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avait qu'à profiter de la paix romaine pour l'imiter sur tous les fleuves. On y pensa un instant : sous le règne de Néron, un légat de Germanie entreprit de réunir l'une à l'autre la Moselle et la Saône, la Méditerranée et l'Océan : un canal devait rejoindre les deux rivières à travers le seuil des Faucilles, dont on avait sans doute reconnu la médiocre élévation. Mais des craintes politiques ou des jalousies de bureaux empêchèrent ce grand projet, et personne ne devait plus le reprendre *. En cela comme en tant d'autres tâches, l'Empire manqua de courage et de hardiesse. La régularité de la vie administrative, la sécurité des affaires quotidiennes tuait en lui l'esprit d'initiative; les résultats acquis lui suffisaient, et il ne savait ni ne pouvait regarder vers l'avenir. Un siècle à peine après sa fondation, cet immense corps d'État paraissait trop essoufflé pour faire autre chose que de vivre.
Sur une seule voie fluviale, celle du Rhin, les Césars ne restèrent pas sans travaillera On établit de vastes garages et des arsenaux pour la flotte ^ Près de l'embouchure, Drusus creusa un large canal pour assurer au fleuve un débouché normal dans le Zuiderzée et la mer du Nord \ et Corbulon réunit son cours inférieur à celui de la Meuse ^ Mais tout cela se fît avant Néron, et était d'ordre militaire, exécuté surtout pour la défense de la frontière. Et après Néron, ces canaux cessèrent d'être entretenus et de servir utilement ^ ce qui était