Je parle de celles que connut la Gaule
dans cette industrie même, et aussi dans le métal ou la terre cuite. 11 fut fort commode aux verriers transalpins de s'inspirer de leurs maîtres syriens ou même des potiers d'argile * et des ciseleurs d'argent ou de bronze'. Et ils ne s'en firent point faute dans le dessin de leurs vases, allant, tel fut grand leur besoin d'imiter, jusqu'à reproduire en verre des récipients en bois ou des corbeilles en osier ^
Du moins, à défaut de la forme, ils apportèrent la couleur, faite des nuances du ciel ou des reflets du soleil : ils surent retrouver par le verre tous les tons de l'azur, du jaune, du blanc, du vert, du violet et du noir même; au besoin, ils y mêlaient des couleurs adventices et parfois de la dorure ^ C'étaient, pour la plupart, de bons coloristes, qui, en face de la monotonie de l'arrétin, rappelaient ou ravivaient les traditions polychromes de l'industrie gauloise ^
A la fin même, en observant le spectacle de la vie nationale, les verriers de Gaule rencontrèrent une forme originale de récipient : c'est celle du barillet, un vase de petites dimensions, reproduisant en image très réduite le tonneau si cher aux Gaulois et même à leurs dieux : et ramené à ces proportions exiguës, fait de verre brillant, le tonneau banal des vignerons perd de son apparence lourde et trapue, et prend un certain aspect d'élégance'.
1. « Toutes les formes signalées » dans la poterie arrétine « ont tenté le verrier » (Morin-Jean, Dicl.., IX, p. 943). Cf. ici, p. 291, n. 4, 5 et 6.
2. « Les canlhares » de verre <i rappellent jusque dans les détails les plus infimesde leur structure » les vases d'argent(Moria-Jean, l. c). Cf. ici, p. 291, n.6.