ROLE SOCIAL DE CES ÉDIFICES
protégèrent les bâtiments contre les dégradations et les injures ^ Il fallut régler minutieusement la manière dont le public pourrait utiliser les eaux d'un aqueduc-. Tout monument fut le centre d'une législation spéciale.
Il devint aussi la résidence ou le chef-lieu d'une population propre. Des groupes d'hommes lièrent leur vie à son existence : les uns s'y installèrent à demeure, intendants, architectes, portiers, surveillants, parasites de mille sortes'; d'autres prirent domicile dans le voisinage, par exemple les prêtres près de leurs temples^; d'autres y venaient à intervalles réguliers, par exemple les membres des confréries chargées d'orner les autels ^ Un édifice tel que des thermes ou un amphithéâtre occupait les journées d'une centaine d'hommes. A lui seul, il constituait un quartier de la ville, ayant ses usages, ses intérêts, ses habitants et ses habitués.
Ajoutez à cela les propos et les passions de tout genre qu'il suscitait dans sa ville. Un temple, avec ses images divines, ses trésors accumulés, les fêtes qui s'y donnaient, les pratiques familières qu'y avaient contractées les dévots, un temple était pour les citoyens un foyer commun, le résumé de la ville dans la ville même, un symbole de son éternité". IMoins d'idées morales s'attachaient aux thermes et aux amphithéâtres ; mais ils représentaient des désirs et des plaisirs plus forts que la religion même : priver une cité de ses arènes, c'était lui enlever la joie de vivrez