VI. — CUIR ET INDUSTRIES SIMILAIRES
Les industries du tissage et du vêtement avaient pour auxiliaires celles de la chaussure et de la coiffure, en particulier la préparation du cuir, très florissante chez les Gallo-Romains \
Il est malaisé de se figurer la manière dont les indigènes. hommes ou femmes, se couvraient habituellement la tète. Nous possédons plusieurs milliers de portraits de ce temps, et tous sont tète nue° : ce qui était chez les Romains l'usage cérémonial, que les Gaulois leur ont empruntée Mais il n'est pas possible que dans les voyages, à la campagne, pour certains travaux de métier, les hommes et les femmes n'aient pas gardé quelque
1. Je songe aux cagoules (p. 241, n. 1) et aux saies des Nerviens et des Atrébates (p. 240, n. 5 et 6). Ces dernières étaient dites xerampelina, c'est-à-dire couleur de vigne sèche (Suidas, au mot 'A-pa^a-'.xi:). Je doute (|ue cela signifie noir; il s'agit plutôt de quelque nuance de roux ou de brun, celle que gardait la laine non blanchie : Vcstilur Gallia rufis, et placet hic pueris militibusquc color (.Martial, XIV, 129), où il faut voir une allusion aux cagoules (p. 240, n. 4, 8 et 9j.
2. Voyez la description d'une fêle chez Galpurnius (VII, 26-9), la plèbe estpulla, sordida veste, et les chefs sont en hianc, nivei tribuni,
4. C'est ainsi qu'à Saintes (XI U, 1052) les lomrii auraient été assez importants pour avoir leur place réservée à ramphilhéàtre. Je crois que lorarii signilîe, non pas spécialement les fabricants et vendeurs de courroies, selliers ou bourreliers, mais, dans le même sens que corarii, les corroyeurs et les tanneurs. Une autre preuve de l'importance de cette industrie en Gaule est dans le fait rapporté par Pline, d'un chargement de cuirs de Gaule [du Dauphiné?] ayant fait naufrage prèsd'Ostie, tergorum advectorum e Gallia (IX, 14). — Je ne sais si l'on n'a pas trouvé en Gaule trace de tanneries gallo-romaines, aux abords des ruisseaux de villes.
5. Sauf parfois des tètes de femmes, voilées ou encapuchonnées, p. 244, n. 4. p. 239, n. 4. .
6. Il est cependant à reniiiniuer que, même figure en tenue d'alelier, le Gaulois est tète nue : peut-èlre était-ce de rigueur daus une sculpture funéraire. Etje crois que, coïncidence à noter, les tombes ont livré beaucoup plus de débris de chaussures que de coilTures.
248 LA PAHHICATION.
coilTiire traditionnelle : le capuchon de la cagoule n'est bon qu'en hiver ou contre la pluie'. Cette coiffure, c'est sans doute celle dont les artistes ruraux affublent la tête des divinités champêtres, un énorme chapeau formé d'une simple calotte et de bords démesurément larges -. Là-dessous, on était à l'abri l'hiver de l'eau et l'été du soleil : car on peut croire qu'il était en feutre et non en paille. Les femmes devaient le porter aussi bien que les hommes. Et j'imagine que les chapeaux de nos débardeurs, que ceux des paysans et des paysannes de la France centrale ou de notre Bretagne, parfois si semblables aux coiffures monumentales des déesses gauloises, n'en sont que les copies, fidèlement transmises d'âge en âge'.
La chaussure'' offrait beaucoup plus de variétés, peut-être parce que les Anciens lui avaient assigné le rôle de marquer parfois les distinctions sociales, rôle qui, beaucoup plus tard, reviendra à la coiffure. Les Gallo-Roniains ont dix à douze manières de se chausser, et, pour chacune, quantité de formes : l'espadrille, sandale indigène à semelle de corde et à dessus