Sénèque, Lettres, 91 [XIV
6. Allmer (Musée, II, p. 285) dit 80 000 ou 100 000 sans les esclaves : mais la population servile devait être au moins égale à Tautre (ceci est hypotliélii[ue; on établit d'ordinaire une population servile égale à la moitié de la population libre en s'autorisant du texte de Galien sur Pergame, Kûhn, V, p. 49). La périphérie de la colonie de Lyon peut être évaluée à un peu plus de 5000 mètres, sa surface à environ 170 hectares (chiffres fournis par Germain de Montauzan), et il parait certain que les fondateurs de la colonie n'ont pas prévu ses prodigieux accroissements (il est vrai que Lyon n'avait pas à recevoir, comme Nîmes ou Autun, p. 36, n. 2 et o, une grande masse de population indigène antérieure). Mais il faut tenir compte en outre du quartier du Confluent, et la population avait dû s'étendre de bonne heure bien au delà de l'enceinte primitive. Mollière (Recherches sur l'évaluation de la population des Gaules et de Lugdunum, 1892, p. 43) n'arrive qu'à TOÛOO; d'autres à beaucoup moins; Germain de Montauzan (Aqueducs, p. 33) suppose 400000, ce qui me semble excessif. — Je touche ici à un des problèmes les plus difficiles de la civilisation de la Gaule et de toute l'Antiquité, la population des villes. Pour arriver à donner des chiffres, on peut s'aider des éléments
croissaient Narbonne', iSlmes'-, Arles% Vienne", Aulun% celleslà héritières d'un long passé de travail et de puissance, Trêves'"',
suivcinls : 1" la comparaison de rétendue occupée avec celle des villes contemporaines : à Paris, la moyenne était en 1800 de 321 habitants à l'hectare; j'évalue, sous toutes réserves, à 500 habitants par hectare lu densité urbaine de l'Antiquité, où il y avait moins de jardins, de places, de grandes voies, où, si les maisons étaient bien moins hautes, les gens étaient bien plus tassés (on donne à Alexandrie un demi-million d'habitants et 920 hectares: cf. Beloch, p. 410); 2" les dimensions de l'enceinte; 3" le nombre des places de l'amphithéâtre (cf. p. 26, n. 5); 4" le débit d'eau des aqueducs : Paris reçoit par jour (je donne les chiffres de 1894) 718 000 mètres cubes dont 243 000 pour le service domestique, pour une population de 2 300 000, soit trois hectolitres (287 1.) par habitant; Lyon en recevait approximativement 73 000 (Germain de Montauzan, p. 346), Poitiers 15 000 (Méni. de la Soc. des Ant. de VOuest, XXI, 1854, p. 79), Sens 31 800 comme moyenne ^Julliot et Belgrand, Notice, etc., 1875, p. 29), Nîmes 46 300 (Léger, p. G03; maximum?), Metz en moyenne 43 200 (id.), l'antique Lutéce seulement 2000 (de Pachtère, p. 81), Arles envirofi 18 000 (Congrès arch., XLIII' s., 1876, p. 551); 5° le nombre des inscriptions et tombeaux et l'importance des ruines; 6° la superficie des cimetières : le cimetière gallo-romain de Terre-Nègre à Bordeaux, qui n'était pas unique, avait un hectare et quart; son cimetière actuel de la Chartreuse en a 24. Aucun du ces éléments n'est concluant. La densité de la population nous est inconnue pour ce temps-là et a pu varier extrêmement : les remparts (par exemple à Fréjus, Augst, Avenches) devaient embrasser bien des espaces vides, tels que celui de l'amphithéâtre, d'ordinaire à l'intérieur de l'enceinte; et, par contre, ils ne tenaient pas toujours (en particulier à Lyon) tout l'espace habité. L'amphithéâtre, à Rome, comprenait 87 000 places, moins du dixième de la population; et je doute que Nimes, par exemple, ait été peuplée de 200 000 âmes, soit dix fois l'effectif des spectateurs des Arènes (cf. p. 26, n. 5); les gens de la campagne et d'ailleurs y venaient en grand nombre (p. 152-3). Les aqueducs servaient aussi bien à alimenter les thermes qu'à fournir la boisson, et pour celle-ci on recourait toujours (p. 28) aux citernes, puits, sources et rivières. Enfin, le hasard seul a amené tel ou tel chiffre d'inscriptions (cf. p. 8-9). Tous les chiffres que je vais donner ici sont donc problématiques, et résultent de la combinaison que j'ai faite de ces divers éléments.
1. D'après les indications de Strabon (IV, 1, 12; 3, 2) Narbonne était au temps d'Auguste la plus peuplée des villes de la Gaule; mais les choses ont dû changer rapidement. Narbonne, au dire de Strabon, demeure supérieure à Nîmes (IV, 1, 12). La disi^arilion de toute trace de remparts antiques empêche d'évaluer le périmètre; on peut évaluer la superficie à 200 hectares (Rouzaud) : dans l'ensemble, Narbonne devait rappeler les dimensions de Nîmes et d'.\utun (n. 2 et 5).
2. Périphérie, 6200 mètres environ [6000, Mazauric[ et 220 hectares (F. Germer- Durand, Enceintes successives de Nîmes, 2" éd , 1877; Blanchet, Enceintes, p. 208); cf. Strabon, IV, 1, 12.
3. Arles aurait eu à peine plus de 2000 mètres de périphérie (Blanchet, p. 154; plan de Véran, Congrès de 1876, p. 273), et par suite environ 23 hectares, mais on sait l'importance de ses faubourgs sur l'autre rive du Rhône : duplex Arelas, disait-en toujours (Ausone, Mos., 480-1; Urbcs, 73; Epist., 25, 81, éd. Schenkl).
4. Périphérie de 5 à 6000 mètres? (Blanchet, p. 143); cf. Strabon, ici, p. 35, n. 1.
5. Périphérie de 5922 mètres; 200 hectares (Harold de Fontenay, p. 13).
6. Périphérie de 6418 mètres (Lehner, Westd. Zeilschrift,\\, 1896, p. 217), et superficie de 285 hectares. C'est la ville aux dimensions les plus grandes.