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bourj^aJes importantes de la Gaule, Juifs et Syriens eurent leurs comptoirs, leurs chapelles et leurs enclos funéraires. Chose étonnante ! les grands voyageurs de l'Orient, ceux d'Alexandrie, ne se sont point dirigés volontiers sur la Gaule ' : peut-être ont-ils laissé à dessein ces lointains marchés de l'Occident à leurs concurrents d'Antiocheet deNicomédie -. — Au demeurant, Juifs, Syriens et Asiatiques méritaient bien le nom générique de c< Grecs » * : c'étaient les produits de l'art et de l'industrie helléniques qu'ils apportaient, la langue grecque qu'ils parlaient, l'influence de la Grèce qu'ils répandaient autour d'eux dans les Gaules^.
Ces deux populations nouvelles. Italiens et Grecs, seront les agents principaux dans la transformation de la Gaule. Ils lui révéleront les marchandises, les dieux, la langue, les usages et les mœurs du Latium et de l'Orient. C'est par leur intervention quotidienne, par des rapports continus d'aiïaires ou d'amitié, que la Gaule changera peu à peu ses habitudes contre celles de Rome et de la Grèce, les deux puissances morales qui gouvernent alors le monde.
Je dis habitudes et non caractère. Car si ces colonies de Grecs et d'Italiens, établies en Gaule avec le double prestige de la victoire et de la civilisation, ont été assez fortes pour transformer les pensées et les pratiques de la nation, elles n'étaient point assez nombreuses pour modiher l'humeur et le tempérament des hommes.
On peut évaluer à cent mille ^ au plus le nombre des colons qui furent établis par César et Auguste dans les villes du Sud- Est. Doublons ce chiffre pour y joindre les soldats laissés sur le
1. Les aiïaires d'Alexandrie (Strabon, XVL 4, 24) entraînaient ses marchands surtout vers l'Asie orientale. Sur l'installalion possible, à Nîmes, d'une colonie de Grecs d'Egypte, p. Il, n. 1, t. IV, p. 77, n. 3. Cf. encore p. 15, n. 4, p. 108, n.O.