VIII PRÉFACE
vinccs, nous briserons noire plume. La fin du dernier siècle est une ère à part dont la saine appréciation ne nous parait pas encore possible. Laissons «ce jugement à la lente et impartiale postérité. Jouissons des bienfaits conquis. Livrons à ladmiration publique les vertus sublimes que firent éclater nos dissensions civiles, mais couvrons les aberrations et les violences du voile de Tindulgence. La niarcbe calme et régulière de notre société actuelle nous laisse à peine soupçonner tout ce que leffcf vescence des passions populaires apporte de ténèbres dans les esprits et d'hésitation dans les consciences. Il faut souvent plus que des intentions droites et des sentiments vertueux pour résister à des circonstances extraordinaires. Quoiqu'il en soit^ ce ne serait jamais lenfant de la Gascogne et moins encore le ministre des autels qui irait remuer au fond de leur toml)e des cendres à peine refroidies ou affliger des enfants dans la mémoire de leur |iëre. Plaignons les hommes condamnés à vivre au milieu des commotions |>olitiques^ et ces commotions, prions le ciel de les détourner à jamais de notre bien-aimée patrie.
Barran, le 5 mai 1846, fétc de St-Orcns d'Aucli.