‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 8 sur 415 · DIFFICULTES DES ETUDES GALLO-ROMAINES · texte numérisé non relu

DIFFICULTES DES ETUDES GALLO-ROMAINES

les édifices de ISîmes, d'Arles et de FréjusM A voir par exemple les inscriptions et les sculptures d'Autun, on dirait que c'était une ville do petites gens, artisans et boutiquiers-, et l'on apprend par les textes que c'était surtout une ville d'études et de dépenses ^ : il est probable que nous n'avons pas pu jusqu'ici pénétrer dans la voie des mausolées de l'aristocratie éduenne\ Avant de se décider sur de tels documents, on doit toujours réserver l'avenir.

Il est du reste une chose que l'avenir ne nous apprendra jamais : c'est la condition exacte des classes populaires, corps et âmes. Inscriptions, sculptures, édifices, viennent de ceux qui font graver, modeler et bâtir; et rien n'en vient des pauvres et des misérables. Ceux-là, après leur mort, ne laissent aucune trace de leur passage dans la vie. L'histoire, lorsqu'elle recourt surtout aux monuments, est condamnée à ne raconter que l'existence des plus riches ^

En Gaule, cette infirmité de l'histoire est encore aggravée par ce fait, que le monument y est l'œuvre de Romains ou de Gaulois gagnés aux modes latines. Le vrai Celte, le vrai Belge ne gravait pas d'inscriptions ", n'élevait pas de temples de pierre \ ne sculptait pas l'image de ses défunts \ S'il est demeuré beaucoup de Gaulois fidèles au passé, nous ne le saurons jamais, parce que cette fidélité excluait précisément l'emploi d'une matière durable.

Ce sera donc toujours en hésitant que je décrirai l'état de la Gaule impériale. Sur aucun des problèmes que ce sujet appelle,

1. Voyez l'absence d'inscriptions et de monuments dans la plupart des cités du Nord-Ouest; t. VI, ch. VI.

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