‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 250 sur 415 · Inscr. rom. de Bord., II, p. 462-3. Cf. ici, t. I, p · texte numérisé non relu

Inscr. rom. de Bord., II, p. 462-3. Cf. ici, t. I, p

5. [{enseignements de J. Feuvrier. Le « sampans », qui a fourni des matériaux aux façades de l'Opéra et du Trocadéro, s'exporte jusqu'en Amérique et en Orient.

6. Remar(iuo d'Allmer et Dissard, Musée, III, p. 28 : les plus anciennes inscriptions sont sur pierre de Seyssel, « d'un grain fin favorable à la sculpture, mais que son manque de résistance aux injures de l'air a fait abandonner de bonne heure pour le calcaire de choin de [du?] Fay, plus grossier et beaucoup plus dur >• ; il doit s'agir des carrières de Villebois dans l'Ain.

7. «Toutes les inscriptions parisiennes sont gravées sur calcaire grossier ■>, •■ la pierre parisienne par excellence » (de Pachtère, p. 98).

8. Cf. t. I, p. 81-3, mention d'autres carrières exploitées à l'époque romaine.

CARRIERES. 215

grand édifice, on utilisait différentes carrières, chacune pour un rôle spécial : celle-ci fournissait les pierres de façade, celle-là la maçonnerie des voûtes, une autre le blocage intérieur'.

Pendant trois siècles, le pic du carrier ne cessa de se faire entendre d'un bout à l'autre de la Gaule. Avec les rouliers, les maçons étaient les maîtres du sol. A défaut d'ouvriers civils, on recourait à l'armée. Les soldats ouvrirent les carrières de Norroy en Lorraine et de Brohl sur le Rhin. Ils ne manquaient pas, au milieu de leur besogne, d'honorer l'Hercule patron des tailleurs de pierre -.

La Gaule celtique, assurément, n'avait pas ignoré le bénéfice qu'on peut tirer de l'argile et de la pierre. Mais, mettant ailleurs son idéal, elle s'était intéressée médiocrement à ce genre de ressources et aux œuvres qui en sont formées. Au temps des Césars, la pierre retrouva l'empire qu'elle avait exercé sur le monde dans les siècles des menhirs et des dolmens ^

1. Pour les Arènes de Nîmes, les pierres de Barutel (à 7 kil., sur la roule d'Aiais), belles d'aspect et d'un grain fin, ont servi au gros œuvre extérieur; on a utilisé celles de Mauvalat (Sommières) pour la maçonnerie des voûtes, celles de Roquemaillère (commune de Nîmes) pour les parties moins en vue (voyez des relevés un peu différents chez Grangent. etc., Descr. des mon. antiques, p. G3-4). Les pierres de la Maison Carrée auraient été extraites des carrières de la montagne des Lens dans Moulézan. — A Autun, on a relevé (de Fontenay, p. 83-4). comme pierre de taille, le grès de Prodhun (Aulully), le calcaire oolithique de Mont-Saint-Jean et de Bar-Ie-Régulier; comme moellons, le gneiss des environs immédiats d'Autun; pour les entablements et chapiteaux, la pierre blanche de Germolles (Maçonnais) et de Tonnerre. — Parfois, pour produire un ellet artistique à l'aide de pierres à nuances diverses, on recotirait pour un même monument à des carrières très différentes, voire très éloignées (cf. les remarques de Germain de Montauzan, Aqueducs, p. 279; et ici, p. 219, n. 2). — Même intelligence dans le choix des petits matériaux : à Fréjus, ils ont préféré au sable boueux de l'Argens, « le sable du Rayran, formé par les débris de roches très dures, et fort estimé pour les mortiers » (Texier, 3* mém., p. 250 ; cf. ici, p. 213. n. 8). — Tout cela suppose de nombreuses comparaisons et des organisations industrielles assez compliquées.

2 Herculi Saxsano, C. I. L., Xlll, 4623-.5 (carrières de Norroy), 7692 et s. (carrières de Brohl). C'est tout à fait à tort que l'on a considéré cet Hercule comme un dieu germanique : on l'adorait à Tibur (XIV, 3543), ville qui avait d'importantes carrières, et peut-être était-ce là le centre de son culte.

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