IV. - PRÉPONDÉRANCE D 1^ LA POPULATION INDIGÈNE
Deux régions, ou. plutôt, deux élcnaents de population, ont constitué surtout cet apport étranger, l'élément italien et Télément gicc.
Le premier domine parmi les soldats et les négociants, et il est représenté, non point par des hommes de Rome ou du Latium, mais par des artistes ou des marchands de Campanie* et par des soldats des Apennins^ : ceux-là, les plus insinuants et les plus aventureux des hommes d'affaires de l'Occident, ceuxci, la plus robuste jeunesse de l'Italie.
Sous le nom de Grecs ^ il faut entendre des Orientaux de toute sorte, parmi lesquels les vrais Grecs, d'Athènes ou de Corinthe, n'étaient qu'une très faible minorité. Ces Grecs, qui envahirent la Gaule à la faveur de la domination romaine, étaient issus le plus souvent de l'Asie, soit des villes industrieuses de Lydie ou de Bithynie, soit des grandes cités commerçantes de la Syrie*. Beaucoup, qui se disaient des Syriens % appartenaient sans doute à la Palestine : et je crois que dès lors, dans presque toutes les
a pas à faire élat des chefs barbares qui ont pu être iiileraés en Gaule, comme Calualda (inler Goloncs'; lire Cuiinos'?) à Fréjus sous Tibère (Tac, Ann., Il, 02-3). — L'f.\i)reJsion (XIII, GlSjde Gcnnanus s'applique à des originaires des provinces romaines de Gercuanie.
i. P. 15, n. 2; cf. p. :]4'J et 32.3. Nombre de ces Campaniens pouvaient être d'origine grecque. — Sur les étudiants cl les cxiléi à Marseille, t. VI, ch. V.
2. Je songe à l'origine des soldats des X% VIP et VHP légions (t. III, p. 17G, n. 8), envoyés comme colons à Narbonne, Béziers, Fréjus.
3. P. io, n. 3, 4, 0, G. Voyez aussi les gens appelés Grœcas, Grsecinus, Grœcinias, Corinthia, etc., encore (jue ces noms ne révèlent pas nécessairement l'origine. — L'origine hellénique des personnages à noms grecs, très probable quand il s'agit d'esclaves ou d'alTrancliis (avec bien des e.xceplions, p. 333. n. 3), n'est nullement certaine pour les hommes libres; cf. plus loin, t. VI, ch. IV. Il est à rcmaniuer que ces noms grecs, qui se présentent en très grande proportion en Narboiinaise et dans les villes do commerce, sont beaucoup plus rares ailleurs : Aulun n'en offre que 4 sur 130 inscriptions.