MARÉCAGES ET FORÊTS. I
Quantité de noms de lieux d'origine latine, les Luc, les Sauve, les Silve ou les Selve, rappellent des bois, aujourd'hui disparus, encore debout à l'époque romaine*.
Evidemment, il y eut çà et là dans les forets d'énormes entailles. Des villas- et des sanctuaires^ nouveaux se bâtirent à l'orée des bois, ou même, près d'une source, dans des clairières intérieures; et une bâtisse de ce genre, qui étend sans relâche ses communs, ses parcs, ses prairies, ses vero-ers et ses potagers, est une cause de ruine pour les taillis environnants. Mais si profondes que fussent ses blessures, la forêt n'en mourait point, et le maître lui-même de la villa n'avait garde de la supprimer : car c'était d'ordinaire la fraîcheur, le calme et le gibier du voisinage qui l'avaient attiré en ces lieux '\
Rome transmit donc au Moyen Age, à peu près entier, l'héritage de forêts que lui avait laissé la Gaule celtique ^ Si sur quelques points, les brèches étaient sensibles, elles seront vile réparées lorsque les invasions auront détruit tant de villes, de châteaux et de cultures". On verra alors la forêt revenir à la charge contre l'homme, et les ombrages de ses hêtres ou de
sera, près de Bing:en, une vnsle région désertique et forestière (Mos., 5-6) qu'on retrouve exactement aujourd'hui.