II. — IMPORTATION
Des causes particulières favorisaient l'importation des marchandises du Midi et de l'Orient. C'était la présence, dans les métropoles de provinces et notammentà Lyon, de fonctionnaires impériaux, sénateurs, chevaliers, affranchis du prince, presque tous d'origine italienne; et c'était aussi le séjour, en garnison sur la frontière du Rhin, de milliers de soldats, dont beaucoup,
1. C. /. L., XIll, 5708 : Statua... marmorea ex lapide quani optunio transmarino [africain ou grec], vel œnea ex sere tabulari [le bronze dont on fait les tables tles documents publics] quam opiuino... Lectica et H subsellia ex lapide transmarino ... Ara ex lapide Lunensi quam oplinio... Cludatur id œdificium lapide Lunensi.
2. On a trouvé, par exemple, un vase signé Vibii aux environs de l'ancien poslc des Douanes dit du Sud vers Arcaclion (Durègne, Extraits des Comptes rendus de la Soc. Linnéenne de Bordeaux, 1897, p. m). Remarquez qu'il s'agit peut-être d'un bon potier d'Arezzo (XUI, 10009, 290-300).
au début de l'Empire, venaient également d'Italie'. Tous ces hommes étaient habitués au vin, à l'huile, au luxe ou aux produits du Midi. Le sénateur regrettait son falerne -, le légionnaire ses olives et ses raisins secs^: mais, pour éteindre leurs regrets, les trafiquants italiens se trouvèrent à point nommé sur les marchés des grandes villes ou dans le quartier des cantines militaires*.
Nous avons déjà indiqué, à propos des produits de la terre et des fabriques gauloises, ceux de l'étranger qui arrivaient leur faire concurrence ^ Qu'il suffise de les rappeler ici.
Les plus demandés étaient les produits alimentaires, le vin entre tous^ Dans la période où les vignobles gaulois furent réduits ou proscrits, on but sans doute du gros vin d'Espagne ^ ou d'Italie. Dans les temps de liberté, on rechercha quand même les crus célèbres des pays transalpins, et le falerne en première ligne, qu'on transportait dans des amphores cachetées et dont un grand seigneur se piquait d'avoir toujours dans sa cave*. — Puis venait l'huile, qui était alors une des gloires de l'Espagne industrielle^ : toute la Gaule était tributaire de sa voisine, et jusqu'aux bords du Rhin batave se montraient les