Ici, p
que les liommes évaluent malaisément, avait cessé d'être dominante. Un Gaulois pouvait être très riche sans posséder de biens-fonds, par le mouvement de capitaux ou le travail d'une usine. De l'or plein les sébiles des changeurs et les sacs des banquiers ', des ballots de marchandises sortant par les portails des manufactures-, un navire chargé rentrant au port% tout cela révélait aux yeux des plus ignorants l'existence d'un heureux du monde, et ce spectacle les frappait plus fortement que celui de grains entassés au grenier ou de bestiaux groupés dans le barrait. Voilà pour les mo3'ens d'arriver à la richesse.
Pour les moyens d'en jouir, que de variétés nouvelles depuis les temps gaulois! Demeure belle comme un palais, tombeau solide comme un donjon, partout, autour du maître, de son foyer ou de sa tombe, l'éclat du marbre, de l'or ou de la pourpre, le brait de la foule, l'odeur des festins, l'enivrement des parfums, la beauté des esclaves, l'harmonie des musiques et jusqu'à l'art des comédiens ", tous les sens étaient réveillés par le contact d'un puissant, il concentrait autour de lui toutes les manières de susciter des sensations humaines \
Par là même, si riche qu'apparût un (lallo-Romain, sa
1. L'importance du numéraire comme signe de la richesse se montre dans l'habitude de remplacer les cornes d'abondance des dieux, remplies de fruits, par des sacs d'où s'échappent des pièces de monnaies (Espérandieu, n°' 1535 et 3033). De la même manière, Trimalchion se fait représenter nummos in publico de sacculo effandenlem (Pétrone, Sat.^ 71, 10).
2. Bas-reliefs chez Espérandieu, n°" 4131, 4130. Charrettes chargées, ici, p. 133. n. G.
3. C'est pour cela que sur tant de monuments funéraires, soit à Narbonne, soit chez les Trévires, sont représentés des navires, symboles de l'activité et de la fortune du défunt (cf. ici, p. 231, n. 2, p. 162, n. I). De même, Trimalchion sur son tombeau (Pétrone, Sal., 71) : Te rogo, ut naves eliam [in fronte ou in latere] monumenti niel facias plenis velis eunles.
4. Le Viennois Valérius Asiaticus a une troupe nombreuse de comédiens dans sa domesticité; inscription de Vienne (XII, 1920) : Scœnici Asiaticiani et qui in eodem corpore sunt vivi sibi fecerunt.
5. Lisez le festin de Trimalchion, et étudiez les ruines des villas gallo-romaines : l'un commente l'autre. Je ne connais pas d'oeuvre qui, mieux que celle de Pétrone, soit la traduction vivante de choses vues, et dans le détail et dans l'ensemble, et comprisei dans leur sens réel.