‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 405 sur 415 · CONTACTS ENTRE RICHES ET PAUVRES · texte numérisé non relu

CONTACTS ENTRE RICHES ET PAUVRES

richesse ne semblait point, même aux plus pauvres, une chose inabordable. II n'y avait pas, entre eux et lui, entre leur vie et les espérances secrètes des déshérités, un abîme qui ne pût se franchir. A l'époque de l'indépendance, un grand de la Gaule, maître de domaines immenses et invisibles, toujours proté^^^é par des troupes de serviteurs en armes, était pour un plébéien une manière de roi et de dieu, et rien de ce qui faisait sa force, vastes terres et gardes du corps, n'était accessible à un misérable'. Maintenant, il peut atteindre à quelques-uns des moyens qui font la richesse, à quelques-unes des jouissances qu'elle procure : il peut gagner de l'argent comme ouvrier ou comme écrivain, avoir une part de bénéfices dans une entreprise de charroi ou de navigation; et il peut ainsi espérer à son tour quelques pièces d'or, un vase d'argent, une belle esclave, un tombeau de pierre. Faite d'éléments plus nombreux et plus mobiles, la fortune se mêlait davantage à tous les hommes.

L'état social concourait, avec ces conditions matérielles, à diminuer l'écart entre riches et pauvres.

On a VU" que les. classes et les conditions politiques ou sociales n'étaient point séparées les unes des autres par des barrières infranchissables. Les lois et les mœurs favorisaient également le passage de la servitude à la liberté. Il était le plus facile du monde, si l'esclave acquérait de quoi se racheter; et comme les esclaves les plus économes et les plus industrieux arrivaient toujours à l'indépendance, ils se trouvaient ensuite tout entraînés pour monter de la liberté jusqu'à la richesse ^ Trimalchion est un affranchi, et la Gaule a produit des milliers de Trimalchions, depuis ce Licinus, ancien esclave, qui y devint intendant du prince et riche à millions \ Je ne sais si nareille

Page 1