‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 392 sur 415 · GRANDE ET PETITE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

GRANDE ET PETITE PROPRIÉTÉ

A chaque instant, les ruines de la Gaule nous révèlent l'étendue de nouveaux domaines, la richesse des maîtres du sol. Le propriétaire de la villa de Ghiragan près de Marlres-Tolosanes a sous ses ordres cinq cents laboureurs, occupés à mille hectares de terres labourables; et, puisqu'il faut ajouter aux emblavures les prairies, les vergers, les potagers et les bois, cela fait autour de la villa plus de dix mille hectares tout d'un tenant, et des serviteurs pour plus d'un millier, la population d'un très gros village'. En Belgique, un domaine rural comporte souvent, outre les terres à cultiver, des mines de fer, des fourneaux, des forges, des ateliers de tout genre : sur l'un d'eux, à Morville près d'Anthée, le patron a fait bâtir une vraie bourgade, qui a seize hectares de superficie'. Un maître de biens, à Anthée même, chez les Tongres, à la fois agriculteur comme celui de Ghiragan et industriel comme celui de Morville, a dû étendre les communs de son exploitation sur un terrain de six hectares, cent mètres de côté et six cents de l'autre ^ Ges gens-là, évidemment, pour ne point porter l'épée et ne pas commander à des soldats, n'en valent pas moins, comme propriétaires de sol et conducteurs d'hommes, un Gaulois des anciens âges. Tibérius Flavius Yétus, de Dijon, est le protecteur, le patron et peut-être l'ancien maître de tous les maçons et de tous les ouvriers du pays; et quand il revient de voyage, on lui élève des autels et des statues comme à un prince de la Maison Divine*. Ne ressemble-t-il pas à Lucter le Gadurque, l'ami de Vercingétorix, qui avait dans sa clientèle les hommes de la place forte d'Uxellodunum, capable d'arrêter à elle seule les légions romaines ^?

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