‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 272 sur 415 · Textes, t. 11, p. 325; ici, p. 243. n · texte numérisé non relu

Textes, t. 11, p. 325; ici, p. 243. n

les tapissiers gaulois', qui ne purent résister .à la concurrence des mosaïstes-. Et ce fut grand doniniage pour le pays : car il perdit une de ses industries nationales, antique et glorieuse, et il ne trouva plus dans ses demeures, envahies par le froid pavé de la mosaïque, la tiède chaleur de ses tapis d'étoffe.

Mais à part la tapisserie, les industries du tissage et du vestiaire avaient toutes singulièrement grandi.

La conquête eut en effet ce résultat que jamais vestiaire plus varié ne s'est offert aux populations de la Gaule \ Rome leur révéla sa grande toge aux plis harmonieux disposés sur le corps, ses amples manteaux aux pans tombant jusqu'à la cheville, ses chapes légères rejetées sur l'épaule, vêtements à demi flottants, presque indépendants des membres humains, auxquels la fantaisie de chacun pouvait donner à tout instant une allure et comme un langage particulier. Mais la Gaule n'eut garde d'oublier son habillement national, moins élégant et moins varié sans doute, mais si commode, si peu absorbant dans la vie courante, étant ajusté au corps et en acceptant sans tension les moindres mouvements : la fine chemise de lin S la tunique^ et la saie ou casaque*^

1. T.a tipisserie à couleurs, dessins et images, pour murailles ou tentures, exista toujours dans la Gaule romaine: mais nous n'arrivons pas à démêler si c'est par une survivance celtique ou sous une influence ori.entale. Elle devait en tout cas, je crois, se développer particulièrement à partir du ni- siècle, et alors, sans doute, par TelTet des Svriens; cf. Sidoine, Carmina, 22, l'J2 et s.

3. Pour tout ce qui suit, t. H, p. 2'JC et s. 4: Cf. p. 244, n. 3.

5. Voyez la tunique à couleur marron foncé trouvée dans la nécropole de .Martres-de-Veyre (au Musée de Clermonlj.

6. Peut-être sont-ce des saies (jue les « habits de Bigorre », B'ujcrrica veslis, brevis atqiie hispida (Sulpice Sévère, Dial., I[1I], 1, 8), minora Aquitanica pallia (Grégoire le Grand, Epist., VU, 15. 40, P. L., LXXVII, c. 900). — Tout différents sont les aboilœ ou manteau.x de cérémonie (peut-être de lin) en usage dans les repas funéraires (XIII, 5708).

de laine, toutes trois à manches courtes ou longues, les braies ou pantalons *, la cagoule ou manteau à capuchon -. Je n'insiste pas sur les pelisses en peau de bête et à longs poils, qui sont de tous les temps et de tous les pays \ ni sur les longues tuniques et les robes ^ de femmes, qui n'offraient pas, en Gaule et à Rome, de notables différences.

De ces deux vestiaires qui se firent concurrence, la mode latine finit par être la moins forte. D'abord, nul autre que les citoyens romains n'avait le droit de prendre la toge '. Cela faisait d'elle un vêtement d'apparat. Elle le demeura, même après que tous les Gaulois eurent été déclarés citoyens romains. Ils hésitèrent toujours à s'en servir : c'était chose si difficile que de se bien draper dans la toge, et on y était si mal à l'aise pour les besognes du métier quotidien ! Même au delà du tombeau, le Gaulois ne put s'y habituer : sur ses images funéraires, il veut qu'on le montre, pareil à ses ancêtres, sous la tunique et le manteau à capuchon ^

Il arriva même ceci, que les Romains trouvèrent plus d'avantages à se vêtir à la gauloise ^ Déjà, avant l'Empire, ils importaient des pays transalpins une quantité notable de saies et de cagoules^; le mouvement s'accentua après César ^; et la

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