T. IV, p. 142, n
6. C'est à peu près certain pour la fossa Drusi (cf. t. IV, p. 216, n. 8), moins sûr pour la /ossa Corbulonis. De même en Orient, Mommsen, Boein. G., II, p. 270-
depuis longtemps le sort de celui de Marius'. L'Empire ne savait même plus exploiter l'héritage du passé -.
Nous n'apercevons pas davantage, sur les côtes de la Méditerranée ou sur celles de l'Océan, un effort sérieux des empereurs pour améliorer les routes maritimes, pour mettre en valeur l'extrême richesse en ports dont la nature avait doté la Gaule.
Nulle part les Romains ne se sont intéressés à nos ports secondaires ^ C'est un sujet d'étonnement que de voir, sous l'Empire, l'état d'abandon ou de médiocrité où végètent toutes nos stations des golfes du Midi, si vivantes au temps du commerce hellénique ou du cabotage ligure \ Nice^ Antibes,
1. Strabon, IV, 1, 8, parle des difficultés du canal : "Oaio; o-jv ïii [itm ô-jasi(7T:).oa Sci TE Tr^v /aPpÔTTrjTa y.al Tr^y TTOôir/foaiv xo:i tv/ 'a7i£'.vûTY)Ta t?,? -/wpa?, (otte \i.-f] xaQopâaÔat (jlyiq' £Yyù; àv Taf; o-jo-aspîatç. L'Itinéraire maritime (It. Ant., p. 507) indique comme route, de Marseille à Arles, le Grand Rliône {ad gradum Massilitanorum); de môme, Ammien, XV, 11, 18. Toutefois, l'importance que conserve la localité de Fos (Fossx Marianx) au débouché du canal, sa mention constante dans les itinéraires, la présence à cet endroit, sur la Table de Peutinger, d'une image singulière (portique ou même pont?), peuvent faire supposer que le canal n'a jamais été complètement abandonné; l'importance d'Arles, comme centre de navigation, exigeait d'ailleurs le maintien de ce canal. — Le canal de dérivation de l'Argens dans le port de Fréjus, s'il est prouvé, se rattache également aux nécessités du port militaire (p. 134).
2. 11 est bon cependant de rappeler qu'au point de vue de la navigation, de l'usage des eaux, de l'entretien des bords, il y avait une législation minutieuse et sans doute tracassière; Digeste, XLIII, 12-15. — On signale des ports privés ou de domaines (XII, 3313), et il devait par suite y avoir des ports municipaux et peutêtre aussi des ports d'État.
3. Cf. p. 118 et s., 132 et s.. 136 et s., 160 et s., 168 et s., t. VI. ch. VIII.
5. Les itinéraires maritimes énumèrent comme petits ports à l'est de Nice, Monaco (Hercle Manico), Avisio (Beaulieu ?), Anao (Saint-Jean ?), Olivula (Villefranche?). Entre Nice et Antibes, Melaconditia (= Micalo colonia Diceorum; Anon., IV, 28; V, 3), qui paraît dissimuler, soit le port de Gagnes, soit Voppidum des Déciates (cf. t. I, p. 521). Il est remarquable que Nice est appelée plagia [la grève des deux cùlés du Paillon] et non portas; Itinéraire Antonin, p. 503-4; Anonyme de Ravenne, IV, 28; V, 3 : ce sont des documents extraits de guides pour caboteurs. — Cf. p. 125.
Hyères', ne, comptent plus que comme lieux de plaisance et séjours de terre. Rien n'a été fait par l'Etat dans leurs ports, et pas davantage à Toulon"-, à Sana^y^ à La Ciotat* ou à Cassis". De l'autre côté du Grand Rhône ^ aucun travail d'art^ n'apparaît aux Saintes-iMaries ^ à Lattes % à Maguelonne ^", à Cette", à Agde *- ou à Port-Vendres '^ ; et on sent bien que l'Etat se désintéresse de leur vie maritime. Ainsi que tous les Empires trop puissants, il n'a cure des intérêts de petites bourgades, et les
1. Ou, plulùt, Olbia (cf. t. I, p. 397), qui est aux ruines de La Manarre; cf. de Gérin-Ricard, Revue des Et. anc, 1910, p. 73; de Poitevin de Maureillan, Pomponiana, 1907. — Entre Fréjus et Toulon, la plagia du Sambracilanus sinus (le golfe de Grimaud?), le port à.'HeracUa Caccabaria (Saint-Tropez?), portas ou plagia Alconis (Gavalaire ou Le Lavandou?), Pomponianœ (dans la rade d'Hyères?). Cf. t. I, p. 398, n. 5.
2. Telo Martius; n'est cité que comme station de cabotage (Itin., p. 505; Anon., IV, 28). Le nom, en apparence, indique un péage; mais je ne vois ni la route ni la frontière; et puis, pourquoi cette épithèle militaire? Toulon servait peut-être d'annexé extrême à Arles, à la civitas de laquelle il appartenait. — 11 y aura plus tard là un procurator bafii, autrement dit un administrateur impérial des teintureries de pourpre (A'o<., Occ, 11, 72) : ce nom de Telo rappellerait-il un monopole de l'Etat sur les pêcheries de pourpre de la rade (cf. t. I, p. 407)?