Cf. t. IV, p. .391, n
6. Ipsos oculos civitatis, ApolUnis templuin alque CapitoUum, à Autun; Eumène, Pro rest. sch., 9.
T. Cf. Tac, Ann., XIV, 17.
La construction de ces grands édifices marqua donc en Gaule l'avènement de forces et de personnes morales jusque-là sans doute inconnues. Un édifice public devint une sorte d'être précis et puissant, valant quelque chose par lui-même. Chasser le magistrat de sa basilique, le dieu de son temple, le peuple de ses arènes, cela parut restreindre ou supprimer la puissance même de ce dieu, de ce magistrat ou de ce peuple, comme si l'autorité réelle s'attachait à l'édifice autant qu'à l'homme. Je doute que les Gaulois aient jamais pensé ainsi au temps de Tentâtes et de Luern.
La force de résistance matérielle de ces bâtiments avait fini par être formidable, ce qui explique en partie leur prestige moral. Certains temples avaient des murailles de trente pieds d'épaisseur ^ Là oii la pierre n'intervenait pas seule, le mortier de l'époque romaine rendait le blocage aussi compact qu'une roche ^. Il n'est aucun des amphithéâtres romains qui n'ait pu soutenir des sièges. Des quartiers entiers, pendant le Moyen Age, ont vécu à l'intérieur de leur enceinte, dans la sécurité et l'indépendance que donnaient leurs épaisses murailles. Les Arènes de Nîmes ont été le cenlre et le boulevard d'une petite noblesse municipale, les « Chevaliers des Arènes » ^ En construisant de tels édifices, la société gallo-romaine a doté notre sol français de puissances originales, presque pareilles à des cités ou à des châteaux, et qui deviendront des causes défaits nouveaux.
1. Le temple dit Vassogalate à Glermont (d'Apollon plutôt que de Mercure?); Grégoire de Tours, H. Fr., I, 32; t. IV, p. 565, n. 5. ■ 2. Ici, p. 225.
3. Robert Micliel, Les Chevaliers du Château des Arènes, dans la Revue historique de 1909, Cil; il y avait même un clocher et deux chapelles. Pour les Arènes d'Arles, voyez le dessin si connu et si curieux de l'ancien état, pi. 10 (de Duniont) à la suite de V Abrégé de de Noble Lalauziere, 1808. Une étude serait à faire sur l'utilisation des édifices gallo-romains au Moyen Age.