PROGRÈS DE LA VIE URBAINE
loises, vivaient chez les Voconces, à côté de Die, l>uc et Vaison leurs capitales, dans les replis bien cultivés des montagnes de la Drôme*. Pour être moins serrés que dans les grandes villes, les habitants de ces bourgades y prenaient quand même un avantgoùt de la vie municipale : les maisons s'alignaient en rues^, on avait son aqueduc % ses thermes et ses temples aussi bien que dans une capitale, les boutiques étaient nombreuses et variées, et les cimetières pleins d'images. La population se suflisait à elle-même, vivant de ses denrées et du travail de son pays, ne réservant pas ses emplettes à la métropole voisine \ Tous ces villages s'essayaient à être des cités.
Cependant, ni la vue de ces cent cités, ni celle de ces milliers de villages, qui paraissent émerger subitement de la terre gauloise avec leurs beaux édifices et leurs inscriptions innombrables, ne doit nous faire oublier l'existence silencieuse et solitaire des demeures rurales. Elles ont à peine souffert, sous l'Empire, de ces excroissances urbaines. Un séjour aux champs a conservé chez les Gaulois, riches ou pauvres, indigènes ou romains, son charme d'autrefois. Les plus belles ruines ne sont pas toutes dans les cités, et les mausolées qui nous restent de ce temps sont parfois isolés en pleine campagne". Il y a, comme jadis, d'im-
surpassa Narbonae xarà tô TtoAtTi/ôv, le mot vise l'importance du territoire municipal de Nîmes, et non pas, comme on le traduit d'ordinaire, celle de la population urbaine.
1. Je rapporte le chilTre d'oppida ignobilia XVIHI chez Pline (111, 37) aux Vocontii, nom que je traduis par viginti {Revue des Et. anc, 1907, p. 172-4). Luc a été remplacé par Die comme capitale.