprouve guère de changements, que dans le profil de ses moulures. Toutefois, vers la fin du XIII® siècle, elle est moins élevée, plus ramassée sur ellemême, vu que la scotie se convertit en gorge profonde, et que les tores s'applatissent. — Entièrement affranchi des règles classiques, le fût, encore annelé de distance en distance, s'allonge, et ne connaît souvent d'autres limites que la hauteur même de Tédifice.
VII. Chapiteaux. — Le tailloir des chapiteaux , dans la période qui nous occupe , est presque toujours à pans
tioi
igotirpuscmciil pi'ofilës de moti lûtes lièâ-sailla rites La earbeillc, arrondie dattssoti porlour, esil trcs-^évasée &iir Je hatit , et décorée de feuilles à Lir^es découpures , épatiouïe^cl recourbées au moins sous le uitlolr, eu forme de ro§$es ou de çroehetf. Sur Jehas est un second ou troisième [fiifig de reuiJIes découpces et isolées, mais sans croebet. Vlil. Akcides. — Toulcs les arcades sont ogivales; el leurs proportions sont parfois calculées, surtout aux fctiêtres, de telle façon que le sommet et les impostes coj netdent avec les angles d'un triangle éqni la IcraL C*cst ce([U*na j»pprlle plus spécialement l'ogive à Ittrë-point^
IX PoAT£s. — La liaic a reLitivcmçnt plus de largeur
Iaiiii portes principales. Si rÉgliscest peu ornée, les voussures sont garnies simplement de lores, sans sculptures^ et les parois latérales de colonnes sans statues. Mais il en est bien autrement des portes i|tii lorment un de^ plus riches ornements des basiltcfiies importantes. Avec les signes du zodiatpie sculptés dans des compartiments carrés ou tréllés (l), les biis-relicfs à scènes bisloriques , «t les9t;ilUL's de toute grandeur, les colonnes « les monlures ornéei* ttc, eie., abondent non seulemeni aux porches on péristyles, et aux façades triuîtaires derouest^ mais encore aux deux entrées du nord f!t du raidi. Toujours l'ouverture principale est divisée en deux baies par un trumeau contre ^ lequel esl appliquée la statue de Marie portant Jésus dans B ses bras; ou celle dn Clirist avec le ^lobe du monde el le livre des Évangiles; ou bien encore celle du saint personnage auquel est dédie le monument. Si un galbe surmonte [le piirtail, le sommet va se relier iui meneaux rayonnants
(t)Au portail centrât de h f«çâde trinitaire qui décore rinciennc
Fcatbédriile île Baïas (123âJ « les signes ci les sujets corntpGndanît
fiioi nicbés dans les voussures, en ire console cl dais, — Voir, jKiur ces
fl4^Uîl« jiîn^i qiie piUf hi scén*'*, sculptées «iu t vmpÀii , ilr la ri?*tir-
^ r«rf iûfi ffénéfaic , du ph^tnênt dfs âmes . i-t dv h tcntem^e du
I Snu 1 er i*î n | u ^e, 1 1 ni* d i !^ser la t ru n l*i ri rema rt | ua IïU* iJ p M . T u a ii L es
tus .Miif>ri!k4, iTiijirimée a €»cn. thct A. llanniL, 1810.
d*une splendide rose ; tandis que les rampants décorés de crochets, Tont se perdre un peu pins bas, dans la direction des moulures saillantes qui ceignent la façade.
X. Feiiêtbbs. — Au xiii« siècle , les fenêtres sont généralement étroites et allongées , en forme de lancêtiei. On les trouve quelquefois archivoltées d*un simple cordon à dents de scie, ou d'un léger zig-zag. Plus souvent elles ont des voussures toriques à petites gorges , soutenues par de svcltes colonnettes , appliquées sur les parois, lorsque les tores ne descendent pas eux-mêmes, au-dessous des chapiteaux, jusqu'à la naissance de l'ouverture. Si le monument est assez considérable , Tarcade des fenêtres s'agrandit; un œil de bœuf uni, ou bien un trèfle, on encore une petite rose, à quatre ou six lobes arrondis, décorent le tympan; et plus bas, deux lancettes géminées, ou bien quatre petites, encadrées dans deux plus grandes, se partagent l'ouverture.
XL Kams. — Vers l'année 1200 , la grande rose des façades, qui d'abord était simplement découpée de contrelobes , se développe insensiblement , au moyen de nombreuses colonnettes disposées comme les rayons autour du moyeu des roues. De petites arcades à cintre ou tréflées correspondent au sommet des colonnettes. En général, plus les divisions sont multipliées et plus les meneaux sont grêles, moins les roses sont anciennes.
XII. Voûtes. — L'art de construire les voûtes avait atteint ce degré de perfection où la solidité et la hardiesse unies à la grâce semblaient ne devoir plus rien laisser à désirer. Désormais plus de voûtes en berceau; moins encore en fiêart de cercle. — Les arcs doubleaux et les nervures diagonales étaient d'abord construits en pierre d'appareil, et saillantes, avec fleuron ou rosace de petite dimension à la clef. Quand ce premier travail était consolidé pour une même travée, on établissait les quatre panneaux des lunettes triangulaires. Tout le poids seJtrouvait ainsi reporté sur les piliers , au moyen des arêtiers et des formerets combinés avec les arcs doubleaux; et la pression était contrebalancée
DE LA GASCOGUE, 477
ihins \a direction dei contre^fbrts et des arcs-iauipanuqui éfjinlihreni k Tcitérieur toute \à masse.
Les voftles du xjii*^ siède ont environ CM" , 20= d'épais* ^eiir; les pAnneann sont appareillés en petites pierres rectangiilairesraêlce&aTecLcaucoup de mortier. I^esmoulnres qui décorent lenrs arcades ne différent point , quant a la forme, dc! celle.'» qin composent les archivoltes des fenâires, de$ portes* etc., etc. De m tores séparés par un lar|;e (il et et un petit cavet , se détnclient de la plate-bande. Quelquefois !e handean central est remplacé par le tore à coupe légèreîîieût ogivale ou cordiforniet qui, plus tard, donnera naissance au tore à pointe mouMe tranchée d'un petit filet.
Ce tore, dont la coupe perpendiculaire h Taxe, tient d'jihord du plein^cintre ^ et ensuite des formes ogivales ^ se modifie en effet à proportion qne Togive prédomine, pour «e traîiifovmer, plus tard» en moulure complètement pristnatîqut*.
XIII Clochebs, — Le sui^ siècle ne change rien inVempi .1 cernent des clochers, ni à l.i forme générale des étage» qui dorainenl la lour. Seulement le génie des architectes pai-vient à èleter à une bautcur toujours plus considérahle ces pyramides aériennes , qui donnrn! tant de charme et de mouvement aux édiiices religieux de la période dgivale. Objet d'étonnemeut pour les siècles qui les ont Ttis naître, ces prodigieux monuments, dit encore ici M de Canmont, feront Fadmiratton de tous ceuit qui seroni témoins de leur durée.
XrV, Tombeaux. — A toutes les époques , un pelil nombre de lorabeaux, décorés avec plus ou moins d'art, restèrent exposés aux regards comme un souvenir du néant des choses de la terre, ou comme une leçon coutinuelte de vertu pour les vivants. Tlâ renfermaient les dépouilles mortelles de certains personnages plus m arquants, soit prir le rang qu^ils occupèrent dans le monde, soit par leur éminentr sainteté
478 RISTOIRE
Généralement ^ on les avait d'abord déposés dans les cryptes. Mais à partir du iiii« siècle, les nouyelles églises ne purent recevoir ces sarcophages apparenU qae dans les cloîtres, dans les porches ou dans les chapelles. Et même on ne tarda point d'introduire, pour les sépultures pins communes , l'usage des pierres tombales, nivelées avec le sol dans les trois nefs de l'édifice.
Dës-Iors, les anciens pavements changèrent partout de physionomie : les dessins funèbres et les inscriptions obituaires prirent la place si dignement occupée jusque là, par les mosaïques et par les dalles naturelles ou cuites , que les siècles précédents avaient peintes ou émaillées, pour relever l'éclat du Saint-Temple (1).
Quelques tombeaux plus remarquables furent isolés, dan;» presque toutes les églises, sous une arcade ménagée dans l'épaisseur des murs. Ces monumenU arquée^ à l'instar de ceux qu'on voit encore aux catacombes, mofuimenta arcuata (2) , sont décorés de colonnettes , d'archivoltes , d'arcatures , d'ornements en contre-courbe, d'armoiries, de pinacles appliqués, etc. , etc. , et généralement des diverses moulures propres au style de l'époque à laquelle ils appartiennent.
Mais, de toutes les décorations, les mieux soignées étaient, sans contredît, les statues des grands personnages, évéques, seigneurs, comtes ou abbés, couchées en guise de couvercle. Les jambes du défunt y étaient invariablement croisées, quand il avait été à la Croisade (3). Là dormaient encore du sommeil des justes « l'époux à côté de l'épouse,
(1) L^ancien pavé de la cathédrale de Rheims, eiéculé en 1090, Teprésentait, dans plusieurs cartouches , les prophètes, les apdlres, les évangélistes , les quatre saisons, les sept arts libéraux et les douze mois de Tannée. A Tournus c'étaient , entre autres choses^ les douze signes du zodiaque.
(2) Voir les MM. S. lyAgincourtet R. Rochcttc, passim, surles catacombes de Rome.
(3) RIoxam , Monumental Architbct. Sculpt. 141.
DE LA CASl^Or.WE* 479
Ici mains qucLquEfois entrelacées dans la mort comme elles ravaietit été dati^ U vie; ou bien la mère couchée jiti milicti de ses eofanU. Et cesitatues sî graves, si pieu* %c%^ SI touchantes^ étaient empreintes de toute la placidité du trépas chrétien (1). n De petits anges souteDaîent la léte<^ CQOtme s^its avaient recueilli le dernier soupir. Tandis (|ae d'autres messager» célestes s'envolaient du sommet de l'arcade, emportant l'âme dans les cieux, bOus la Agnre d'un tout petit enfant nu , terminé en forme de gaine. -~ Le vandalisme, a jamais déplorable de nos discordes civiles et religieuses, a profané, détruit ou du moins déplacé la plupart de ces monuments funéraire».
NOTE 3 , page $%
f.t$TE lïO COUTUMES DOKT KOUS AVOPtS TftÛUVE t* COïlCÈS-
SlO^r V\m LE miPUlTËMEIlT DU GERS.
Coutume:* de Rigucpcu donntTs le 1 1 m» i 1179 p.ir R. E e Montesquiou et Bernard de Sêran j co-seigncur de Riguepeu ; Génies île Montesquiou les conlirma dans le mois d'airril 1307 i — de iksolci données par Bernard et Assin de Besoles le 13 septembre 1317; — de Folastron données le IS aoÊit IÎ76 par Raymond de TIsle^Fesac de Polastron cl Assin de Montpexat i — de Mun données par Bertrand de Mun et Ausior son fils le 19 mars 1292; — de Segoucde ^ prrs Fontenilles, par Bernard de Fontenil- Ics le 6 décembre 1283; — de Garus données en 1^65 par Pilfoil de Leaumont; — de Monlasiruc par noble Bcrnadai de Monle^un , seigneur du lieu, 1287 ; — de Bcc- «âve données par Arnaud-Bernard de Beecave en 1277; — de ta ville dp Biron données par Gaston de G on la ut ,
(!) HtSTorm tut Ste. KtiMiETii , par M, Ir comte dt Montatcwbrrt. — (nîroduçîton.
baron de Biron , partant p6ur la Terre-Sainte , \% aoàt 1948 ;— de Terraube données en 1284 par Géraud, Gués, tien et Beraud de Gallard, auxquels le roi de France, par des lettres patentes datées de 1251, avait accordé la haate et basse justice de Terraube en récompense des services que les trois frères et leurs ancêtres avaient rendus à la couronne de France ; — du Bouauit.et St-Jean du Pin données par Gauttier et Barrau du Bouzet vers 1300; — de Marambat données par Arnaud de Podenas, seigneur du lien, 18 février 1310 ; — de Podenas données par Bertrand et Arnaud de Podenas en 58 articles, 31 août 1367 ; — deSt- Jean-Poutge données par Fortaner de Lupé le 3 février 1305;
— de Clermont-Soubiran données en 1262 par Arnaud de Durfort et Raymond Arnaud de Durfort ; -— de Bonas données par Raymond Bernard de Gelas le 29 décembre 1393;
— de Seran données par Arnaud de Persin et Bernard de Francs le 28 février 1278 ; -— de Miran données par Géraud et Amanieu de Verduzan 1282 ; — de Maubourguet données par Bernard VI, comte d'Armagnac, le 20 novembre 1309; — de Moncorneil, en Astarac, données par Garsie-Arnaud et Guillaume d'Aguin, co-seigneur du lieu, 3 novembre 1302 ; — de Lacastagncre données par Gaspard de risle-d'Arbechan, 16 mars 1436 , — de Goudrin données par Odet de Pardailhan 1316; — de Mauvezin données par Géraud , comte d'Armagnac et vicomte de Fezensaguet, 10 novembre 1275; — de Montfort données par Gaston second fils de Géraud le l®*" mai 1308 ; — de Lnpiac en 1160;— de Sérignac en 1253 ; — d'Aubiet données en 1286 par Bernard, comte d'Astarac ; — d'Aignan données ou plutôt renouvelées par Jean IV , comte d'Armagnac : Toriginal du premier périt dans l'incendie de la maison de ville où il était gardé ; — de Barran données, comme nous l'avons vu, en 1279 et renouvelées en 1332 par le comte Jean l^** et par l'archevêque Guillaume de Flavacourt , de nouveau en 1462 par le comte Jean FV, et ensuite par les archevêques François de Savoie , Jean de
OK LA GASCOGNE. i81
la Trénioiiillc , Philippe de Lévis , — de Beau mai chez données en 1^1 par Philippele-Bel ; — de Castelnau- Barharens données au commencement du xii<^ siècle par Bernard W, comte d'Astarac, et par Guillaume-Arnaud d'Esbarats on de Bats ( de Vallatis^) et renouvelées en 1348 par le comte Centnle et Seguine sa mère ;— de Fleurancc données par Philippe-le*Bel et renouvelées et étendues en 1314 par Charles-lc-Bel ; — de Lavardens données en 1300 par Jean I*"", comte d'Armagnac; — de Masseube, de Pavie et deMirande, 1292; — de Kéjaumont données lors de sa fondation et renouvelées par Charles frère de Louis XI ; — de Saramon données le 7 juin 1308 ; — de St-Sauvy données en 1274 par Martine, abbesse de Goujon , et Géraud V, comte d'Armagnac ; — de Seissan. Tan 1288 ; — de Simorre données le 5 mai 1268 par Bernard, abbé de Simorre ; — de Trie égarées dans Tincendic de la ville et renouvelées en 1465 ; — de Vie, égarées, mais étendues en 1379, 1384, 1450, 1457 et 1462 par les divers comtes d'Armagnac ; — de Rouillac données en 1264 par Odon , vicomte de Lomagne ; — de Saramon , de Tirent , de Mongausi et d'Aurimont données en 1344 par Mansip de Molan, abbé de Saramon, renouvelées et étendues par Pierre de Mendousse et Guillaume de Collongues deux de ses successeurs. Raymond de Lisle , prédécesseur de Mansip, avait appelé le roi Philippe-le-Bel en paréage de la justice de Labastide-Savcz en 1273 et en 1287 de la justice d'Aurimont ;— de Stc-Dode données par Rodolphe de Labrande , prieur de^Ste-Dode; — d'Avensac données vers 1320 par Bertrand de Faudouas, fondateur de ce village, et renouvelées en 1405 par un autre Bertrand petit-fils du premier.
Coutumes dé Tlsle-Jourdain tenues et accordées par Bernard Jourdain et Jourdain son fils. Huit écuyers et huit bourgeois les vérifièrent Tan 1288 sous le petit-fils de Bertrand. On les appelle poustetos , — de Monbrun en 1264; — de Cologne .iroordécs en 1286 par Philippe-lcnr 31
Bel et Odon de Terride. La ville fut bâtie à cette époque;
— de Troncens en 1318 ; — de Lasserrade données en 1319 par le comte d'Armagnac ; — .de Barcelonne données à sa fondation ; — de Montesqnion dans les pfeniières années du xiv« siècle; — de Lectoure , octroyées en 1^4 par Elie de Taleyran et confirmées et 1333 par Philippe-le-Bel ; — de Mirande, octroyées en 1288 par P. de Lamagoère, abbé de BerdoueSy et par B. comte d'Astarac et Gentule son fils;
— d'Eauze données en 1352 ; — de Gastelnan d'Arbieu et de Homps dont la date nous a écbappé.
NOTE 4, page 142.