‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 41 sur 415 · HYGIENE ET UUUEE DE LA VIE · texte numérisé non relu

HYGIENE ET UUUEE DE LA VIE

actuelle, quarante ans, mais ce qui devait se rapprocher de la moyenne de l'ancienne France ^ Il est possible que la mortalité des enfants fût plus forte que de nos jours-. Mais les inscriptions tumulaires et les documents écrits nous donnent une assez belle série de vieillards ^ Alors comme aujourd'hui, les abords de la

A. Lyon, sur 106 âges iadiiiués, Mollière(p. oS) trouve des uioyennes de 31 à32ans (cela me parait bien faible) pour les personnes âgées de plus de 9 ans, 27 ans environ pour la vie en général. — Boloch, opérant sur les inscriptions d'Italie, et à l'aide d'une outre méthode, celle des tables de survie, est arrivé à des résultats beaucoup plus faibles, à une moyenne de vie totale de 36 à 37 ans pour les adultes de 20 ans {Die Bevolkerang, p. 47 et s.): il avoue (p. 50) lui-même être étonné de l'extraordinaire brièveté de la vie en Italie, qui jure avec le chilTre des centenaires qu'y indiquaient les Anciens (p. 32, n. 3); actuellement, l'âge moyen auquel arrivent les personnes de 20 ans dépasse, en Italie comme ailleurs. 60 ans (Slat. inlernalionalc. p. 507). — Voyez d'autres reclierches, sur l'Afrique, où la longévité paraît supérieure à la Gaule : Schiller, Gesch. des Rœm. Kaiserreichs unter dcr Regier 1111(1 des Nero, 1S72, p. 502: Espérandieu, DiilL (L- l'Âcad. d'Hippone, n" 21. B(ine, 1880, p. 208 et s. — .MoUiére (p. 03-6i) croit à une mortalité plus grande des femmes pendant la durée des fondions naturelles, à cause de la précocité des mariages (à Lyon, 12 à 13 ans, XIII, 2008, 2203; 14 ans, XII, 090). Comme d'autre part iL constate que les inscriptions chrétiennes mentionnent toujours, en Gaule et partout, des âges plus avancés (moyenne, 36 au lieu de 27). il en conclut (lue l'amélioration des conditions du mariage dans les temps chrétiens a dû entraîner un prolongement de la vie huiTiaine (remarquez, ce qui conlirmeralt la thèse de .Mollière, les faits de longévité au iv'= siècle, ici, n. 3). Ceci est très ingénieux, mais il y a tant de hasards dans les notations épigraphiques! — 11 est curieux, évidemment, que les inscriptions amènent partout, pour les femmes, à une moyenne de vie plus faible que pour les hommes (Mollière, p. 58: Beloch. p. 46; etc.). tandis que c'est aujourd'hui, et depuis longtemps, exactement le contraire : je n'ose cependant encore accepter que la mortalité féminine fût plus grande autrefois que de nos jours.

1. Je parle d'avant les grandes réformes d'hygiène et d'assistance. A la date de 188'.), de Foville indique comme moyenne le chiffre de 40 ans. La moyenne, qui est de 31 ans nu commencement du xix" siècle, commence à s'élever après 1825: cf. la Statiiliqiu inlcrnationaU publiée par le .Ministère du Travail. 1907, p. 452. Sous Louis XVI, on évaluait la vie moyenne à 25-20 ans (Moheau, Recherches et Considérations sur la populalion de la Francj, 1778, p. 156; mais cf. les réserves do Levasseur sur les données de Moheau, Population, 1, p. 277-8). — De même, de Foville, p. 36 : ■■ Aux personne-; de 40 ans le droit romain ne semblait promettre. en moyenne, que 20 ans d'existence [allusion à Digeste, XXXV, 2, 68]: leur vie moyenne monte à 23 ans au xv!»" siè-.le [Moheau dit seulement 21, p. 150] et à 28 d'après les derniers calculs [1377-1831]. •

2. Simple hypothèse, v i l'absence d'in fhMtion d'âge piur les t.)ut petits enfants (cf. p. 30, n. 8). La mortilité des enfants, de moins d'un an a baissé de 18,7 pour 100 (1800) à 13,9 pour 100 (1903i; Stat. intern., p. 464.

3. P. 30. n. 8. Dans la famille d'Ausone, son père meurt à 88 ans [Parent., 3), lui-même a dû dépasser 80. son pelit-llh Piulin de Pella a atteint ou dépassé 83 ans (Enc'.iar., 12-14) : c'était une belle lignée; et voyez aussi dans cette famille le nombre d'enfaMls (p. 27. n. O).

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