VII. - ROLE SOCIAL DE CES ÉDIFICES
A part ces sentiments de bienfaisance et de charité, on peut dire que toutes les pensées et tous les besoins de l'homme, religieux, politiques, matériels, moraux et immoraux, se sont alors manifestés sous la forme d'édifices permanents. Ce fut un des caractères de la civilisation romaine, et peut-être son caractère principal : tout s'y exprima par une bâtisse de pierre, par une prise de possession du sol pour un édifice éternel et une destination immuable.
Aucun des besoins qui provoquèrent ces constructions, basiliques, temples ou théâtres, n'était chose nouvelle en Gaule. Mais à l'époque de l'indépendance, ils comportaient rarement l'installation sur un sol bâti. Les assemblées des hommes et des prêtres se tenaient surtout en plein air; c'était sous la voûte du ciel que les dieux se laissaient adorer; et les multitudes se contentaient pour leurs jeux des champs de foire ou de vastes pelouses'. Maintenant, partout et pour tout, le régime du ciel ouvert et de l'espace libre fait place à celui de l'enceinte close, du lieu couvert, des témoins de pierre et de l'édifice construit.
En créant ces énormes bâtisses, la société romaine établissait de nouveaux principes de conduite et de discipline parmi les hommes. Chacun de ces édifices reçut sa loi, qui fixait les règles de son entretien et les conditions de son usage-. On affecta aux temples des revenus et des gardiens ^ Des édits officiels
panégyrique (Eumèhe, Pro resi. sch., 2, 3, 9), situées au cculre de la ville : l'épithète de Mœnianœ pouvant signifier à la rigueur le nom du fondateur, mais bien plutôt (llnrold de Fontenay, p. 167) qu'elles étaient à galeries ou balcons en surplomb (cf. p. 60).