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Le premier seul nousa été conservé(*); nous le donnerons dans le 6' volume. Marié deux fois, il n'eut point d enfants de Régine de Goth , nièce de Clément V, qu il aima tendrement et dont il fut tendrement aimé. Béatrix de Clermont lui donna, outre Jean son successeur, Jeanne d'Armagnac, mariée au duc de Berry , frère de Charles y, etMathe d'Armagnac. Celle<d,néelongtemps après son frère et sa sœur, fut accordée en 1 3 >2 à Jean de Gironne, fils aine de Pierre le Cérémoi^ieux. Ce jeune {Nrince avait déjà été fiancé à une fille de Philippe-de- Valois, mais la mort frappa la princesse à Béziers et Tenleva au milieu des fêtes qui la conduisaient en Espagne. Jean rechercha alors et obtint la main de la fille du comte d'Armagnac à qui son père promit cent cinquante mille florins d'or pour dot. 'Le mariage ne fut terminé que l'année suivante. Il fut célébré (1 ) avec pompe dans le château de Lectoure le 16 mars ^1373. Arnaud Guillaume comte de Pardiac, Jean de Labarthe seigneur d'Aure , Odon de Montant , Genses de Montesquiou, Menaud de Barbazan, Arnaud de Lomagne seigneur de Gimat , Jean seigneur de Magnas , Ortheus ou Arstriac de Caumont seigneur de la chapelle St-Georges, Odon de Montaut seigneur de Gramont, Yiguier de Gallard seigneur de l'Isle-Bouzon,
(*) Jean avait fondé dans Téglise de Lavardens une collégiale compoiée d^m doyen et de douze chanoines. Il lui assura deux cent quitre-Tingt-dix florins de rente, un quintal et demi de cire et autant dlinile. L'acte en fut dressé au ch&teau de Lavardens le 20 décembre 1309, en présence de Menant de Barbazai^, de Bel de Podenas, de Gérftod de Pouy et de Bertrand de Durfort (CoU, Doat;tom, 23).
Néanmoins, pour des raisons que nous ignorons, la collégiale ne fut jamais érigée.
(1) If. d'Aignan. Inventaire de Pau. Registres de Montauban dans les Notes du Séminaire.
se rendirent cautions pour la dot promise ; et en attendant Tentier paiement, le comte d'Armagnac abandonnait aux jeunes époux la vicomte d'Auvillars. Ce mariage ne fut pas heureux; Mathe moiurut six ans après, sans laisser de postérité.
Outre ces trois enfants, le père Anselme (1) et après lui les savans auteurs de TArt de vérifier les Dates (2), donnent encore au comte d'Armagnac pour fils, Bernard, sénéchal d'Ageuais. Bernard fut retenu en cette qualité par le duc d'Anjou avec trois cents hommes d'armes pour la défense de ses terres et pour la garde de la ville de Montréal. Il prit part aux expéditions de i 369, 70 et 7 1. Enfin, en <377 , le prince l'amena avec lui en France et lui fit compter cent quatre-vingts francs d'or. Il y ajouta bientôt après cinquante autres francs d'or pour ses bons et agréables services dans les guerres de Gascogne. C'est tout ce que nous savons de ce seigneur qui portait au premier et au quatrième un lion, et au deuxième et troisième un autre animal qu'on ne peut reconnaître sur son sceau à demi rongé , peut-être un léopard , et alors il aurait eu les vraies armes d'Armagnac comme un membre légitime de cette maison. Néanmoins nous le croirions plutôt un de ces nombreux enfants naturels qui souillaient à cette époque presque toutes les familles seigneuriales, et qui n'attestent que trop l'extrême licence des grands au milieu de ces guerres continuelles. Peut-être est-ce à lui que se ratta-. chentles d'Armagnacs Thermes qui commencent à paraître dans le xiv* siècle et dont nous n'avons pu trouver l'origine, quoique nous l'ayons demandée non seulement aux travaux si complets de l'abbé de Vergés sur
;i)Tom. 3. --(2)Tom 2.
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les maisons Gasconnes, mais encore à tous les docu* ments connus dans notre département.
La naissance d'Arnaud-Guilhem (i ) un autre fils de Jean P' est plus connue. Il naquit d'une femme étrangère , épousa dans sa jeunesse la querelle dé son père avec Tarclievêque d'Auch, et commit à cette occasion des excès qui lui attirèrent en ^327 et ii'iO un procès criminel qu'il n'osa pas soutenir. Voué aux armes il se signala par son courage ou plutôt pr sa témérité et son audace. Kos rois avaient trop besoin de bras |>odr y regarder de très-près avec leurs défenseur?. Philippe lui accorda en 4335 une rente viagère de six cents livres et Ta bol i lion de tout le passé. Il jouissait d'une autre rente pareille en 4 333 .et 4364. Il vivait encore eu 1 368 , car il comptait parmi les hommes d'armes que Jean d'Armagnac son père conduisit à Toulouse le 8 décembre de cette année.
De tous nos anciens seigneui*s aucun ne gouverna notre pays aussi longtemps que Jean I" , et pendant ses longues années nons le voyons presque toujours les armes à la main. Néanmoins ses vassaux lui donnèrent le surnom de Bon. Le zèle qu'ils déployèrent pour le rendre à la liberté après la malheureuse journée de Launac, prouve au moins qu'il posséda leur amour. Il se qualifiait toujours comte d'Armagnac par la grâce de Dieu, titre qui dans l'origine n'avait été qu'un acte de reconnaissance envers la bonté divine, et qui commençait alors à désigner une indépendance plus ou moins complète.
Jean II, dit le Gras (2), avait jusqu'à son avènement au comté d'Armagnac porté le nom de comte de Cha-
J) Grands Offiriers, lom. 3. — (2) Ici. L'Art do vérifier les Dates, tom. 2.
rolais qu'il tenait du chef de sa mère. Il servit arec distinction sous son père et plus .souvent sous son beaufrère le duc de Berry, et combattit quelquefois sienl. Il prit ainsi sur les Anglais, en 1 366, le château de M onnai' et le garda dix-huit mois à ses dépens. Après ce terme il le remit au duc de Bourgogne qui le lui paya quatre mille francs d'or et le fît aussitôt abattre. Jean s*ëtait marie en 1 3 59 avec Jeanne de Përigord, et avait à cette occasion reçu en apanage la vicomte de Lomagne. Son administration y fut si douce et si paternelle, que les habitants de Lectoure voulant reconnaître ses soins et lui témoigner leur reconnaissance, lui firent don de la justice de leur ville. Cet acte précéda de peu de mois la mort de son pèçe. Il s'institua alors, par la grâce de Dieu, comte d'Armagnac, de Fezensae, de Rhodezet de Charolais, et vicomte de Lomagne et d^Auvillars.
Un des premiers actes du nouveau comte fut èe renouveler (4) le compromis passé par Jean I*' avec Gaston Phoebus et de se soumettre comme lui à l'arbitrage du pape auquel il associa le duc d^ Anjou. Le comte de Foix y souscrivit de son côté à Orthez le 6 juillet Avant que cette trêve fût expirée, Jean et le comte de G>mminges, son fidèle allié, en conclurent ayec Gaston une seconde qui devait durer jusqu'à la Toussaint et qui fut plus tard prorogée d'un an.
Lfi duc d'Anjou, dans les mains duquel Jean remettait ses intérêts, avait depuis longtemps appris à connaître son zèle, ses talents et sa valeur. Aussi, peu de jours après la mort de Jean I**^ , ayant été obligé , par ordre du roi, de retourner en France, il nomma le nouveau comte d'Armagnac (2) capitaine-général de tout le Lan-
(1) Dom Yaîssette, page 352. — (2) Idem.
gucclon. L'îilisencetlu prinif fui cûuile, cl à !*on l'eiour il rASâctnhla «niix environs de Toulciuse une ariuèc IWlG de (]uiiiiir mille lionirnc^ (*)» Les iximies d'Ariungrinc, de Pardiacel ileCtinimiiigeSi lcsîïTd*Albrei, les vicomtesdr Narboiine cl de Carntain y aïninimidaicnl sous Iri^ii invisible. Le duc cs[MTail entrer en cjunpa^ne le Icmdemain de Paf|U€sel donna rendez* vous au camlc de Fihk entre Moi^^nc et MonUmban (Ij, m;tis le dêpiiriinl retarde, et rentre\ue n'eut point lien. Leduc eliangea d'nvis, et au lieu d'ittlAtjuer les Anglais il prei'eni (>rmrsujvre les eompîigniesqui désoiaieiit le Midi. Il lirendfi une [>arlie de SCS lioupes et divisfi le reste. La prudence n<* tiercne liait ^uère de tenir tant de forces ressemblées eu présent e de lii peslect de la famine qui se visMiieni sur la France entière ; mais de ce*» deux ilêaux le premier disparut bientôt^ et la tecoliet qui fut trt^s nlumdftntiT cette RU née. dissipai le sccinid,
AuKï^if vers 1*1 (in de ]\mï, le duc réunit une nouvelle .irmee et s'achemina vers le Bigarre [x>ur y souEueltre 1rs places dont les Anglais étaient lejâ maîtres. Le bruit de M^ii approche cau«i ([uelffue «ilarme à Gaston qui ne % était point encore prononce entre Charles et tldouard. Il craignit que le duc d'Anjou ne cachât i[uelc|ue projet hostile els'enq>ressade meureson paysj^ur b défensive. tl en Vil va deux eenls lances (2) i Moibis sous Arnaud* (tuillaume de Bénm ssnn frère naturel^ deux œnU a
(*) Le eointf» d^Arma^ac j avaii condiiil eeni omc Uommv* û*êt -
Ir «if-fï lif ialwiflbL* lr«?tïtt?**i?pl , Arnaitil d'Esfwignc w>hiiiiic*ciriq , MiMiauil lie nnrbîiMh $i4iiiunir.< , JaurJâiii dt*ri»ti* quatrr-unglHlnii,
{I) IKmïi Vnîssettc, p»||t* lil*! — (t) FmissarL Ui.
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Pau sous Pierre de Béarn, un autre de sesfrères naturels ; deux cents à Lestelle sous Pierre de Cabestan , deux cents à Mont-de-Marsan sous Espain de Lyon, cent à Hertilles sons Manaud de Navailles , cent à Montgiscard sous Gruel de Gerderest. et enfin cent à Sauvelerre sous Foucault d'Orthe; et n*y eût chastel en tout Bèarn qui ne fût bien pourvu d'hommes d'armes. Lui cependant se tint à Orthez , en son chastel et delis ses florins (près de son trésor).
Près d'entrer dans le Rigorre, le duc d'Anjou parugea son armée en deux corps , et tandis que le premier sous les ordres de Duguesclin se portait vers Lourdes, il alla lui-même à la tête du second attaquer le château de Mauvezin appartenant au vicomte de Castëlbon , cousin germain de Phœbus. Ce château, dont les ruines pittoresques attirent encore les pas des voyageurs, s'élevait sur un rocher à pic au sommet du plateau de Lannemezan et dominait des plaines immenses , d'un côté jusqu'aux pieds des Pyrénées , et de l'autre jusqu'aux portes de Tarbes. La nature avait formé ce lieu pour être une des clefs du Bigorre. Philippe-le-Bel l'avait donné en 1340 ou 43 au père du vicomte en nantissement d'une rente de cinq cents livres, mais les Anglais s'en étaient emparés et y avaient mis garnison.
Raymond de Lespée, un brave et habile chevalieTf en était gouverneur. Le duc d'Anjou ne pouvant espérer d'emporter le château de Mauvezin d'emblée (<) , prit position sur les bords de l'Arros entre Touruay ei le château, parmi les frais ombrages et les vertes prairies. A peine eut-il établi ses dispositions qu'il y eut aux barrières du chastel escarmouches et faits d'armes^
(I) Froi55art, lom. 3, chnp. 0.
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Têt beaux coups de fanc&.% , cannes et en^ -jt de cotnpagnons qui se désiraient m^ancer. Mais iroyaotqiie le siège Iratnait en longueur, leducdëtacba Garsiâ Diicbatel et Tenvaya attaquer le fort deTrigalel ou Gnaga!et(1)« situe à Test de Mauvezin et plus voisin de^ montagnes. Un che^'aliergasœu, Bastol deMauléofi, le gardait pour le seigneur de Labarthe. Garnis j donna cinq assauts suc<:e5sifs sans pouvoir s en rendre niaitre; maïs les atuiques a%'aîeni epuisi^ les ressources de la plaee.
Carsis , qui sVn aperçut, envoya un sâuf-conduit an Cûmtnandant du château, et quand il le vit, il lui dit r <e Bastol f je sais bien en quelles extrémités vous êtes , vous n'avez point d'artillerie ni choses dont vous puis- Bies vous défendre dans un assaut, hormis des lances; or. Saches que, si vous êtes pris de force, je ne pourrais sauver tii vous ni vos compagnons, ci empêcher que vous ne soji'i mis à mort par les communautés du pajs , ce que je ne voudrais pas; car encore êtes- vous mon cousin* Je vous conseille de rendre le fort tandis que je vous en prie* Vous ne sauriez être hl/unc de rabandonner et daller ehercliçr votre ennemi ailleurs; car vousTavc» tenu assez longtemps. *> Monseigneur^ réponditl'écuyêr. je ferais volontiers ailleurs qu'ici ce que vous me conseiller , car vraiment suis- je votre cousin » mais je ne puis pas rendre le fort tout seul ; car ceux, qui y sont dedan&f j sont aussi malu^esque moi^ quoiqu'ils me reconnais.«ieni pour leur chef* Je vais rentrer el je leur rapporterai ce que vous me dites. S'ds sont d'accoi^d de le rendre , je ne m'y opposerai pas ; mais s'ils veulent tenir encore , quel que soit le sort qui m'attende , je
1 1 } Fr«t«Mri* lom X riijip. 6.
tenterai laventare avec eux. Cest bien dit , répliqua messire Garsis ; vous pouvez vous éloigner quand vous voudrez, puisque je connais vos intentions.
Bastol de Mauléon retourna aussitôt au château de Trigalet, assembla ses compagnons dans la cour, et après leur avoir exposé son entrevue avec Garsis, il leur demanda ce qu'il y avait à faire. Les avis furent partagés ; mais après avoir tout mûrement pesé , ils s^acoordèrent à rendre le fort pourvu qu'ils fussent conduits vie et bagues sauves jusqu'à Gastelcuiller que leurs compagnons possédaient sur la frontière du Languedoc. La condition fut acceptée, et quand Garsis eut pris possession du fort, il le donna aux communes du pays, qui combattaient sous ses drapeaux, avec pouvoir d'en disposer à leur gré. Leur résolution fut bientôt prise ; ib l'abattirent et le détruisirent de fond en comble, ensorte que personne depuis ne sotigea aie relever. Après cet exploit et la prise d'un château plus éloigné qui fut livré au sénéchal du Nébouzan, Garsis retourna a Maur vezin où le siège se poursuivait encore.
Six semaines s'étaient écoulées, et Raymond de Lespée et les siens eussent poussé plus loin leur défense , mais la douce eau leur f aillait ( manquait ). Les Français s'étaient emparés d'un puits extérieur, qui abreuvait la place , et malgré le voisinage des montagnes, le ciel constamment sec et embrasé ne laissa tomber durant ce temps aucune goutte d'eau. Il fallut enfin songer à traiter avec le duc. Raymond demanda et obtint facilement un sauf-conduit pouf venir le trouver dans son camp, a Quand il eut été admis en sa présence, il lui dit : monseigneur, si vous voulez accorder une bonne capitulation à nos compagnons et à moi, je vous
rendrai le château de Mauvezin. Quelle capitulation, répondit le duc , voulez-vous que je vous accorde ? Partez étaliez droit chemin chacun dans son pays sans vous mettre dans un fort qui nous soit contraire ; car si vous vous y enfermez et que je vous prenne, je vous livrerai à Josselin qui vous fera la barbe sans rasoir. Monseigneur, répliqua Raymond, nous ne saurions partir sans emporter ce qui est k nous, car nous Pavons gagné les armes à la main et en courant de grands dangers. )>
tt Le duc réfléchit un instant et puis il dit : je veux bien que vous emportiez ce que emporter pourrez devant vous en mules et en sommiers (bétes de somme) et non autrement, et si vous tenez nuls prisonniers, ils nous seront rendus. J'accepte, ditRaymond. Les portes furent bientôt ouvertes et s'en alla chacun en son lieu, ou autre part chercher leur aventure , mais Raymonet de VÈpée se tourna Français (i) et s'attacha au duc d'Anjou qu'il servit longtemps. » Devenu maître du cliàteau de Mauvezin, le prince en confia d'abord la garde à un chevalier de Bigorre nommé Sicard de Luperière , et au lieu de le rendre au vicomte de Çastelbon dont il soupçonnait la fidélité, il l'abandonna bientôt après à Gaston Phœbus. Celui-ci en changea aussitôt le gouverneur, et substitua à Sicard un de ses propres parents nommé Raymond de Lanne. Ainsi le raconte Froissart; mais un acte déposé jadis dans les caisses du cliàteau de Foix (2), porte que le roi, pour punir la félonie du vicomte de Çastelbon, qui faisiiit alors la guerre à la France, ayant confisqué la viguerie de Mauvcxin, la
(i) Froissart, mâmc chap. —.(2) r4aissc 29, n» \%. Cbarlicr du Séminaire.
ville de Capbern et un village voisin , le duc d'Anjou les donna au comte d^Ârmagnac le 30 juin 1373. Un autre document ajoute que Capbern (1) et le village avaient étp donnés au père du vicomte par Philippede- Valois, aïeul du duc d'Anjou, Ce prince gratiâa encore le comte d^ Armagnac de la viguerie de Godon situëe aussi dans le Bigorre. Mais ces dons ne devaient pas rester longtemps entre les mains des seigneurs français.
(l)(:oH. Doat.lom. 33.
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