‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 397 sur 415 · T. I, p. 19-20, Sj-Q · texte numérisé non relu

T. I, p. 19-20, Sj-Q

léij^unios et de fruits'. C'est un beau temps, ce siècle de la paix romaine, pour les maraîchers, les fleuristes, les jardiniers qui approvisionnent les grandes villes. A la campagne aussi bien que dans les cités, les gagne-petit ont leur domaine et leur clientèle, et ils sont maîtres chez eux-.

Parle fait des lois, des mœurs des hommes, de la nature de la terre, la grande propriété se trouva donc enrayée dans la Gaule. Notre pays ignora ces immenses domaines, vastes comme une province, qui englobaient des villages et des milliers de feux, et qui, dès le temps des premiers empereurs, entraînaient en Italie ou en Afrique tant de ruines matérielles et morales, tant de souffrances au sol, tant de pertes à la liberté humaine ^ Il ignoraégalement ces puissants propriétaires avides et maniaques qui voulaient posséder quelque chose dans toutes les parties du monde entier, cette sorte d'impérialisme terrien qui poussait les riches à acquérir des terres partout où régnaient les empereurs, à ne voir clans le sol qu'une marchandise qu'on achète et qu'on utilise partout où il s'en trouve' : la grande propriété, là où elle existe en Gaule, est le plus souvent localisée, le maître a son domaine dans sa cité et rien que là, la terre est pour lui, non pas seulement un bien qu'il exploite, mais mieux que cela, un lieu qu'il habite. Entre elle et lui il y a des liens domestiques et de longues habitudes qui ne se sont point rompus ^' : ce qui

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