PROGRES DE LA VIE URRÂINE
Cologne \ Mayence-, celles-ci produits nouveaux de la vie militaire des frontières : c'était le groupe des villes de second ordre, qui pouvaient renfermer de quatre-vingt à cent mille êtres, plus ou moins. Derrière elles s'élevait l'ensemble plus nombreux des moindres colonies du Midi, Toulouse, Aix, Béziers, Orange, Fréjus% et des bonnes cités du Centre et de l'Ouest, Bordeaux, Reims, Sens, Saintes, Poitiers*, dont on peut chiffrer l'effectif entre quarante et soixante mille hommes ^ Les grandes villes
1. Péripliérie de 3911 mètres et surperficie de 9G hectares 80. Mais il faut tenir compte de la population militaire.
2. Voyez le nombre des inscriptions et songez à l'importance du camp.
3. Je les place ici seulement, à cause de l'étendue approximative de leurs enceintes, contemporaines d'Auguste, combinée avec le nombre relativement restreint de leurs inscriptions. Il devait y avoir bien de la place vide dans leurs enceintes (Fréjus a environ 3500 mètres, le port mis en dehors). Et peut-être dans ces villes, sauf à Toulouse, qui n'a pas dû perdre (l'enceinte sous Auguste a dû être de 3955 m. [note de J. Chalande], ambitus ingens, dit Ausone, Urbes, 98-106), peut-èlre s'est il produit un assez fort dépeuplement après la fondation coloniale. On peut placer Marseille (2500 mètres environ) dans cette catégorie (cf. t. I, p. 210). Et, en outre. Augst (2.i46 toises, Schœpflin, Alsalia illustrala, I, p. 1G:J), Avenches (environ 4ÛÛ0 m.), deu.x villes où il devait y avoir beaucoup d'espace vide, Xanten (85 hectares), etc.
4. Je les place ici, à cause de l'étendue de leur enceinte, construite, il est vrai, non sous César ou Auguste, comme pour les villes coloniales qui précèdent (p. 36, n. 1-6, p. 37, n. 1-3), mais au troisième siècle, après le passage des Barbares (t. IV, p. 294-5), mais enceinte qui suppose après tout la continuation d'une importance relative. Et je m'aide aussi du nombre de leurs monuments. — Bordeaux a 2350 mètres, Sens 2500, Poitiers 2600; pour Reims, p. 35, n. 1. Peut-être aussi Bourges (2100 m.) et CIcrmont. Saintes a dû appartenir à cette catégorie au début de l'Empire, puis être bien tombée (enceinte, seulement 035 m.). Comme superficie de ces villes après la construction de leurs remparts, je trouve d'ordinaire 30 à 40 hectares : mais il faut doubler au moins (bien davantage pour Saintes) pour avoir la surface bâtie dans sa plus grande extension. Je crois bien, vu l'importance des ruines, qu'il faut aussi mettre dans cette catégorie Metz et Besançon {■kHoh [XîyaXr,, dit Julien de celle-ci. Epist., 38, p. 414, Sp.).
5. On pourrait établir une catégorie inférieure, vers 20 000' habitants, pour Chartres (on donne 2100 mètres à ses remparts, ce qui parait assez disproportionné avec l'ensemble de ses vestiges du Haut Empire), Orléans, Nevers, Auxerre, Troyes, Chàlons, Tours, Le Mans, Angers, Nantes, Rennes, Paris, Rouen, Arras, Amiens, Boulogne, Bavai?, Tongres, Strasbourg, Chalon, Dijon, Langres, Soissons, Beau vais, Dax, Limoges, Périgueux (bien déchu lors de la construction du mur, qui n'a pas 1000 mètres, mais l'amphithéâtre est fort grand, p. 26, n. 5), Grenoble (dont l'enceinte, également récente, varie entre 1800 et 1000; Blanchet, p. 283-4), Genève, et qui ont livré un nombre suffisant de monuments. Cela donne, pour la superficie murée, entre 8 hectares (Paris; de Pachtère, p. 144) et 20 hectares (Strasbourg; Blanchet, p. 129), le double et davantage, pour la surface occupée sous le Haut Empire. On peut mettre dans cette catégorie, plutôt que
étaient plus rares au nord : ni la iSoruiandie ni la Bretagne ni la Flandre n'en renfermaient; là, les capitales des peu[)les n'étaient que de petites villes, dont l'existence devait rappeler celle de nos moindres sous-préfectures'.
Mais de ces petites villes, la Gaule en renferma beaucoup, et bien d'autres que ces capitales politiques. Les mômes règlements qui avaient imposé une métropole aux nations gauloises, attribuèrent un chef-lieu k leurs cantons ruraux, à leurs « pays » ou pa(jr. Ces chefs-lieux, eux aussi, g-randirent très vite : Genève et Grenoble chez les AUobroges, Dijon chez les Lingons, Chalon, Màcon et Nevers chez les Éduens, n'étaient que des villes de « pays », et elles valaient, comme force et richesse, autant ou plus que les métropoles du Nord-Ouest^
Enfin, au voisinage et comme à l'abri de ces centres populeux, des milliers de bourgs obscurs naissaient à la vie ou tassaient, chaque jour pl,us nombreux, leurs foyers, leurs tombes et leurs autels. Autour de Nîmes, vingt-quatre bourgades s'étageaient sur les dernières pentes des Garrigues et à l'entrée des grandes Cévennes*; vingt gros villages, successeurs de forteresses gau-
dans la précédente, Nvdii (quoique colonie de César), Vaison, Die, Avignon et Valence en Narbonnaise (l'enceinte coloniale aurait environ 2600 m., la superficie de 43 à 45 hectares; Villard, Bull, de la Soc. d'Arch. de la Drame, 1010, pi. 11, et lettre de J. Hcy).
1. Moins de 10 000 habitants. Dans le Midi, par exemple Aps (en Vivarais, où la vie municipale est particulièrement faible; cf. t. VI, ch. V), Gap, Antibes (500 m. et 2 hectares) et les petites capitales alpestres (cf. t. VI, ch. Vil) et pyrénéennes (cf. t. VI, ch. VI). Ailleurs, Sentis (840 mètres et 9.38 ares); de même, à cause de leur enceinte (un millier de mètres), Évreux, Noyon, Meaux, Melun, Lillebonne, Lisieux, Vannes, Bayonne (viens). D'autres chefs-lieux, Javois, Saint-Paulicn des Vcllaves, Jublains, Vieux, Corseul, etc., ne furent pas fortifiés (il me paraît difficile que le caslruni de Jublains, un peu plus d'un hectare, ait été une enceinte municipale) : ce qui uuiitre leur peu d'importance.