STRUCTURE DES ROUTES ROMAINES
protection contre les voitures ', par des accotements où l'on rejetait les matières usées ", par des fossés où s'écoulaient les eaux^ Pour faciliter cet écoulement, la surface de la route se relevait sans doute en une légère convexité, telle que le dos d'une traditionnel de nos chemins d'aujourd'hui \ Il n'est dit nulle part qu'elle fût plantée d'ari)res : sur les routes comme dans les villes ^ l'Etat se souciait peu de cette forme de l'élégance et du bien-être que donne aux chemins leur bordure fraîche et verte de peupliers, d'ormeaux ou de platanes ■ .
Ces routes n'étaient point très larges, du moins dans leur partie utile et empierrée. Je crois bien qu'elles s'étaient rétrécies depuis l'époque gauloise, qui ignora les complications des trottoirs ou les non-valeurs des bas côtés, et qui dut réclamer de vastes espaces en largeur pour la circulation de ses armées ou de ses troupeaux ^ Une construction du genre de la route romaine, profonde, cimentée, faite de matériaux coûteux, devait être réduite à son minimum d'étendue, la dimension suffisante pour permettre aux plus grands véhicules de se croiser rapidement, et à cela seize pieds, quatre à cinq mètres, suffisaient, même dans les tournants difficiles ^ Cette largeur n'élait point toujours atteinte, et bien des voies publiques devaient s'en
1. La chose demeure iucerlaine pour la Gaule; cf. Cilles, p. 72.
2. Supposé d'après les cliiiïres des largeurs (p. 1 14, n. o).