‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 370 sur 415 · VL — LES DÉTAILLANTS · texte numérisé non relu

VL — LES DÉTAILLANTS

Au-dessous de ces maisons de gros, les boutiques de débitants étaient innombrables'. La vente au détail fut, dans les premiers siècles de notre ère', très importante, très prospère et très variée. Il faut attendre le dix-neuvième siècle pour trouver en Gaule une telle proportion de détaillants, boutiquiers, ambulants de villes, colporteurs de marchés, gagne-petit de tout genre. Rien de pareil n'avait existé aux temps plus anciens, lorsque l'industrie ne travaillait guère que pour une aristocratie ^ Maintenant, dans ces grandes villes populeuses, pleines

1. A Lyon(cf. p. 338, n. 2); à Trêves (p. 317, n. 3); XIII, 1522 (au puy de Dùme, cives [Romani'?] negotiatores); cf. t. iV, p. 414. La vogue, dans la Germanie indépendante, de la chaudronnerie campauienne (p. 304, n. 1) s'explique sans doule par l'action des placiers italiens. Mais il s'agit, dans !a plupart de ces cas, des premiers temps de l'Eujpire.

2. Remarquez qu'à Lyon un Trévire fait partie du corps des negolialores Cisalpinoruni et Transatpinoruin (XIII, 2029; ici, p. 338, n. 2).

3. Uappeloas que ces aptitudes commerciales se constatent surtout cliez les Bel„'es, les Trévires avant tout, puis les Xerviens, les Rèmes, les Tongres, etc.; cf. p. IjO 151.

4. Association de tabernarii d;u\s la très petite ville de Caslellane dans les Alpes Maritimes (t. IV, p. 387, n. 3); le quartier des Canlunx Novx à Cologne, où sont les potiers de figurines (ici, p. 285, n. 8).

5. Elle a pu souiïrir après Anlonin, et elle a sans aucun doute diminué fortement après Sévère Ale.vandre; cf. t. IV, p. 477 et s., p 032 et s.

fl. Cf. t. Il, p. 320-7.

342 LE COMMEUCE.

d'ouvriers, de hour-^^eois et d'étranj^^ers. lurs de ces jours de spectacle où des milliers de plébéiens et de paysans se pressent à travers les rues et les places, il est bon que mille échoppes, mille éventaires viennent s'ouvrir ou s'ollVir aux besoins, à la curiosité et à l'appétit de la multitude'.

Devant ces boutiques comme devant les maisons de gros, nous sommes frappés du même fait, c'est que des indigènes les tiennent d'ordinaire et qu'ils les ont remplies de choses du pays. Le spectacle ne rappelle pas ces innombrables magasins de produits importés, ces bazars de toutes dimensions que les Français installent dans leurs villes d'Afrique. Chez les Celtes et les Belges, à Bordeaux, à Sens, à Trêves, c'est presque toujours le Gaulois qui occupe la rue de ses devantures et de ses marchandises : j'excepte, bien entendu, les inévitables baraques d'Orientaux-. Le plébéien gaulois a su imiter son patron ; celui-ci s'est fait industriel et négociant, et celui-là, débitant. A tous deux la défaite a ouvert un nouvel horizon de vie, et ils l'acceptent.

Les plus riches d'entre les débitants étaient ceux qui avaient boutique sur rue : bouchers avec leurs quartiers de viande suspendus k d'énormes crochets, avec leur étal où repose le grand couperet quadrangulaire^ tailleurs dont les piles de draps s'entassent sur les banques massives S fruitières armées de la balance romaine, insigne de leur travail^ boulangers et pâtissiers avec leurs pains et leurs gâteaux en étalage ^ marchands de vins et de comestibles devant leurs pichets alignés sur les comptoirs en rangée décroissante, ou leurs boudins se balan-

1. A Tours, sur l'ordre de saint Martin, un prêtre court actieter e proxiinis tabernis Bigerricam vestem (DiaL, II [I]. I, 8).

3. Espéraudieu, n»' 1210 (Bordeaux), 2056 (près de Nuits), .3454? (Dijon). Ici, p. 2.j8, n. 2 et 3.

4. N°' 1099 (Bordeaux), 4U43 (.4rlon). Cf. ici, n. 1, et p. 240, n. 1, 3, 4.

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