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LES DETAILLANTS. 343
çant aux planches des étagères \ sabotiers", vanniers ^ un peuple de petits magasiniers s'allongeait aux rez-de-chaussée des maisons ou à l'arrière des portiques des édifices publics^. A les voir dans les bas-reliefs qui les représentent, cela nous rappelle nos bonnes villes de province d'il y a soixante ans, Nîmes au quartier de l'Horloge, Bordeaux aux Fossés de l'IIotel-de-Ville, Arras à la Grande-Place.
En temps de marché, les bancs et les tentes se dressaient sur les places, les vieux tapis s'étendaient à terre, et la marchandise remplissait tout. Ces jours-là le paysan, qui devenait le vrai maître du lieu, apportait ses légumes et ses bêtes, achetait ses outils et ses cagoules. Mais à quoi bon décrire un spectacle que nous pouvons voir, toujours pareil malgré les années, et souvent sur les mêmes foirails, par exemple à la grande place de Cassel, demeurée, depuis plus de vingt siècles, le rendez-vous périodique des pa3'sans ménapes ou flamands?
Il y a enfin, alors comme aujourd'hui, le marchand ambulant des grandes villes, qui pousse son charreton^ ou soutient sa corbeille suspendue au cou, criant à tue-tête sa marchandise : « Les pommes, Mesdames, les pommes », cri éternel du marchand des quatre-saisons, que Narbonne, à chaque fin d'automne, commençait à entendre dans ses rues et qu'il y entend sans doute encore ^ — Car, avec l'aspect de ces rues de villes gallo-romaines, il faut aussi se représenter leur tapage : ces appels impérieux du marchand qui passe se mêlaient aux chants discordants des oiseaux dans la boutique de l'oiselier', au bruit cadencé du marteau de la forge ^ aux grincements de l'outil du