VERRERIE
modelées, aux découpures qui semblaient imitées de dentelles, aux nuances savamment dégradées qui reposaient l'œil à la manière d'une caresse. Comme on était loin, avec ces œuvres, de l'éclat rude et monotone du vase arrétin! Il y avait chez le façonneur d'argile trop de besogne industrielle; le verrier traitait déjà son art en gentilhomme. C'est un peu de la France moderne qu'annonce la verrerie d'art de la Gaule.
Ce qui est une nouvelle preuve de l'allure indigène prise par cette industrie charmante et vivante', c'est qu'elle a grandi assez loin du Rhône et de la frontière d'Italie ^ près des Vosges et de la Manche, chez ces peuples de la haute Moselle où la tradition gallo-romaine devait être reprise par Baccarat % chez ceux de Normandie*, oii nous trouvons le plus riche des maîtres verriers de la Gaule et peut-être de l'Empire, Frontin, spécialiste en barillets. De toutes les grandes manufactures transalpines, celle de Frontin fut la mieux organisée : outre sa maison mère, elle comprenait une douzaine de succursales ou d'ateliers, ayant chacun la signature ^ Le plus grand nombre des verres achetés en Gaule portaient la marque frontinienne ^ Quel regret pour