‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 3 sur 415 · I. — DIFFICULTÉS D'UNE ÉTUDE SUR LA CIVILISATION GALLO-ROMAINE · texte numérisé non relu

I. — DIFFICULTÉS D'UNE ÉTUDE SUR LA CIVILISATION GALLO-ROMAINE

Il ne suffit pas, pour faire l'histoire de la Gaule latine, d'exposer comment les proconsuls l'ont conquise et les princes l'ont gardée, et comment elle fut amenée à accepter et à aimer

1. On trouvera dans ce volume et le suivant un certain nombre de faits ou de considérations (sur les routes, p. 104-7; la religion, t VI. cli. I;etc.) qu'on a pu déjà lire, encore qu'en termes dilTérents, dans le volume précédent (t. IV), consacré au gouvernement impérial. II était en effet nécessaire que certaines choses fussent étudiées deux fois en cet ouvrage, d'abord à la date où elles ont apparu comme organes de la vie publique et comme produits du régime impérial, ensuite à leur place dans la vie économique et morale de la Gaule. Je n'ai pas voulu abréger ce que j'avais à en dire ici, ni me borner à renvoyer par une note à des passages du t. IV : un livre d'histoire ne peut pas obliger les lecteurs à reconstituer euxtnémes la série des faits ou la suite des idées; il leur doit de leur présenter à la fois tous les éléments qui leur permettront d'embrasser et de juger l'ensenible de ces faits et de ces idées. Ceci n'est pas un répertoire de documents, mais un essai de reconstitution de tous les phénomènes qui firent la vie d'une nation disparue.

Dans ce tableau économique et moral de la Gaule romaine, nous n'avons exposé que les faits propres à cette Goule, et nous avons réduit au minimum nécessaire les allusions au reste de l'Empire. Qu'on ne cherche donc dans ces pages ni un manuel d'archéologie romaine ni une bibliographie des questions que provoque l'étude de la vie latine. On fera aisément cette bibliographie en recourant au.\

l'empire de Rome '. Nous devons étudier ensuite la manière dont se sont comportés, sous cet empire, les êtres et les choses de ce pays, les changements que le régime des Césars a procurés ou imposés aux cultures du sol, à l'aspect des monuments, aux pensées et aux mœurs des habitants, ce que la surface de la terre et l'âme des individus ont conservé des habitudes du passé gaulois - et ce qu'elles ont emprunté aux coutumes de leurs nouveaux maîtres.

Cette étude de la civilisation gallo-romaine est plus délicate

deux grandes encyclopédies de l'Antiquité : Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, I, I, 1881, achevé en 1917; Pauly's Heal-Encyclopœdie der classischen Altertumswissenschafl, n. éd., par Wissowa, etc., I, 1894, etc. En ce qui concerne la Gaule même, je ne pense ni ne dois, comme je l'ai indiqué déjà [l. II, p. 440), apporter ici une biblio^i^raphie complète, surtout des faits archéolop^iques et des problèmes de topographie locale. Je renvoie, pour permettre de constituer celte bibliographie, aux recueils que j'ai cités à cet endroit. On y ajoutera : 6° la bibliographie du Recueil général des bas-reliefs, etc., de la Gaule romaine, par Espérandieu, 6 V. parus, 1907-1913; et 7" (répertoire plus complet que tout autre) Raoul Montandon, Bibliogrçphie générale des travaux palethnologiques et archéologiques, en cours d'impression à Genève depuis 1917. — Mais le travail continu des érudits fait que ces recueils deviennent chaque jour plus incomplets. On se tiendra au courant à l'aide des ciironiques et bibliographies de la Revue archéologique {\° série. IV. juillet-décembre 1916. du Bulletin monumental (LXXVIII. 1914), de la Revue des Revues (XXXI^a., fascicules parus en 1914). du Bulletin arcliéologique du Comité des Travaux historiques et scientifiques (année 1917 en cours), de la Revue des Études anciennes (XVIIi, 19IG), et aussi du Bericht der Bœmisch-Germanischen Kommission (VI. 1910-1. paru en 1913), qui a pou à peu empiété, hors du domaine rhénan, sur toute la Gaule. Il est du reste à souhaiter qu'on donne bientôt une bibliographie critique de la Gaule romaine. — Les anciens travaux sur la civilisation gallo-romaine ne peuvent être examinés qu'à titre de curiosité : Friedhender, Gallien und seine Cullur unler dcn Rœmcrn, dans la Deutsche Rundschau de 1877, Xlll; Jung. Die Romanischen Landschaften des Rœm. Reichs, 1881, p. 190 et s.; Mommsen. Rœmische Geschichte, V. 1883. ch. 111; etc. Tout en étant des travaux plus localisés, les questions essentielles ont été abordées surtout dans Iletlner, Zur Kultur von Germanien und Gallia Beijicn. 1883 (Westdeutsche Zeitschrift, II); DragendorlT. WesldeuLschland zur Rœmerzeit, 1912; Koepp, Die Rœmer in Deutschland. 2' éd., 1912; Cumont, Comment la Belgique fut romanisée. 1914 (Annales de la Société royale d'archéologie de ■Bruxelles. X.\.V1II), travail d'une netteté et d'une sùrelé remarquables. Pour comparer avec la Bretagne : Sagot, La Bretagne romaine. 191 1 ; John Ward, The Romau Era in Britain. 191 1 ; Havérfield, The Romanization of Roman Britain. 3' éd.. 1915. On trouvera quelques indications dans Habiier, Rœm. Herrschaft in Wisteuropa. 1890. Il Cit bon aussi de voir les manuels d'antiquités privées : Marquardl. Das Privalleben der Rœmer, 1879-82 (Handbuch, VII); Blùmner, Die Rœm. Privatalterliimcr, 3° éd., 1911 (Handbuch d'I. v. Mûller, IV, II); Friedlœnder, Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms. 8" éd., 1910.

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