DEVELOPPEMENT DE LA CIRCULATION COMMERCIALE
impériale nous a fait pressentir l'intensité de la circulation commerciale. Ce sont d'abord des troupes d'immigrants, une population plus dense, de plus grandes villes, des lieux de foires et de plaisir qui s'animent, de belles routes qui se construisent : voilà, hommes, chemins et carrefours, de quoi appeler et aider l'afflux de marchandises nouvelles. Ce sont, ensuite, ces marchandises que nous avons vues sortir, infiniment nombreuses et variées, d'une terre mieux exploitée et de fabriques plus étendues ^
Mais à côté de ces causes matérielles, des causes morales contribuent à expliquer l'extraordinaire échange de marchandises dont nous allons être les témoins.
L'une de ces causes est le tempérament propre à certaines espèces d'hommes de l'Empire. Phéniciens, Syriens, .Juifs, Grecs d'Asie, Italo-Grecs de Campanie 2, héritiers de trente générations de marins, d'aventuriers, de pirates, de voyageurs, de vendeurs de pacotilles, descendants d'Ulysse, d'Himilcon ou de Py'théas*, ne se pliaient point aux habitudes stables et régulières des temps nouveaux. Se déplacer et brocanter, c'était pour eux besoin de leur nature autant que façon de gagner sa vie. Ils représentaient, dans ce monde assagi et prosaïque, l'élément agité et entreprenant, qui faisait circuler plus vite et plus loin le sang et la richesse. Grâce à eux, les produits de tous les fabricants étaient connus de tous les chalands : ces hommes, éternels remueurs de grandes et de petites affaires, éveillaient partout la curiosité et le désir d'acquérir, et ils forçaient pour ainsi dire la terre à des échanges universels. Un empire mondial fait la joie du courtier et du voyageur de commerce.
Je crois que quelques Gaulois ressemblèrent à ces vieux trafiquants de la Méditerranée et furent aussi de bons placiers en