‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 107 sur 415 · ORIGINE ET ROLE DES GRANDES VOIIÎS · texte numérisé non relu

ORIGINE ET ROLE DES GRANDES VOIIÎS

mêmes pratiques, et pour ainsi dire le même esprit que nous avons observés dans les bâtisses municipales.

La colonie, avec ses vétérans et ses remparts, fixait pour toujours sur un espace du sol la force militaire de l'Etat romain; la route servait à renouveler cette force, par un rapport constant avec le centre de l'État. Pour commander aux peuples, Rome multiplia les routes*. Elles étaient indispensables à ses ambitions impériales : un empire universel, on le savait depuis le temps des Perses et de leur route royale-, ne s'étend et ne dure que le long d'une puissante chaussée. Tantôt le chemin affermissait une province, comme cette voie Domitienne que le conquérant de la Narbonnaise traça entre l'Italie et l'Espagne \ Tantôt il préparait de nouvelles annexions, s'avançant en avantgarde vers des terres à soumettre, comme cette voie du Grand Saint-Bernard que Jules César voulut ouvrir à travers les Alpes du Nord, droit vers la Celtique et la Germanie \

Ce rôle stratégique et politique d'une route, pour la défense et pour l'attaque, est celui qui intéressa le plus les hommes d'État de la République, et il était rare qu'ils parlassent d'une voie d'Empire sans y ajouter l'épithète de « militaire »^ Ce fut également celui que les empereurs assignèrent d'abord aux chaussées qu'ils construisirent dans la Gaule de César. Quand Agrippa organisa ce pays, son premier soin fut de tracer,

1. « La victoire obtenue à rencontre de tant de nations diverses à l'aide des grands chemins »; Bergier, I, p. 107.

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