Supposé d'après les usages de l'ancienne France
5. Le groupage semble résulter de l'existence d'un collège lyonnais dit de negotiatores Cisalpini et Transalpiiii, lesquels devaient réunir des marchandises de toutes sortes pour divers clients; C. I. L , XllI, 2029, V, 5911.
6. Tabellarius coloniœ Sequanorum, C. I. L., V, 68S7; tabellarius àNarbonne, Xll, 4.Ï12; à Lyon, XllI, 1989; à Metz, Xlll, 4313. 11 est possible que les plus riches familles aient eu leurs tabellarii: Labiénus avait les siens pendant les campagnes des Gaules (Gicéron, Ad Quinlum, 111, 8). Cf. llirschfeld, Vcrw., 2' éd., p. 200 et s.
7. A Narbonne, il n'y a pas trace, jusqu'ici, de sociétés de navicularii maritimes, ce qui n'empêche pas les navicularii de Narbonne, Narbonenses, d'avoir en fait à Oslie leur lieu de réunion ou leur local d'affaires (p. 108, n.7). De toutes manières, un navicularius de Narbonne n'en est pas moins un très grand personnage. Héron de Villefosse a montré {Deux armateurs, etc., dans Mém. Ant. Fr., 1914, LXXIY) que les Narbonnais P. Olitius Apollonius, navicularius (XII, 4406), et Sex. Fadius Sécundus (XII, 4393), auxquels on élève des monuments, expédiaient à Rome des amphores d'huile marquées à leurs noms (XV. 3974-5, 386-3-73), huile sans doute achelee par eux chez le producteur. Ils étaient donc à la fois négociants, expéditionnaires et armateurs. — Autres possibles, de Villefosse, ib., p. 176 et s. — Agent de transport de Narbonne en Sicile, p. 338, n. 5.
8. Bien que la langue officielle réservât l'expression de nautse pour les armateurs et patrons fluviaux, de n^iuicuiarfi pour les armateurs maritimes (t. IV, p. 401), je ne crois pas à la moindre différence de rang ou de condition entre les uns elles autres.
i72 LA CIRCULATION.
organisaient les échanges sur la Méditerranée'; à Lyon, ceux des « nautes de la Saône et du Rhône » se partageaient les transports sur les deux rivières'-; les « nautes parisiens » de Lutèce s'occupaient de la Seine et sans doute aussi de ses affluents \
Car ces différentes sociétés s'étaient réparti entre elles les grandes routes de la Gaule, routes de terre comme de rivières, de façon à ne point se faire concurrence et à assurer plus rapidement, d'une province à l'autre, le transit des marchandises. Ce vocable de « nautes » n'indique en réalité qu'une partie de leur activité. Les nautes se chargeaient, le cas échéant, des transports par terre : ceux de la Saône, par exemple, avaient dans leurs attributions un service de charroi ou de portage par les seuils de la Bourgogne, entre les ports de la rivière et ceux de la Loire ou de la Seine''.
Très riches, possédant des immeubles, des navires et des entrepôts, composées de noms connus et estimés, ces sociétés ou ces maisons offraient au commerce les garanties désirables d'exactitude et de sûreté. L'Etat et les villes leur accordaient certains privilèges. En échange, les administrations s'adressaient à elles pour le transport des matériaux ou des marchandises destinés aux services publics ^ Les nautes, à Lyon et à Arles, sont de vraies puissances, à peine inférieures aux corps municipaux", ce qui est aujourd'hui la situation des chambres de commerce à Lyon, à Bordeaux ou à Marseille ; et l'empereur Tibère lui-même ne dédaigna pas d'admettre un jour en sa présence les délégués des nautes de Paris '. Les routes de la Gaule