T. 111, p. 283 et 285; cf. t. IV, p. 51. note
5. Je crois bien que l'expression de via mililarls a fini par ne plus avoir que le sens de voie d'intérêt général ou route d'État. On disait du reste aussi vise publicœ, consulares, prœtoria-, paTiXi/.ai; Dig., XLIII, 8, 2,22; XLlll, 7,3. — L'expression de strata apparaît d'assez bonne heure sous l'Empire (G. I. L., X, 1885).
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autour (le la colonie centrale de Lyon, un réseau complet de longs chemins, qui unirent la grande place forte à l'Italie, à la frontière d'Empire et aux régions voisines'. Drusus, en même temps qu'il songeait à la Germanie, disposait pour l'atteindre des routes nouvelles s'enfonçant vers le Nord et l'Orieiit-. Plus tard, à l'époque où l'empereur Claude désira soumettre et garder laliretagne, il prolongea jusqu'à la Manche, face à l'île menacée, les plus importantes des voies de l'Ouest ^
Mais il en fut des routes de la Gaule comme de ses colonies : le rôle militaire fit rapidement place au rôle civil et économique. Elles servirent toujours à transporter beaucoup de soldats, cohortes changeant de garnison, recrues gagnant leur corps, troupes de secours envoyées aux frontières : et cela va de soi \ Mais elles servaient plus encore aux nécessités de la vie administrative, ordres à recevoir de Rome et nouvelles à y adresser,
1 . P. 80 et s. ; t. IV, p. 84-5. Jusqu'ici aucune inscription milliaire ne fait allusion aux routes d'Agrrippa. Le nom d'Auguste n'apparaît sur aucune des voies attribuées à Agrippa et ne se montre que pour la réparation des routes du Midi, et toujours après la mort d'Agrippa, notamment aux dates de 13-12 av. J.-G. (via Jidia Awjusta de Plaisance au Var, C. /. L., V, p. 953 et s.; du Yar à Aix, XII, 5444, 5454-5), 3 av. J.-G. (d'Aix à Arles, Nîmes, Narbonne et au delà). 13 ap. J.-G. (de Narbonne eu Espagne et de Narbonne à Toulouse (XII, 5668 et 5671) : la succession des dates et des lieux, la récapitulation des milles dans certaines inscriptions extrêmes (XII, 5668, 5671; V, 5823) montrent que, pour ces routes du Midi, il s'agit de la réfection de tout un ensemble, allant d'Italie et même du Danube (p. 142, n. 8) en Aquitaine et en Espagne. On voit qu'elle a pris 26 ans, ce qui montre (et nous en avons bien d'autres exemples, cf. p. 169, n. 4) avec quelle lenteur procédait souvent la vie administrative de l'Empire.
2. Lui et ses successeurs; C. /. L., V, 8002-3; Florus, II, 3U, 26; ici, t. IV, p. 104, 110, 112, 114, 130-1. L'activité de Drusus en matière de voirie n'apparaît jus(}u'ici que du côté de la frontière du Rhin.
3. T. lY, p. 172, et ici, p. 80, n. 7, p. 91, n. 1, 3, 4 et G; et il parait aussi s'être attaché aux routes conduisant au Rhin et le longeant (ici, p. 80, n. 4, p. 90, n. 5). Il faut donc reconnaître que Claude paraît avoir fait autant qu'.Vgrippa pour la grande viabilité de la Gaule. G'cst à Claude que sont dues quelques-unes des routes les plus lointaines, les plus difficiles, les plus directes (mêmes renvois).
4. Il m'a semblé, dans la direction des frontières, avoir constaté parfois des routes assez voisines, ayant à peu près les mêmes points de départ et les mêmes destinations (p. 86, n. 4, p. 88, n. 2, 5, 6. p. 90, n. 1, p. 98, n. 5, p. 99, n. 5). Si ces remarques sont justes. l'Empire romain se serait arrangé peu à peu pour doubler les voies militaires les plus importantes, de manière à rendre les transports de troupes ou de matériel plus rapides et moins encombrants
échange incessant de dépêches, de dossiers ou de numéraire : sans ces lignes de terre, les parties de l'Empire n'eussent été liées ni entre elles ni à leurs maîtres, et la volonté du souverain fût demeurée incertaine ou incohérente. Enfin, et surtout, elles se prêtaient aux mille besoins des campagnes et des villes, et des âmes aussi bien que des corps, au va-et-vient des denrées et des marchandises, à l'arrivée des dieux, à la diiïusion des langues, des usages et des idées. Grâce à elles, une même vie se répandait d'un bout à l'autre de la terre romaine. Si les villes, en se multipliant sur cette terre, y avaient créé d'innombrables foyers d'existence collective, les routes faisaient que tous ces foyers recevaient leur chaleur de sources communes.
A l'exception des voies du Languedoc et de la Provence -, les Anciens ont rapporté à Agrippa le mérite d'avoir dressé le système des routes gauloises et de les avoir aussitôt bâties ^ L'œuvre du gendre d'Auguste fut sans doute complétée par Claude*, lui aussi grand bâtisseur de chemins. — Voici, quand l'essentiel fut fait, comment se présentait la carte routière de toutes les Gaules, depuis les Pyrénées jusqu'au Rhin.
Elle avait un centre, Lyon'. De là partaient cinq faisceaux de grandes routes.
i" C'était d'abord le faisceau des routes alpestres, celles qui menaient au cœur de l'Empire, qui gagnaient toutes
1. Voyez aussi, pour d'autres détails, t. VI, texte et notes des chapitres V-VII.
2. T. III, p. 30-7; ici, p. 94, p. 83, n. 3. Pour les voies des Alpes, p. 80. n. I.
3. T. IV, p. .j7, 81-5; ici, n. 5, p. 86, n. I, p. 88, n. G, p. 89, n. 2, p. 92, n. 3. p. 93. n. 8.
4. Ici, n. 5. Les plus anciens miiliaires des Trois Gaules sont de lempereur Claude.
5. Straljon, IV, 0, 11 : 'AypiTîTxa; îvtcvOcv -:à; ooou; ïzz[).z [d'Aquitaine, de Boulogne, du Hliin et de la Méditerranée]; Table de Peutinger : Luijduno capul Galliarum.
Rome et l'Italie*. Il y en avait trois y)rincipales, œuvres^ chacune d'un des trois conquérants qui avaient voulu donner les Gaules à l'Empire : — l'une, celle de Jules César^ et des Alpes Pennines, par Genève \ le Rhône et le Grand Saint-Bernard^; — l'autre, celle de Pompée^ et des Alpes Grées, par Vienne, l'Isère et le Petit Saint-Bernard'; — la troisième enfin,
1. Sirabon (IV, 0, 11) ne rapporte pas celles-ci à Agrippa (p. 83, n. 5), mais il les mentionne en même temps que le réseau de ce dernier, ce qui montre que leur achèvement date également d'Auguste.