‹ Histoire de la Gascogne (volume 3)Chapitre 27 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

FMéalioi di inttlèn d« St-Pé de GéiMt.— Mort deSiichi,difi ée GmfM.— Set saeeMseon. — Riyioid Pibi. — Gniliane , c«le l*AiUm. — Siant. — SaruMD. — Conté do Pirdiie.

Sanche était d'une complexion faible et valëtadinaire. Une maladie le conduisit rapidement aux portes du tombeau. Revenu à la santé, il attribua sa guérison à la protection divine , et dans sa reconnaissance il fonda le monastère de St-Pé-de-Générès , qui sert aujourd'hui de petit séminaire au diocèse de Tarbes. Ce lieu , situé au pied des Pyrénées dans une vallée étroite, mais riante, séparait le Bigorre du Béam et se nommait originairement St-Hilaire-de-Lassun (1). Le vicomte de Béam à qui il appartenait, Técliangea contre les terres de Mazeroles et de Garlin. Raymond- Guillaume de Bénac et Arnaud- Raymond de Bas, deux familles anciehnes et puissantes de la contrée, j possédaient aussi des terres allodiales que Sanche se fit céder. Il récompensa le premier en affranchissant la seigneurie de Bénac de toutes les redevances qu'elle faisait au comte de Gascogne, et en lui donnant sa propre cuirasse avec quatre chevaux de son écurie à son choix. Le second eut la belle terre de Séméac en Bigorre avec l'affranchissement complet de sa seigneu-* rie de Bas. Enfin , à l'un et à l'autre fut octroyé le privilège bien précieux à cette époque de ne pouvoir

(1) Gallia ChristianOy loni. 1. ÎVIarca, siirloiii pag. 247. La rharlP de fondation v est tout entière.

cHrc contraints ni par Sanche, ni par ses successeurs, de marcher à la guerre contre leur gré. Lassun étant libre alors, Sanche le donna à la nouvelle abbaye, ainsi que son château de St-Castin avec les villages de TAr, de Figueras et de Bernadet, situés près de M orlas, qui dépendaient du château. Là ne s'arrêta pas sa libéralité. Il voulut pourvoir en prince à Tameublement de Féglise , et lui donna vingt- cinq vases d'argent et quatorze de verre ou de cristal, deux chandeliers d'ivoire et deux d'argent, une petite croix d'or et deux plus grandes d'argent , quelques habits sacerdotaux , une pêcherie dans un lieu désigné et une maison dans Salies avec la poêle à faire du sel. Il ajouta la table dont il ^e servait et dont le dessus était noblement argenté (mensam propriam honestè super argentatam) , ses armes de guerre artistement émaillées d'or , son bouclier et sa lance. En témoignage de tous ces dons, il déposa sur l'autel sa ceinture d'argent qui fut ensuite placée dans Tarmoire de St-Pierre.

L'assemblée réunie à cette occasion fut nombreuse et brillante. On y comptait Garsie-Amaud , comte de Bigorre, Bernard , comte d'Armagnac, Aymeric, comte de Fezensac, Bernard, comte de Pardiac, Centule, vicomte deBéam, Fort, vicomte de Lavedan etses enfants Garsias et Guillaume , Guillaume Dat , vicomte de Labarthe, Guillaume Odon, vicomte de Montaner, Raymond-Guillaume de Bénac, Arnaud-Raymond de Bas, Guillaume Garsias Courte-Epée, Arnaud surnommé l'Ours, Guillaume Loup, vicomte de Marsan , Arnaud, vicomte d'Ax, Arnaud d'Aure, Raymond de Lamollie dans le Bazadois et une foule d'autres seigneurs. 1^1 fiiinih* ducale allait s'éteindre. Avant fie disparaître:

iVl H|51-OtRE

h jïtmais, elle voutuL se montrer aux jeui de ses peuples drUJ5 tout TeeUt de sa gloire et de sa puissance* Cette soleuuité fut la dernière» Sauche mourat pea après, le 4 octobre de Tàii 1032. (1). Il fut enterré dans TéglLse de St-Julieu de LescAr^ <ju^il %en;iit de doterdes villages Je Kënéjac, de Bordères, deMeillon, de Pouey, de Simacourbe et de quelques autres lieux* Un bas-relief adossé à la niuniillej prt^s de sa loud>eT le montra longtemps, le casque ea tête et moittp sur £Od palefroi, Kal 569 les calvinistes abattirent le bas-relief^ le mur qui le souteuait et féglisc elle-même. Dans ces jom^ déplnrableii, les souvenirs historiques n'étaient pas Juteux e|>ar^es que les monuments de la reli^iou* Leduc deGascogueest appelé dans lesdoctuueiits coDtemporams, tantôt Sanche^ lauLÙt Sanchc-Guillaume, Sancius JVuillelmi^ et tanlt'rl même SaneUîon^ En lui finit la descendance alnéede Garsie-Saatbe-le-Courbé, qui avait donne Ix nos contrées cinq maîtres otL pluiol cinq souverains, car ils affectèrent lotis une complète indépendance. Quelques cV;rivaius Ëspaj^ols (2j prétendent^ il est vrai, que SancbcJe-Grand,roi de Navarre et d'ArafîOn,contiuJt la Gascogne sur son dernier ducet le rendit son vassal ; Sa ncbe-le- Grand prend en effet quelque part le titre de roi de la Gascogne, Pcui-<^ire éUut-ce comme chef de toutes les maiâ4:>us qui se parugeaieut les pays placés entre les Pyrénéesctia Garonue; ou tout au moins il entend jjar là U Biscaye, pairie primitive des Gascons- Toujours est-il (jue nul monument âutlientique (3) ne prouve qu'il ait fait des con-

(J)Marca, page 247. Oihcmirt. L*Arl do v(*rîCcr les dfllw. — (3) Rtancfl^ Sîjrtmcs , S.iïubvnl , Siiritn. — (3) L*Arl do vérifier l*^ dnlw, toin. 2h p. 236, Mnnji, Hv. 3, ch, 11.

quêtes en deçà de nos montagties et qu'il y ait rëgnë. Le duc, dont les Espa^ols le disent vainqueur, ne laissait que deux filles, et encore même con^este-t-on assez généralement leur naissance. Garsie, ou plutôt Sansi^, l'aînée, fut mariée à Béranger-Raymond I**, comte de Barcelonne, et Alausie, la seconde, fut femme d'Alduin II , comte d'Angouléme.

Le duché paraissait devoir passer au comte de Fezensac, chef de la branche cadette. Nous ne voyons pas toutefois qu^il ait fait aucune tentative pour se mettre en possession de ce riche héritage. Ce comte était Aymé» rie ou Émeric I*', fils de Bemard-le-Teigneux (\). Il avait vécu longtemps, et peut-être vivait-il encore sous le poids d'une excomtnunicâtion qu'il s'était attirée pour avoir gratifié des biens de l'église , Raymond de Lamothe, que nous avons trouvé à l'assemblée de St-Pé- Générés, et qu'un meurtre avait forcé d'abandonner le Bazadois. Le nom de ce meurtrier avait de l'éclat. Son haut savoir, nous dit un vieux chroniqueur (2) , l'avait fait surnommer Paba , parce qu'il savait lire ou plutôt épeler le mot (p... a... pa... b... a... ba... paba.) Certes, l'ignorance était grande alors, mais nous ne pensons pas qu'elle fut ni aussi générale, ni surtout aussi profonde que le ferait entendis cette chronique ou même qu'on l'imagine Communément. Le feu sacré des lettres ne devait pas périr. Ses étincelles faibles et rares, il est vrai, étaient gardées précieusement, non seulement par l'église et par ces légions de moines qu'elle avait enrôlées sous ses bannières, mais encore par plus d'un sei-

(1) L'art de vérifier les dates. Grands Offîciefs de la couronne. Dom Brugelles. Manuscrit de M. d'Aignan. — (2) Cartulaired'Auch, Bajole, llist. do rAquitaine sacrée, liy. 2, ch. 17. Dom Brugelles.

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gneur et même assez souvent par qudques-uns de leurs serfs f de leurs leudes ou de leurs tffidës. Les preuves ne manquent pas à notre assertion. Nous ne voyons donc ici qu'un trait sans portée, lancé par quelque Lon moine contre la noblesse qui rendait trop souvent avec usiu'e au cloître ses sarcasmes et son dédain. Quoiqu'il en soit, Raymond se retira d'abord auprès de Guillaume" Bernard, seigneur de Marambat, qui avait épousé sa sœur. Mais celui-ci se sentit impuissant à défendre son beau-frère contre les parents de la victime , désignée sous le nom vague de comte de Gascogne. U recommanda le coupable à Aymeric de Fezensac, qui le prit sous sa protection et lui donna les biens et les revenus dont l'église d'Auch avait joui dans la ville de Vie- Fezensac, et qu'elle prétendait tenir de la munificence du roi Clovis. Garsie I*", qui avait remplacé Odon sur le siège d'Auch , protesta contre cette donation. U s'adressa successivement à Aymeric, au seigneur de Marambat et à Paba , lui-même; et voyant partout sa voix méconnue et ses protestations rejetées , il se servit de sa seule arme qu'il eût entre ses mains et les fni{^ tous trois d'excommunication. Avec nos mœurs actuelles et le cours régidier de notre justice, nous nous étonnons de voir les foudres spirituelles défendre des prétentions terrestres. Mais le moyen âge ne peut se juger qu'avec les idées du moyen âge. Nous ne craignons pas de le dire , et toute personne de bonne foi l'avouera avec nous; à côté de la force brute, matérielle, qui s'imposait sans cesse et tentait de tout asservir , il y avait un bien réel , très grand, à montrer une force morale, spirituelle, finissant presque toujours par triompher. Cctail graver dans les coeurs la prédominance du droit sur

la violence, de riiitelligence sur la matière. El puis, comment atteindre autrement ces indomptables barons, tous bardes de fer. Que les prélats ne se soient quelquefois et même trop souvent servis du glaive sacré au pro6t de leurs intérêts, de leurs préjugés ou de leurs passions, ce n^est pas nous qui le nierons; mais quelle chose placée entre les mains des hommes n'eut pas ses abus.

Les trois seigneurs bravèrent longtemps les anathèmes de Tarchcvéque comme ils avaient bravé ses menaces. A la fin, Paba,le plus coupable, s'en émut le premier. La voix du sang qu'il avait répandu criait d'ailleurs au fond de sa conscience. Mais au lieu de fléchir sous la main qui l'avait frappé et de demander grâce et morci au pied des autels de sa patrie, il aima mieux faire le voyage de Jérusalem. Les pèlerinages étaient alors le grand mode d'expiation. Néanmoins , ces courses lointaines exigeaient des dépenses que ne couvraient pas toujours les revenus assez précaires de la féodalité. Paba se trouvant sans argent et n'ayant point de fils à qui il put transmettre ses terres, songea à les aUéner du consentement sans doute de son suzerain. Celui-ci, las aussi de sa lutte avec son premier pasteur, jugea l'occasion favorable. Il engagea le prélat à fournir au pèlerin les sonmies dont il avait besoin, sûr qu'à ce prix il rentrerait en possession de ce qu'il réclamaiu Garsie, fort de son droit ou craignant d'être uxé de simonie, ou peut-être aussi aigri par une trop longue résistance, rejeU cette proposition. A son défaut, Carsie, seigneur de Mazères (1) compta l'argent

(1 ) CartulairedAuch. Doro Brugellct. Maniucril de M. d'Aignan.

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et se mit en possession de Vie. L'archevêque, toujonrs plus irrité, lança une seconde excommunication contre le comte de Fezensac, contre Garsie et contre Pal») qui n'en partit pas moins pour TOrient ou il mourut Cette affaire ne se termina que 48 ans après. Pierre (1), petit-fils de Garsias de Masères, qui prenait le surnom de Vie , de la terre acquise par son grand-père, rendit à Ste-Marie tout ce qui lui appartenait, et y ajouta les églises de Lugajan, de Castillon, de Rozès et du Bouté, réservant toutefois pour ses enfants les serfs et les terres qu'il tenait de ses aïeux, ou qu'il avait acquis lui-même; toutefois, si ses enfants décédaient sans postérité, ter* res et serfs devaient retourner à la métropole. Tout était extrême à cette époque , les réparations ou les gé* nérosités, comme les injustices. Les dons étaient ûâts, à condition qu'Arnaud, un des fils de Pierre, senit reçu chanoine d'Auch, et que le chapitre métropolitain établirait à Vie des clercs auxquds le dcmateur abandonnait le droit de mouture dans toîis ses moulins, avec le chauffage et le pâturage dans toutes ses prairies.

Peu content d'avoir comblé de largesses le chapitre d'Auch , Pierre votdut en faire partie et y prit Thabit Mais, dégoûté bient^^t de cette vie uniforme et sédentaire , il déposa l'aumusse et s'arma de nouveau de la lance et de l'épée. Le souvenir de ses vœux le suiyit au milieu des combats. Honteux de son inconstance et des suites qu'elle avait amenée , il rentra dans le cloître et y termina peu après ses jours dans les sentiments de la plus fervente piété. Sa fuite avait entraîné Arnaud , ce jeune enfant qu'il avait voué aux autek

(i) Cartulaire d'Auch. Dom Brugelles. Manuscrît de M. d*ÀigMa.

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et que ses goûts )X)rtaient ailleurs. A Texemplc de son perc , il abandonna le chapitre où des vœux ne rattachaient point encore. Il embrassa la carrière des armes, se distingua par son courage et se maria. Ce mariage fut d'abord heureux. Deux enfants eu étaient le fruit, lorsque le plus jeune, à peine échappé au berceau, périt sous la dent d'un pourceau (i). L'infortuné père vit dans ce tragique événemeut une punition du ciel. Il renonça sur-Ie^hamp au monde et vint reprendre sa place parmi les chanoines de Ste-Marie auxquels il donna le fils qui lui restait et qui mourut dans le cloître. Toute sa famille s'était éteinte avant lui. Ainsi , Mazères vint s'ajouter aux possessions de nos archevêques , et en devint plus tard la maison de plaisance. On serait toutefois tenté de croire que ce domaine passa momentanément entre les mains des Templiers dont l'ordre naquit vers le commencement du X II". siècle. Leurs armes eucore gravées sur la pierre et l'architecture de certaines constructions Tindiqueraient assez. Une ancienne tradition veut d'ailleurs quils aient planté les vignobles si justement renommés qui couronnent les coteaux voisins. On sait que les frères du Temple étaient experts en cette matière. Mais du moins, avant leur destruction, Mazères était déjà revenu à ses anciens maîtres.

L'archevêque Garsias, qui avait vainement réclamé la restitution de Vie auprès du comte Aymeric , ne fut guère plus heureux avec Guillaïune (2), comte d'Astarac Celui-ci était fils d'Arnaud II, et avait été associé

(l)Cartulairc d'Anch. Dans le manuscrit de M. d'Aîgnan. — (2) L*Art de vérifier les dates. Grands Officiers de la couronne. Dom Brtigelles. Ifanuscrit de 11. d*Aignan.

à radministration du comté avant la mort de son père, qui termina sa carrière dans un âge fort avancé. Cette précaution commandée par la politique plus encore que par la tendresse, prévenait les rivalités de famille et accoutumait les peuples au respect. Les six premiers rois de la troisième race se gardèrent de la négliger.

Le nouveau comte épousa une de ses parentes; T^lise repoussait alors souverainement ces alliances. Carâe ne pouvant rester paisible spectateur d'une pareille infraction, pria, conjura, menaça. Sourd à toutes leAentativcs de son archevêque, Guillaume s'obstina à garder la compagne qui partageait sa couche. Cette obstination triompha du zèle de Garsias. Contre la coutume généralement suivie, le prélat accorda enfin la dispense, mais non sans avoir imposé une pénitence (1) , dont la sévérité peint Tépoque. Il enjoignit aux coupables de s'abstenir de viande tous les lundi, les mercredi et les vendredi , à moins que quelque grande solennité ne tombât ces jours-là. Les vendredi , ils devaient s'abstenir encore de vin, s'ils n'aimaient mieux donner trois deniers d'aumône ou nourrir trois pauvres. Ils devaient en nourrir cent autres toute l'année, sans y comprendre douze nouveaux pauvres qu'ils devaient traiter le Jeudi- Saint , après leur avoir lavé les pieds et les avoir gratifiés d'un denier. Là ne se bornait pas la pénitence. Ik devaient jeûner tous les ans une quarantaine de plus que les autres fidèles ou distribuer cinq sols en aumônes. Le prélat exigeait en outre la restitution de Ste-Aurencc, qui est qualifiée dans l'acte de ville importante et qui

(IJCarlulaircd'Ancb» Pom Bnigellos. Manuscrit de M. «VAî^imd.

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avait été usurpée sur les archevêques d'Âuch par les oomtes d'Astarac , auxquels elle retourna plus tard. A ce prix, Garsias dispensait FAstarac de toute redevance pour les trois premiers synodes, s'engageait au nom de ses successeurs à ne rien exiger des abbés de Simorre pour la bénédiction de leurs églises et Tordination de leurs clercs , et accordait à cetre abbaye Tusage des épreuves judiciaires.

Outre Guillaume, Arnaud II (i ) avait eu de Talaize, sa femme, Bernard, Garsie, Raymond, Geraud, Odon et Dacon ; on croit que Garsie fut comte de Bigorre. Le Père MongaîUard regarde la chose comme évidente, si on admet certains manuscrits tombés entre ses mains. Ce pays pouvait lui être advenu du dhef de sa femme ; mais à sa mort il passa dans une autre famille, car Garsie ne laissa point de lignée. La destinée de Raymond et de Geraud est inconnue. Odon avait eu de la munificence de Sanche, dernier duc de Gascogne , son parent, la terre de Saramon , engagée jadis teraporai^ liment à la famille de Mitarra par les religieux de Sorèee. Son penchant Tentraînait vers la vie cénobitique. Sa hautepiété lui rendait d'ailleurs suspect le don du duc de Gascogne. Aussi, pour apaiser les alarmes de sa conscience , il rendit Saramon à sa destination primitive (2), y rétablit la conventualité et en assura Pindépendance contre les prétentions de sa famille. Cédant enfin àson attrait pour la solitude, il renonça au monde, vers Tan 978, et alla demander Thabit de St-Benott à Tabbaye de Simorre , où Dacon , le plus jeune de ses

(1) L'Art*de vérifier les dates. Grands Officiers de la couronne. Dom Brugelles. Maniucrit de M. d'Aignan. — ^ (2) Dom Brugelles. Manuscrit de M. d'Aîgnan.

frères, ne tarda pas à le suivre. Sioiorre était alors labbaje la plus riche (1) de la contrée. En peu de temps elle avait reçu de Guillaume Auriol, oomte de la vallée d^Aure, les terres de Grazan et de Gaujan qu'il tenait deFaquilene, sa mère, fille d'Arnaud P% comte d'Aure, et le monastère de Sarranoolin qu il avait fondé on restauré après le passage des Barbares. Simorre reçut encore quelques terres sur les bords de la Neste, de Guillaume Donat, Touman et ses dépendances, de deux frères qui se firent admettre dans la communauté, la superbe métairie de Lamolère,de deux autres finères qui imitèrent les premiers , et enfin d^Amaud d'Astarac, la terre de Poulouvrin.

Les vertus d'Odon, sa naissance, les libéralités de» famille ne lui permirent pas de goûter les douceurs de ce^te obscurité qu'il parait avoir cberchée. L'aUé Forton I", qui avait reçu ses vœux, le voulut pour son successeur et lui résigna Tabbaye vers Tan 983. Peu de temps après Téloignement des Normands , on avait commencé à rebâtir Téglise abbatiale, un des plus beaux monuments d'architecture de notre diocèse. Odon en fit terminer les trav aux et la fit consacrer par rarchevèque d'Auch, Garsie I^. Une inscripti(m à demi effacée, indique pour date le 23 novembre, sans fixer Tannée.

Cependant Tabbé de Sorèze et ses moines n^avaieot pu voir sans regret une de leurs dépendances leur écliapper. Us se plaignirent au duc.de Gascogne luimême (2). Sanche accueillit leurs plaintes , et après un

(1) Dom Brufçelles, jwg. 190 cl suiv. — (2) Histoire du Languedoc, lom. 2, liv. 4. Dom Brugellcs, preuves, pag. 45.

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sérieux examen, condamnant sa première libéralité, il fit statuer de Tavcu sans doute d'Odon, alors moine de Simorre,que Saramon serait rendu à Sorèze, avec laquelle il ne formerait plus qu'une communauté , et que cette communauté serait gouvernée par un abbé unique, résidant à la maison^mère; mais que si Ton imposait aux moines de Saramon un abbé particulier , ils seraient libres ou indépendants. Au mépris de cet engagement solennel, Raymond, Fabbé de Sorèse, ne tarda pas à placer à la tête du couvent de Saramon un abbé nommé Guillaume , qtii , aussi ingrat qu était peu délicat son ancien supérieur , refusa de reconnaître la suprématie de son ancien abbé, et plaça sa maison sous la dépendance de Tabbaye de St-Semin, de Toulouse. La première chaîne était rompue. Asnaire , successeur de Guillaume, secoua à son tour le joug de St-Sernin, et se déclara indépendant. Son administration fut heureuse. Des maisons s'agglomérèrent autour de son monastère. Ainsi se forma la ville de Saramon , devenue aujourd'hui chef-lieu de canton.

Bernard (1), le second fils d'Arnaud II et le seul de ses fils dont nous n'ayons point encore parlé, plus heureux que ses puînés qui paraissent avoir été exclus de Théritage paternel, eut pour apanagele comté de Pardiac, démembré de l'Aslarac. Il comprenait trentequatre terres , parmi lesquelles nous comptons Aux , Betplan, St-Justin, St-ChrislauetVillecomtal. Sa ville principale fut longtemps Monlezun, où l'on voit encore les restes de son antique château. Marciac et Beaumar-

(1) Dom Marlcnne, Voyage littéraire , pag. 41. L*Art de vérificT les dates, tom. 2, pag. 286. Grands Officiers de la couronne, tom. 2^ pag. 626.

chés, quoique renfermes dans le comté, nen firent jamais partie. KAstarac ainsi amoindri comprenait encore cent trente-six terres, partagées en quatre châtellenies, celles de Moncassin, la plus considérable, de Yillefranche , de Durban et de Castebiau-Barbarens. Simorre en fut la ville principale jusqu'en 1297. Elle fut alors démembrée du comté. Mirande , fondée k peine depuis 1 7 ans, en devint aussitôt la capitale. On y comptait encore quelques villes ou bourgs assez importants, Saramon, Masseube, Castdnau-Barbarens ^ Pavie (♦).

(*) Nous donnerons à la fin du second Toluoie la Ifste des paroism dont se composaient ces comtés.

DE LÀ GÀSCOGnE. 423

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