Cf. p. 57, n. 1, et t. VI, ch. III
5. II faut distinguer, du moins dans les premiers temps de l'Empire : 1" les arcs de triomphe proprement dits (arcus eum Iropœis, à]/''.; ipoTraiocpôpo;), ornés de d épouilles de nations vaincues ou soumises (ou plutôt de leurs images en sculpture), élevés à des personnages ayant commandé en chef, imperatores (et en particulier à l'empereur), et sans doute, en principe, avec l'assentiment du sénat romain (Suétone, V. CL., 1; Dion, LUI, 26, 5; LX, 22, 1; C. /. A.., XI, 1421; ici, n. 0);2'' les portes monumentales, plus ou moins ornées, élevées par des villes ou des particuliers en l'honneur de dieux ou de grands personnages, ou simplement à titre de décor (ici, n. 7). II est du reste probable que les deux sortes de constructions arrivèrent à se confondre, et d'assez bonne heure, et que les simples portes purent recevoir, sinon de vrais trophées, du moins l'image d'armes, soit prises à l'ennemi, soit (ce qu'il ne faut pas oublier) portées par les vainqueurs et consacrées ensuite aux dieux. — Sur la place choisie pour élever ces arcs, p. 50, n. 3.
6. A coup sur : Orange, le mieux caractérisé des arcs de triomphe, élevé, je crois, en l'honneur de Tibère avant son avènement (cf. t. IV, p. 32, n. 2; Esp., n" 260); l'arc de Vinicius dans les Alpes en 23 av. J.-C. (cf. t. IV, p. 59); l'arc de Claude à Doulogne (Dion, LX, 22, 1). L'arc de Saint-Ilemy (Esp., n° 111) et celui de Carpentras (n" 243) ont des trophées bien caractérisés. Dans cette catégorie, sans doute l'arc de Constantin h Arles (pi. 15 de Dumont; cL VAbré<jé de de Noble Lalauziere, 1808; G. /. L., XII, 667).
7. Me paraissent être, non des arcs de triomphe, mai^ des arcs de passage, rappelant parfois des passages d'empereurs ou de princes, ou quelque solennité importante, ceux des localilés suivantes : Suse, en souvenir du passage d'Auguste et peut-être du cens des Alpes Cuttiennes en 9-8 av. J.-C. (Esp., n" 16; cL t. IV, p. 62); Cavaillon, arc sur croisée de routes (n" 237; cf. Quadruviis arcum à Strasbourg, XIII, 5971); Apt {porticus et arcum, XII, 1121); Windisch (en 79 à Titus et à des dieux, XIII, 5195); Genève (à Jupiter, arcum cum suis ornamentis, XII, 2390); l'arc dit Porte de Mars à Reims (Esp., n" 3681, cL Flodoard, IL eccl. R., I, 1), toute sculptée de scènes mythologiques ou de genre, Vénus, les Saisons, Uomulus et Rémus, allusion au nom des Rémi (il n'est pas sûr que le nom de Porte de Mars, connu dès Flodoard, soit antique); la « Porte Basée » à Reims, disparue (Esp., n" 3680); la Porte Noire de Besan(.-on (S. Reinach, Rev. arch., 1909, II), avec des images de même genre, mais aussi des trophées et scènes de combats, certaine-
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cité, tantôt aux abords de la grande place, et toujours au-dessus de la voie la plus fréquentée'.
Ces arcs étaient couverts de sculptures du pied jusqu'au faîte, sur les montants et l'entablement, sur les cùtés, sur la façade et sous le cintre même de la voûte. Les sculptures, quand il s'agissait d'arcs de triomphe, rappelaient les victoires de Rome et la gloire du prince : élever un monument de ce genre, c'était une manière de consacrer la cité à son empereur, c'était la marque élégante du loyalisme, l'équivalent, dans ces années romaines, des places et des statues royales qu'ont affectionnées les grandes villes françaises avant la Révolution -.
Voici, en dernier lieu, la catégorie des édifices colossaux, qui portent bien, ceux-ci, l'empreinte indélébile de l'impérialisme romain, thermes, cirques*, théâtres, amphithéâtres, les uns en pierre dès le début de l'Empire, les autres d'abord en bois*, tous d'aill,eurs nécessaires et inévitables dans une cité des Césars au même titre qu'une place publique et qu'un temple des dieux. Ces bâtiments, et les amphithéâtres surtout, en tant que surface bâtie, volume de matériaux et places disponibles, dépassent ce que l'humanité a vu jusqu'ici en Occident et ce qu'elle y verra jusqu'aux grandes cathédrales. Les
ment pas antérieure à Hadrien; Langres, deux portes doubles et non arcs (Esp.. n°' 3270-1); Saintes, arc en Ihonneur de Gerinanicus, peut-être élevé lors d'un passage à Saintes (G. /. L., XIII, 1036); Mayence, arc élevé par Dativius à Jupiter (C./. L., XIII, 6705, sous les Sévères). Les voyages d'Hadrien en Gaule (t. IV, p. 470-3), suivant de prés les grandes victoires de Trajan. ont certainement provoqué Térection de nombreux arcs de ce genre. — Arcs aux deux extrémités du pont Flavien (cf. p. 118. n. 6). — L'édifice dit « arc de Campanus » (Aix-les-Bains, XII, 2473) est funéraire. — Voyez sur ces arcs, outre les travaux de Frothingham (p. 50, n. 5), celui de Spano, VOrlyine degli archi, etc., dans Xeapolis, I, 1913.
1. Voir p. 50, n. 5. Au point de vue de l'art, t. VI, ch. III.
2. Cf., pour ces places, p. 55, n. 3; ce qu'on en disait rappelle le mot sur les ares, de Pline, XX.XIV, 27 : Attolli super celeros mortales... arcus sijnificanl; C. I. L., XI, 1421.