VIII. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE CES ÉDIFICES
Quoique ces édifices fussent d'espèce et d'apparence très diverses, ils portaient également la marque de l'esprit de leur temps, impérial et dévot.
Aucun d'eux, si profane que fût sa vraie destination, n'échappait aux habitudes religieuses de ce temps. Autels, statues de dieux, niches sacrées, abondaient dans les thermes, les cirques, les théâtres et les arènes \ Sur les murs des arcs et des portiques étaient figurées des scènes tirées de la vie des dieux-. Souvent, ces portiques faisaient corps avec des temples, semblables à des parvis d'églises ^ Des images religieuses encadraient les horloges publiques \ Les basifiques avaient beau servir à des actes de la vie civile : elles étaient d'ordinaire consacrées à quelque grande divinité ^ Nul édifice qui s'élevât ne pouvait se passer d'un dieu ^
Celui des dieux qui intervenait le plus souvent, en cette affaire comme en toute chose, était l'empereur, soit César en personne, soit un prince de sa maison. Quand mourut Plotine, la veuve de Trajan, Hadrien lui fit élever à Nîmes un monument qui fut, dit-on, une merveille de beauté et de richesse; et ce monument, qui était un temple par sa dédicace à une impératrice divine, devint une basilique par sa destination'. Danles sanctuaires où Auguste n'entrait pas en titulaire, il avait au moins sa statue, son autel, son espace réservé ^
1. XIII, 3ùi0-l ; etc.; Apollinis{tkerms;) h Lyon, XllI, 1983; peut-èlreà Périgueux, Xlll, 939.