II. — LA COLONISATION OFFICIELLE
Les premiers problèmes à résoudre sont ceux qui concernent la population de la Gaule, la nature et le nombre des hommes qui ont vécu dans le pa3's sous la domination romaine.
Nous connaissons déjà les indiizèncs, Gaulois, Aquitains et Ligures, que Rome y a trouvés, et nous savons qu'elle ne les a ni chassés ni exterminés * : la loi fondamentale de sa politique a été, la conquête une fois achevée, de sauvegarder et d'accroître la population des vaincus'. — Mais, outre ses habitants d'auticfois, la Gaule s'est-elle ouverte à de nouvelles espèces d'hommes, arrivées de la cohtrée des vainqueurs ou des autres régions soumises à leur domination?
Dès le début de l'ère impériale, la Gaule est devenue, pour les autres provinces de l'Etat romain, un sol d'attraction, une terre d'immigrants ^ Les premiers princes, César et Auguste, ont donné le signal de ses nouvelles destinées, en traçant au Midi, des deux côtés du Rhône, une ligne ininterrompue de villes coloniales. Au moins six colonies de vétérans légionnaires ^ chacune avec deux ou trois mille ^ familles de citoyens
\. T. Il, p. 9 et s., p. U'ù et s. ; cf. l. II!, p. 370 1. t. IV, p. 13-13.
2. Jure vicloriœ id soluin vobis addidimus, quo paccin lucreimir; Tac, //., IV, 74.